Butte de Haut-Castel et du Grés, Pech de Cachou et de Coupet

ZNIEFF_I Code : 730010551

366 ha 3 communes
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Localisation

Présentation

Butte de Haut-Castel et du Grés, Pech de Cachou et de Coupet est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 366 hectares sur 3 communes. Elle comprend 2 739,6 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Le site retenu s’étend sur l’extrémité d’une serre délimitée par le Lendou et la Barguelonne. Sur ces terrains tertiaires (calcaires et molasses de l’Agenais), les zones les plus plates sont occupées par l’agriculture, tandis que les secteurs pentus sont couverts de bois, pelouses et zones en voie de fermeture. Le climat atlantique modéré s’y fait sentir avec des influences plus sèches sur les pentes les plus exposées.

La forêt occupe surtout les versants nord des zones considérées. Elle est également présente dans les sections inférieures des versants méridionaux. Un réseau de haies et de bosquets maille les penchants jusqu’aux bois qui peuplent localement le plateau. Ce sont essentiellement des chênes pubescents qui composent ces forêts. Quelques charmes se mêlent à cet ensemble, à la faveur de la fraîcheur qui marque les penchants septentrionaux et les fonds de vallons.

Ces bois ne sont ni exploités ni « entretenus », les arbres morts côtoient les vivants en formant des assemblages moussus. Un large boisement constitué de très vieux buis mérite d’être souligné.

Ces forêts accueillent une grande station de Marguerite de la Saint-Michel (Aster amellus) qu’on ne retrouve que dans l’est du département, et la seule station de la Campanule à feuilles de pêcher (Campanula persicifolia) située à l’ouest de ce territoire.

Les fourrés forment de nombreuses colonies. Ils envahissent certaines reculées humides où subsistent des lambeaux de prairies. On y découvre des dizaines de pieds de Colchique d’automne (Colchicum autumnale). Ils envahissent aussi d’autres secteurs plus secs, en cédant du terrain lorsque les conditions deviennent éprouvantes.

Il y a cent cinquante ans, Lagrèze-Fossat notait la seule station de Pistachier térébinthe (Pistacia terebinthus) du grand secteur ouest. Ils y sont toujours, sur la même localité, où ils se mêlent aux fourrés et aux haies d’aujourd’hui.

Les lisières des bois et des haies, les clairières parmi les broussailles, sont favorables aux pelouses sèches. Ce sont des parcelles de surfaces variables, mais aussi de larges prairies. Là, voisinent la Stéhéline douteuse (Staehelina dubia), le Stipe penné (Stipa pennata), la Catananche bleue (Catananche caerulea) et d’autres. Les versants écorchés, rocailleux sont fleuris par la Phalangère à fleurs de lys (Anthericum liliago), dont c’est la dernière station vers le sud et l’ouest. Une autre prairie, au sol plus sableux, est partiellement couverte par des Helianthemum.

Il y a aussi de nombreuses espèces d’orchidées. L’Orchis odorant (Orchis coriophora subsp. fragrans) est l’une des plus remarquables par l’abondance de sa population. Elle occupe toutes sortes de milieux, versants marneux ou rocailleux, un pré-bois et des prairies. Mais elle ne reste cantonnée que sur un seul site.

Chaque site héberge d’ailleurs une ou deux espèces particulières ; ainsi on trouve l’Épipactis brun rouge (Epipactis atrorubens) sur l’un, la Marguerite de la Saint-Michel (Aster amellus) et l’Épipactis des marais (Epipactis palustris) sur l’autre, même s’il y a une grande similitude de lieux.

La présence de l’eau est un élément important. Les sources apparaissent dans les fonds de quelques vallons, parfois au milieu des penchants. Elle est suffisamment abondante pour avoir permis la construction d’abreuvoirs, et récemment, la mise en place de captages à usage domestique. C’est au niveau de l’un d’entre eux que l’on découvre un véritable marécage situé sur le replat d’un versant en pente douce. Il ne s’assèche partiellement qu’à la toute fin de l’été. La végétation se compose uniquement de laîches (Carex sp.) et de l’Orchis élevé (Dactylorhiza elata). D’autres ruissellements ne permettent pas la constitution d’un tel marécage ; néanmoins, l’humidité qu’ils entretiennent est permanente. L’autre station départementale d’Épipactis des marais (Epipactis palustris) s’établit sur l’un de ces suintements.

Enfin, des petites surfaces cultivées conservent un cortège de plantes messicoles, et des prairies de fauche complètent l’ensemble.

Par le nombre d’espèces remarquables et sa relative conservation, cette zone apparaît comme un site très important pour ce secteur. C’est aussi le premier territoire de coteaux calcaires, lorsqu’on vient du sud du département.

Le Triton marbré est une espèce d’amphibien sensible, intégralement protégée en France et visée par l’annexe IV de la directive européenne « Habitats ». Cette espèce est rare en plaine, plus commune dans le nord et l’est du département. Les sites de reproduction connus méritent une attention particulière.

Les 3 espèces déterminantes d’insectes présentes témoignent d’une diversité de l’entomofaune intéressante.

Le Damier de la Succise (Euphydryas aurinia) est une espèce protégée par la loi française et visée par la directive européenne Habitats. Bien que l’espèce soit assez bien répandue en France, elle est en nette régression au nord de notre pays. Dans le Tarn-et-Garonne, elle semble localisée. Le nord du département héberge quelques belles populations, il est donc opportun de conserver les sites accueillant l’espèce pour son maintien dans nos régions.

Deux orthoptéroïdes ont également été notés sur ce site : il s’agit d’espèces thermophiles. L’Empuse pennée (Empusa pennata) est relativement commune sur le Quercy blanc. Le Phasme gaulois (Clonopsis gallica gallica) est quant à lui beaucoup moins répandu, mais son statut reste mal défini.

Ces 3 espèces pâtiront d’une fermeture trop importante du milieu.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

366
ha de surface
3
communes
63
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)

Appellations d'origine (13)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

2 589,7 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 580,5 ha
Blé tendre 360,2 ha
Tournesol 205,4 ha
Fourrage 178 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 158,4 ha
Prairies temporaires 139,7 ha
Orge 135 ha
Estives et landes 133,9 ha
Vignes 126,5 ha
Vergers 107,2 ha

Communes (3)