Localisation
Présentation
BOIS DU CAMP JOURDAIN ET LARRIS DES VALLÉES DE MISERE ET DE CREVECOEUR est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 333 hectares sur 3 communes. Elle comprend 2 964,2 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
DESCRIPTION
Le Bois du Camp Jourdain et les vallées sèches du Camp Biot, Langlet, Misère et de Crèvecœur sont inscrits dans le plateau crayeux, en amont des sources de la Celle. Ces vallons, orientés ouest-est ou sud-ouest/nord-est, présentent un versant thermophile exposé au sud et un versant exposé au nord, plus froid.
Ces versants sont occupés par des boisements de feuillus pour l'essentiel, des pelouses sèches en mosaïque avec des fourrés de recolonisation et des bosquets.
Les pelouses, les lisières et les bois exposés au sud présentent une végétation au caractère thermophile nettement marqué. Les pelouses sont rattachées à l'Avenulo pratensis-Festucetum lemanii (Mesobromion), groupement typique des plaines crayeuses de Picardie. Les portions les plus denses sont envahies par le Brachypode penné (Centaureo-Origanetum).
Des hêtraies thermocalcicoles à Daphné lauréole (Cephalanthero-Fagion) se développent sur des éboulis crayeux. Quelques vieux Genévriers desséchés y subsistent parfois, témoins du passé pastoral de ces espaces aujourd'hui forestiers. Les lisières sont constituées de manteaux à Viorne lantane (Tamo-Viburnetum lantanae) ou de fourrés de recolonisation à Bois de Sainte-Lucie (Rubo-Prunetum mahaleb).
Les fortes épaisseurs de limons acides sur les hauts de versants génèrent la présence de sols plus acides, sur lesquels se localisent des chênaies-charmaies (Carpinion betuli) et des hêtraies, notamment à Jacinthe (Hyacinthoido non-sriptae-Fagetum sylvaticae).
Ces bois sont essentiellement traités en futaie, bien que des taillis subsistent par endroits.
INTERET DES MILIEUX
L'ambiance chaude et sèche des versants exposés au sud permet la présence d'espèces à affinités subméditerranéennes, qui peuvent se trouver ici en limite nord de leur aire de répartition, comme la Belladone (Atropa bella-donna).
Les pelouses thermocalcicoles, les hêtraies calcicoles, neutrophiles et acidophiles sont des habitats remarquables, d'intérêt européen, et, à ce titre, inscrits à la directive "Habitats".
Les prairies sèches des anciens larris sont des milieux devenus particulièrement rares dans les plaines d'Europe, à la suite des mutations de l'économie agricole, lesquelles délaissent les systèmes de pâturages ovins extensifs. Les espèces végétales (orchidées notamment) et animales (entomofaune), qui sont inféodées à ces espaces, se raréfient d'autant.
INTERET DES ESPECES
Sur les pelouses se développent les espèces végétales suivantes :
- le Polygale chevelu (Polygala comosa*),
- l'Epipactis brun rouge (Epipactis atrorubens),
- la Pulsatille commune (Pulsatilla vulgaris),
- le Thésion couché (Thesium humifusum).
Plusieurs lépidoptères intéressants se reproduisent sur les larris ou sur les bas-côtés herbeux de la coulée verte, dont le Fluoré (Colias australis).
Les lisières et les hêtraies thermophiles abritent :
- la Belladone (Atropa bella-donna), en limite nord de son aire de répartition ;
- l'Epiaire des Alpes (Stachys alpina) ;
- la Céphalanthère blanche (Cephalanthera damasonium) ;
- l'Ophrys mouche (Ophrys insectifera) ;
- le Daphné lauréole (Daphne laureola) ;
Ces espèces sont assez rares en Picardie.
Les bois acides permettent la présence de l'Orchis mâle (Orchis mascula), assez rare en Picardie.
Les milieux sylvatiques permettent la nidification du Busard Saint-Martin et de la Bondrée apivore, deux rapaces de la directive "Oiseaux" qui chassent notamment sur les pelouses, sur les pâtures et en lisière des bois.
L'ensemble de ces espaces possède un réel intérêt paysager, caractéristique des espaces ruraux des vallées sèches du plateau picard.
FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE
L'abandon du pâturage ovin sur les larris enclenche une dynamique de recolonisation forestière : les pelouses se densifient avec la prolifération du Brachypode penné et des broussailles. Il s'ensuit une perte de diversité à la fois végétale et animale. De même, la régression des pâtures est dommageable à l'intérêt biologique et à la qualité paysagère.
En revanche, le dégagement des broussailles, le long du chemin de randonnée de la coulée verte, a favorisé l'apparition (ou la réapparition) d'espèces végétales et d'insectes héliophiles remarquables. En effet, les milieux ensoleillés des bermes herbeuses abritent une flore et une faune semblables à celles des larris situés à proximité.
N.B. : Les espèces dont le nom est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Appellations d'origine (2)
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
2 950,5 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)