Agrosystème de Bertholène

ZNIEFF_I Code : 730030158

1 491 ha 4 communes
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Localisation

Présentation

Agrosystème de Bertholène est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 1 491 hectares sur 4 communes. Cette zone inclut 5 forêts publiques. Elle comprend 16 628,2 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Le site de l’« agrosystème de Bertholène » est constitué d’un réseau de devèzes et de prairies pâturées liées les unes aux autres par des haies de vieux arbres. Les devèzes sont un système pastoral arboré extensif localisé sur des plateaux, en crête de vallon. Les arbres (chênes et/ou hêtres) y sont traditionnellement taillés (en têtard ou en émonde) mais non abattus. On retrouve ces mêmes arbres dans le réseau de haies et dans les prairies pâturées. Multicentenaires pour la plupart, ils sont porteurs d’une variété de micro-habitats (branche morte, cavités...) remarquable, dont certains sont d’intérêt communautaire. On trouve ainsi plusieurs espèces patrimoniales (directive « Habitats ») qui révèlent la valeur internationale de ce site. Une partie de cette ZNIEFF et ses environs sont classés dans le réseau Natura 2000 (FR7302001). Outre l’intérêt majeur du site pour les habitats d’espèces liées aux vieux arbres, la géomorphologie variée du site est représentative d’un contexte local remarquable. On trouve dans les vallons les prairies mésophiles. Sur les devèzes, caractérisées par la présence d’affleurements rocheux, de dolines, de grottes et d’éléments karstiques, on trouve les pelouses sèches calcicoles. Des recherches menées dans les environs montrent l’intérêt géologique et archéologique de la région, avec notamment la découverte sur la commune de Bertholène d’outils datant du chalcolithique et du paléolithique inférieur. Le climat est caractérisé par plusieurs influences. À tendance plutôt océanique, les hivers rigoureux sont marqués par les influences continentales alors que les étés ensoleillés traduisent les influences méditerranéennes.

Nous disposons actuellement de peu de données sur la flore. Un effort d’inventaire doit être envisagé, notamment afin d’affiner la description des milieux du site. Notons tout de même la présence sur le site de vieux et gros hêtres, ce qui revêt un caractère exceptionnel dans la région.

La présence traditionnelle de vieux arbres à cavités a permis la conservation d’un cortège d’espèces remarquable. Le site est caractérisé par une entomofaune exceptionnellement riche. 5 espèces de coléoptères saproxyliques inscrits en annexe II de la directive « Habitats » (dont deux prioritaires) habitent les vieux arbres du secteur. La présence combinée dans un même secteur du Pique-prune (Osmoderma eremita), du Taupin violacé (Limoniscus violaceus), de la Rosalie des Alpes (Rosalia alpina), du Grand Capricorne (Cerambyx cerdo) et du Lucane cerf-volant (Lucanus cervus) est quasi unique en France et en Europe, et révèle l’importance patrimoniale du site. On y trouve la plus grosse population de Pique-prune et la deuxième population de Taupin violacé pour la région Midi-Pyrénées. Ces deux espèces sont cavicoles, c’est-à-dire qu’elles habitent les cavités d’arbres. Les cavités d’arbres sont un habitat qui répond aux espèces saproxyliques les plus exigeantes écologiquement en raison du temps et de la complexité des processus nécessaires à leur formation : dégradation du bois par des xylophages primaires puis secondaires – champignons, insectes –, enrichissement du terreau par les saproxylophages, les mammifères... Le Pique-prune est plus particulièrement inféodé aux cavités hautes de grand volume bien ensoleillées. Sa larve se développe dans le terreau, phase ultime de la décomposition du bois. L’émergence des adultes hors de la cavité a lieu entre début juillet et fin août. Le Taupin violacé habite les cavités situées à la base des troncs d’arbres. Sa larve se développe dans le terreau au contact du sol. L’émergence des adultes hors de la cavité a lieu entre début avril et fin juin. Elle témoigne du bon état de conservation de la biocénose associée aux vieux arbres (chênes et hêtres). Le site constitue un terrain d’étude privilégié pour la caractérisation des cortèges d’espèces associés aux cavités et autres micro-habitats remarquables des vieux arbres. Signalons également la présence très probable d’un important cortège d’oiseaux des agrosystèmes : Moineau soulcie, Pie-grièche écorcheur, Huppe fasciée, Torcol fourmilier, Œdicnème criard, Chevêche d’Europe, Alouette lulu, Tourterelle des bois.

La principale menace pour le site est représentée par l’abattage des arbres et des haies au cours de remembrements ou de constructions d’infrastructures.

Il n’y a pas à ce jour de liste d’espèces d’araignées déterminantes (hormis des espèces dites cavernicoles), mais l’avancée des connaissances en Midi-Pyrénées et la bibliographie nationale permettent cependant d’avancer un constat sur l’intérêt du cortège des araignées du secteur. L’examen récent de bon nombre d’échantillons, uniquement issus des zones forestières, permet de mettre en avant un cortège de 62 espèces, dont 6 sont remarquables : Cetonana laticeps (très commune sur le site, mais rarement observée), Dipoena torva (unique localité régionale connue, l’Aveyron est le troisième département français où l’espèce est connue), Enoplognatha gemina (unique localité régionale connue, l’Aveyron est le deuxième département français où l’espèce est connue, sans compter la Corse), Zodarion rubidum (deuxième localité régionale et distribué çà et là en France) ; Palliduphantes alutacius, seule espèce déterminante, est une espèce « cavernicole » que l’on retrouve dans les cavités naturelles des arbres avec le cortège de coléoptères saproxylophages ; enfin, Bassaniana versicolor subsp. baudueri, une espèce considérée comme introduite par Simon (1932), mais dont plusieurs individus ont été retrouvés dans de vieilles forêts françaises dont la Grésigne. La région abrite donc deux des trois localités où l’espèce a été retrouvée ; elle est considérée comme rare et complètement liée aux vieilles forêts de feuillus ; elle doit être réhabilitée dans la faune française (Déjean et Ledoux, à paraître).

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

1 491
ha de surface
4
communes
7
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (5)

Appellations d'origine (16)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

16 309,4 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 10 920,7 ha
Estives et landes 1 745,3 ha
Prairies temporaires 1 237,2 ha
Fourrage 723,8 ha
Blé tendre 470,9 ha
Autres céréales 453,8 ha
Orge 390,7 ha
Maïs grain et ensilage 268,8 ha
Tournesol 45,4 ha
Colza 23 ha

Communes (4)