Localisation
Présentation
Basse vallée du Doubs est une zone protégée de type ZPS, couvrant 3 810 hectares sur 21 communes. Cette zone inclut 26 forêts publiques. Elle comprend 30 815,3 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
Avec la Saône dont il est l'affluent principal, le Doubs est le plus important cours d'eau du Centre-Est de la France. Son histoire est mouvementée et sa vallée riche en activités humaines. Il naît sur le territoire de la commune de Mouthe, à 945 m d'altitude, d'une exsurgence au pied du massif boisé du Noirmont. 90 km à vol d'oiseau séparent la source de la confluence avec la Saône, mais une série de plis montagneux a fortement accru sa longueur. Après un parcours montagnard encaissé dans le Jura plissé, le Doubs change d'orientation et se dirige vers le sud-ouest, dans une vallée relativement étroite. En amont de Dole, la pente diminue nettement et la rivière développe de nombreux méandres dans un lit majeur* atteignant 2 km de large. A l'aval de l'agglomération de Dole, au niveau de Parcey, elle reçoit la Loue, son principal affluent, puis gagne la plaine de la Saône avec laquelle elle conflue à Verdun-sur-le-Doubs, à 180 m d'altitude, après un dénivelé total de 765 m et 430 km. La majeure partie de la basse vallée du Doubs est tapissée d'alluvions récentes, d'origine jurassienne, composées à 90 % de cailloutis grossiers à éléments calcaires dominants. L'histoire géologique de la rivière et de la région font que des alluvions d'origine alpine et vosgienne sont également présentes en basse vallée. Le régime hydrologique est principalement de type pluvial. Le système de digues actuel est suffisant pour maîtriser les crues les plus fréquentes. Le Doubs bénéficie d'un certain espace de liberté au sein de cet interdigue. La multiplicité des situations topographiques, hydriques et pédologiques créées par la dynamique du Doubs, sa capacité à les rajeunir et les relations entre chenal principal, nappe et systèmes latéraux, sont à l'origine d'une extrême diversité d'associations végétales et d'espèces. Les formations ligneuses se composent de forêts riveraines relictuelles du fait des anciens déboisements effectués dans la vallée et surtout de la granulométrie peu favorable des sols. En liaison avec ces forêts riveraines, on rencontre des saulaies arborescentes à Saule blanc, typiques des vallées alluviales à sédiments grossiers et à dynamique importante et des saulaies basses à saule gris, association d'un grand intérêt biogéographique. Sur certains tronçons (digues, enrochements de berges), la disparition des formations arborées de saules est liée à la réduction de la dynamique fluviale et à l'abaissement de la nappe phréatique (extractions de graviers en particulier, enfoncement du lit du cours d'eau, pompages divers...). Les milieux ouverts se composent de prairies et de pelouses : - le groupement dominant de la vallée est représenté par des prairies mésophiles appartenant à l'arrhénathéraie. Elles sont fauchées en juin puis généralement pâturées. - les sols les plus secs et les plus filtrants présentent des pelouses xérophiles peu développées et qui semblent se maintenir. Elles possèdent de nombreuses espèces subméditerranéennes rares. - les dépressions sont colonisées par un groupement d'Europe centrale, rarissime en France et riche en espèces rares. - les milieux humides à sols hydromorphes sont colonisés par des prairies hygrophiles* très fragmentaires. - les "mortes" abritent des phalaridaies (formation végétale à Phalaris), groupement bien répandu et disséminé dans toute la vallée. - enfin, les lieux inondés toute l'année, abritent des formations à Glycérie ainsi que des roselières élevées. Le très haut intérêt de cette vallée porte sur l'originalité de la cohabitation des pelouses sèches rares et des prairies hygrophiles et mésophiles en secteur inondable. Des groupements de végétaux aquatiques se développent dans les "mortes" et les anses calmes de la rivière : - les parvoroselières, groupements partiellement immergés, constitués de grands hélophytes et d'espèces amphibies, au sein desquels on peut trouver des espèces telles que le Butome en ombelle, la Sagittaire, la Prêle des fleuves, etc. - des formations végétales immergées, groupements à Potamot flottant, à Nénuphar ou à Hottonie des marais. - des formations végétales flottantes (renoncules, nénuphars...), en superposition avec les milieux précédents. En été et en automne, des groupements originaux de végétation temporaire d'émersion se développent avec la baisse du niveau de la rivière. On observe des formations de type pionnier avec la très rare Ache rampante et d'autres espèces très nitrophiles* qui se trouvent sur