Localisation
Présentation
CHAINONS OCCIDENTAUX DU VERCORS est une zone protégée de type ZNIEFF_II, couvrant 28 577 hectares sur 31 communes. Cette zone inclut 25 forêts publiques. Elle comprend 99 095,6 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
Le massif du Vercors est situé au cœur du Dauphiné. Les falaises abruptes qui le ceinturent en font une véritable citadelle naturelle, longtemps isolée des régions qui l'entourent, les vallées de l'Isère, du Drac et de la Drôme. L'eau a taillé dans cette masse de calcaire des gorges profondes, des cirques majestueux, des grottes et des gouffres parmi les plus célèbres d'Europe. L'intérieur du massif est constitué de plateaux boisés et de vallons verdoyants au paysage modelé par l'agriculture.
Le secteur décrit intègre les contreforts les plus occidentaux du Vercors (centrés sur les « Monts du Matin »), et même de l’arc alpin. Au sud, la Gervanne y forme une entité distincte, déjà tournée vers le Diois.
La richesse biologique (favorisée par une géomorphologie tourmentée) est globalement remarquable du fait de la juxtaposition d'éléments de faune et de flore d’influences méditerranéenne (fauvettes méditerranéennes, Pipit rousseline, Moineau soulcie, Grand Ephèdre, Ophrys de la Drôme…), médio-européenne (Chouette chevêche), montagnarde et même alpine (Buplèvre des rochers, Aconit anthora, papillon Apollon…). Les populations locales de Chamois et de chauve-souris sont importantes.
La flore compte quelques remarquables messicoles (plantes associées aux cultures traditionnelles, comme l’Adonis flamme, la Nielle des blés, la Nigelle de Damas ou la Caméline à petits fruits), ainsi que de rares endémiques des Alpes sud-occidentales (Genêt ailé).
Certains types d’habitats naturels rares sont ici particulièrement bien représentés : c’est le cas des sources d’eau dure associées à de spectaculaires formations de travertins (« cratoneurion ») des gorges d’Omblèze.
Le secteur abrite en outre un karst caractéristique des Préalpes du nord. Ce type de karst est caractérisé par l’épaisseur considérable des stratifications calcaires, l’ampleur des phénomènes de dissolution, l’incidence des glaciations quaternaires (calottes glaciaires sommitales, épaisses langues glaciaires).
Le peuplement faunistique du karst du Vercors est relativement bien connu. Il est particulièrement riche en espèces terrestres troglobies (c’est à dire vivant exclusivement dans les cavités souterraines), avec une cinquantaine d’espèces connues parmi les invertébrés, essentiellement des coléoptères (plus de trente espèces ou sous-espèces) et des collemboles (plus de quinze espèces). Cette diversité va de pair avec un haut degré d’endémisme, qui traduirait un phénomène de spéciation géographique consécutif au grand compartimentage des habitats souterrains.
La faune stygobie (c’est à dire vivant dans les eaux souterraines) est par contre assez peu diversifiée, en raison probablement du faible développement des réseaux saturés au sein du karst local. La faune pariétale est également intéressante. Elle fréquente la zone d'entrée des cavernes ; cette faune peut être permanente, estivante ou hivernante : son habitat présente ainsi des caractères intermédiaires entre le monde extérieur et le monde souterrain. On observe ainsi localement un coléoptère du genre Oreonebria, endémique des massifs subalpins de la Chartreuse, du Vercors et de leurs proches abords.
Le zonage de type II souligne l’unité de cet ensemble globalement peu perturbé par les activités humaines, au sein duquel les secteurs abritant les habitats ou les espèces les plus remarquables sont retranscrits par de vastes zones de type I (gorges, plateaux, falaises…) fortement interdépendantes. En dehors de celles-ci, d'autres secteurs peuvent s'avérer remarquables, par exemple pour l'entomofaune (cas des stations de papillons Hermite, Apollon et Azuré de la Croisette connues sur le plateau entre le Col de Limouche et celui de Tourniol…).