des substrats sablo-vaseux. Ces groupements fugaces traduisent le caractère vivant et constamment renouvelé de la vallée. Les bancs de graviers, de sables et de galets présentent une végétation composite originale, en mosaïque, à caractère nitratophile marqué. Ce sont des groupements originaux, particulièrement bien développés dans la vallée du Doubs et qui semblent peu présents dans les vallées voisines. Une végétation d'ourlets, installée au voisinage des saulaies et en clairière, couvre de grandes surfaces. Elle est dominée par les orties, les ronces et diverses lianes, comme la Cuscute d'Europe. Cet éventail de milieux remarquables s'accompagne d'une faune très diversifiée et caractéristique des milieux aquatiques et humides. En particulier, la richesse avifaunistique mérite d'être soulignée. Les bancs de graviers et les îles sont indispensables à certaines espèces comme l'Oedicnème criard, la Sterne pierregarin et le Petit Gravelot. Les berges abruptes rabotées régulièrement par la rivière sont colonisées par le Martin-pêcheur, le Guêpier d'Europe et l'Hirondelle de rivage. La mobilité et l'érosion latérale sont des mécanismes naturels indispensables à leur maintien. Lorsqu'elles sont assez étendues, les roselières abritent les nids du Héron pourpré (et du Blongios nain non confirmé), espèces très rares en France. Les formations forestières (ripisylve, saulaies...) sont appréciées par le Gorge-bleue à miroir, les pics, ainsi que divers rapaces nocturnes et diurnes, tels que le Busard cendré ou le Busard des roseaux. Enfin, les prairies humides abritent le Râle des genêts, espèce nichant dans certaines parcelles à hautes herbes, et donc particulièrement menacée par les modifications culturales et la disparition des prairies. Concernant les espèces, le Bihoreau gris est présents sur le site mais il niche principalement au centre ville de Dole depuis 1996 (Terraz, comm.pers.). Une colonie est recensée en 2005 sur un petit bois de pins noirs et de robiniers à 100 m des premières habitations (une école et des logements collectifs). Il en est de même avec l'Aigrette garzette dont la présence est bien effective sur le site avec plus de 35 individus et le Busard Saint-Martin avec 9 couples connus sur le Finage (hors site ZPS, essentiellement en rive droite du Doubs) suivis par l'association Athenas dans le cadre d'un programme spécifique financé par Avenir du Territoire entre Saône et Rhin. 11 couples d'Effraie des clochers sont connus à ce jour, essentiellement dans les clochers et bâtiments publics des villages hors site Natura mais dont les zones de chasse incluent la ZPS. L'inventaire entomologique a permis de mettre en évidence une grande variété de peuplements d'insectes, en particulier de libellules. Quant aux poissons, ils trouvent dans ce secteur une grande diversité d'habitats. Une trentaine d'espèces sont présentes, ce qui en fait une des stations les plus riches de toute la France continentale. Parmi elles, certaines sont protégées au niveau européen, comme le Toxostome ou la Lamproie de Planer. Une autre espèce, la Bouvière, est un excellent indicateur de la qualité de l'eau, son cycle de reproduction nécessitant la présence d'un mollusque filtreur (ponte des œufs dans la moule). Le Blageon, petit poisson fréquentant les eaux courantes et pures, est aussi présent sur le site. La présence de l'Apron reste à confirmer. Ce petit poisson de fond, endémique du bassin du Rhône, affectionne lui-aussi les eaux claires et oxygénées à fond de graviers. Les batraciens sont également de bons indicateurs de la qualité écologique d'un milieu. 12 espèces, sur les 16 connues en Franche-Comté et en Bourgogne, ont été recensées dans ce secteur. La majorité est protégée au niveau national, voire européen, par exemple le Triton crêté. Les mammifères sont eux-aussi bien représentés avec les Chauves-souris (Vespertilion de Daubenton, Vespertilion de Bechstein, etc.), et les rongeurs (Musaraigne aquatique, Musaraigne bicolore). La présence récente de la Loutre jusqu'au début des années 90 et celle du Castor d'Europe sur la partie Saône-et-Loire de la basse vallée du Doubs sont des données écologiques de première importance