Il souligne également particulièrement les fonctionnalités naturelles liées à la préservation des populations animales ou végétales, en tant que zone d’alimentation ou de reproduction pour de multiples espèces, dont celles précédemment citées, ainsi que d’autres exigeant un large domaine vital (Aigle royal, Vautour fauve bénéficiant d’une réintroduction récente à proximité …).
Il traduit également le bon état de conservation général de certains bassins versants, en rapport avec le maintien de populations d’Ecrevisse à pattes blanches, espèce réputée pour sa sensibilité particulière vis à vis de la qualité du milieu. Cette écrevisse indigène est devenue rare dans la région, tout spécialement à l’est de la vallée du Rhône.
Il met enfin en exergue la sensibilité particulière de la faune souterraine, tributaire des réseaux karstiques et très dépendante de la qualité des eaux provenant du bassin versant. La sur-fréquentation des grottes, le vandalisme des concrétions peuvent de plus rendre le milieu inapte à la vie des espèces souterraines. Les aquifères souterrains sont sensibles aux pollutions accidentelles ou découlant de l'industrialisation, de l'urbanisation et de l'agriculture intensive.
L’ensemble présente par ailleurs un grand intérêt paysager (on peut citer parmi d’autres le site classé des Gorges d’Omblèze), géomorphologique, ainsi que biogéographique compte-tenu de la présence de nombreuses espèces méridionales ou montagnardes parvenant ici en limite de leur aire de répartition géographique.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type II delimite un grand ensemble naturel riche et peu modifie. C'est un inventaire ecologique sans contrainte reglementaire directe, mais pris en compte dans les schemas de planification regionale (SCOT, SRADDET). Les projets significatifs dans cette zone doivent demontrer la prise en compte du patrimoine naturel inventorie.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (25)
- Forêt Communale d'Aouste-sur-Sye publique
- Forêt Communale de Besayes publique
- Forêt Communale de Bouvante publique
- Forêt Communale de Chateaudouble publique
- Forêt Communale de Cobonne publique
- Forêt Communale de Combovin publique
- Forêt Communale de Gigors et Lozeron publique
- Forêt Communale de la-Baume-Cornillane publique
- Forêt Communale de la-Baume-d'Hostun publique
- Forêt Communale de Leoncel publique
- Forêt Communale de Peyrus publique
- Forêt Communale de Plan-de-Baix publique
- Forêt Communale de Saint-Jean-en-Royans publique
- Forêt Communale de Saint-Vincent-la-Commanderie publique
- Forêt Communale de Vaunaveys-la-Rochette publique
- Forêt Communale d'Hostun publique
- Forêt Communale d'Oriol-en-Royans publique
- Forêt Départementale d'Ambel publique
- Forêt Départementale de Saou publique
- Forêt Domaniale de la Sapine-Côte-Belle domaniale
- Forêt Domaniale de Lente domaniale
- Forêt Domaniale de Leoncel domaniale
- Forêt Domaniale de Quint domaniale
- Forêt Domaniale du Grand-Barry domaniale
- Forêt du Mandement de Saint-Nazaire publique
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (5)
- Les Ayasses
- Pelouses Seches de Bourbousson
- Pelouses Seches des Vallons de Tete d'Homme, Sonnaize, Tourniers et Ecalon
- Rif
- Site B28 - Phase 2
Appellations d'origine (18)
- Agneau de Sisteron IGP
- Ail de la Drôme IGP
- Bleu du Vercors-Sassenage AOC
- Clairette de Die AOC
- Collines Rhodaniennes IGP
- Comtés Rhodaniens IGP
- Coteaux de Die AOC
- Crémant de Die AOC
- Drôme IGP
- Génépi des Alpes IG
- Huile essentielle de lavande de Haute-Provence ou Essence de lavande de Haute-Provence AOC
- Isère IGP
- Méditerranée IGP
- Noix de Grenoble AOC
- Picodon AOC
- Raviole du Dauphiné IGP
- Saint-Marcellin IGP
- Volailles de la Drôme IGP
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
96 232,5 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)