Après un parcours montagnard encaissé dans le Jura plissé, le Doubs change d’orientation et se dirige vers le sud-ouest, dans une vallée relativement étroite. En amont de Dole, la pente diminue nettement et la rivière développe de nombreux méandres dans un lit majeur atteignant 2 km de large. A l’aval de l’agglomération, au niveau de Parcey, elle reçoit la Loue, son principal affluent, puis gagne la plaine de la Saône avec laquelle elle conflue à Verdun-sur-le-Doubs, à 180 m d’altitude, après une dénivelée totale de 765 m. La majeure partie de la basse vallée du Doubs est tapissée d’alluvions récentes, d’origine jurassienne, composée à 90 % de cailloutis grossiers à éléments calcaires dominants. Aux environs de la confluence Doubs-Saône, ces alluvions reposent sur une formation d’origine fluvio-lacustre (graviers et galets calcaires plus ou moins silicifiés) dite de « St Cosme «. Cet ensemble co nstitue un riche aquifère continu, né de la vaste accumulation de matériel alluvial lors des variations spatiales de la confluence Doubs-Saône. La vitesse d’écoulement des eaux souterraines est rapide et rend ce vaste compartiment alluvial relativement vulnérable aux pollutions. La nappe alluviale principale est accompagnée par des nappes captives situées dans des lentilles argileuses (Rahon ou Asnans-Beauvoisin). Le régime hydrologique est principalement de type pluvial. A la station de Neublans-Abergement, en 1994, le débit d’étiage était de 21 m3/s pour un débit de crue de 1130 m3/s. Le déroulement des crues est très variable et fonction de l’origine et de la puissance des écoulements. L’homme a tenté ici de maîtriser les caprices de la rivière en construisant des digues dès le Moyen-Age. Le système de digues actuel est suffisant pour maîtriser les crues cinquantenales et dans cet interdigue, le Doubs bénéficie d’un certain espace de liberté. En effet, en aval de Dole, la pente et la naturalité (caractère peu artificial isé) de la rivière (sans navigation ni alimentation de moulins) lui ont conservé son caractère, sa compétence naturelle et ses mécanismes d’érosion-sédimentation. La multiplicité des situations topographiques, hydriques et pédologiques créées par la dynamique du Doubs, sa capacité à les rajeunir et les interrelations entre chenal principal, nappe et systèmes latéraux, sont à l’origine d’une extrême diversité des associations végétales et des espèces.
Cadre réglementaire
Site Natura 2000 designe au titre de la directive Oiseaux (2009/147/CE) pour la protection des especes d'oiseaux sauvages et de leurs habitats. Meme regime d'evaluation des incidences que les ZSC (article L414-4). Les objectifs de conservation portent specifiquement sur les especes d'oiseaux ayant justifie la designation du site.
Menaces et pressions identifiees
Incidence forte
- Mise en culture (y compris augmentation de la surface agricole) dans le site
- Utilisation de biocides, d'hormones et de produits chimiques dans le site
- Coupe forestière (éclaircie, coupe rase…) dans le site
- Elimination des arbres morts ou dépérissants dans le site
- Sports de plein air et activités de loisirs et récréatives dans le site
Incidence moyenne
- Modifications du fonctionnement hydrographique dans le site
- Autres activités sylvicoles (ex : érosion due à une éclaircie, fragmentation…) dans le site
- Dépôts de déchets ménagers / liés aux installations récréatives dans le site
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (26)
- Forêt Communale d'Annoire publique
- Forêt Communale d'Authume publique
- Forêt Communale de Baverans publique
- Forêt Communale de Brevans publique
- Forêt Communale de Champvans publique
- Forêt Communale de Choisey publique
- Forêt Communale de Crissey publique
- Forêt Communale de Dole Goux publique
- Forêt Communale de Dole Ville publique
- Forêt Communale de Falletans publique
- Forêt Communale de Gevry publique
- Forêt Communale de Jouhe publique
- Forêt Communale de Molay publique
- Forêt Communale de Neublans-Abergement publique
- Forêt Communale de Nevy-les-Dole publique
- Forêt Communale de Parcey publique
- Forêt Communale de Petit-Noir publique
- Forêt Communale de Rahon publique
- Forêt Communale de Rochefort-Gros-Buisson publique
- Forêt Communale de Tavaux publique
- Forêt Communale de Villette-les-Dole publique
- Forêt Communale du Deschaux publique
- Forêt Domaniale de Chaux domaniale
- Forêt Domaniale de Pourlans domaniale
- Forêt du C.H.U. Dijon Abergement-Mouthier publique
- Forêt Sectionale de Dole Azans publique
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (2)
Appellations d'origine (18)
- Brillat-Savarin IGP
- Cancoillotte IGP
- Cassis de Bourgogne IG
- Charolais de Bourgogne IGP
- Comté AOC
- Dinde de Bresse AOC
- Emmental français Est-Central IGP
- Franche-Comté IGP
- Gruyère IGP
- Marc du Jura AOC
- Morbier AOC
- Moutarde de Bourgogne IGP
- Porc de Franche-Comté IGP
- Saône-et-Loire IGP
- Saucisse de Montbéliard IGP
- Saucisse de Morteau ou Jésus de Morteau IGP
- Volaille de Bresse ou Poulet de Bresse, Poularde de Bresse, Chapon de Bresse AOC
- Volailles de Bourgogne IGP
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
30 432,8 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)