CHAMP DU FEU

ZNIEFF_I Code : 420007217

372 ha 4 communes
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Localisation

Présentation

CHAMP DU FEU est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 372 hectares sur 4 communes. Cette zone inclut 22 forêts publiques. Elle comprend 1 133,1 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

La ZNIEFF du Champ du Feu inclue les landes acidiphiles d’altitude, en imbrication avec des habitats prairiaux et des pelouses, un bas-marais, une grande tourbière bombée ombrotrophe et ses annexes végétales, le tout étant inséré dans une matrice de forêts d’altitude (pessières, hêtraie).

Ce milieu ouvert d’origine anthropique se maintient sous le double effet du climat et de l’entretien agricole (pâturage ovin et bovin ou fauches). Le Champ du Feu est un isolat de chaumes montagnardes à altitude relativement basse dont l’aspect quasi-nordique ne trompe pas sur le climat qui y règne. Il correspond à un isolat du climat montagnard supérieur dans les Vosges Moyennes, caractérisé par une pluviométrie importante (de l’ordre de 1491mm/an) et une température moyenne annuelle de 5,8°C. La lande à Ericacées de caractère pseudo-alpin couvre plusieurs dizaines d’ha, représentant une forme appauvrie des « Chaumes » par suite de l’altitude plus basse, du caractère secondaire et de l’éloignement du noyau sud (Hautes-Chaumes Haut-Rhinoises).

Les prairies de fauches sont plus ou moins mésophiles avec ponctuellement des taches de prairies à Molinies (Molinia caerulea) sur sols tourbeux et des mégaphorbiaies qui font la transition entre les zones de prairies ou de landes et les zones tourbeuses.

Des espèces montagnardes remarquables sont à citer : l’Arnica de montagne (Arnica montana) devenu très rare, le Géranium des bois (Geranium sylvaticum), le Botryche lunaire (Botrychium lunaria), le Crocus blanc (Crocus vernus albiflorus) et plusieurs orchidées.

Les habitats humides du site, majoritairement représentés par la tourbière et ses annexes, revêtent la valeur patrimoniale la plus importante. La tourbière bombée acide à végétation à base de sphaignes et d’éricacées couvre 8ha et concentre une grande partie de la flore remarqable du site.

La tourbière plate (ou bas-marais) est surtout alimentée par des eaux souterraines (sources, nappes) et se trouve dominée par les graminées et les cypéracées. Plusieurs espèces d’origine nordique y atteignent leur limite septentrionale d’aire dans les Vosges et contribuent donc à l’intérêt biogéographique tout particulier du site comme la Pensée des Vosges (Viola lutea ssp elegans)

Deux taxons trouvent leur unique station vosgienne au Champ du Feu: le Trèfle marron (Trifolium spadiceum) connu des Pyrénées, du Massif Central, des Alpes et sur le site (zones tourbeuses de l’amont de la Serva) et la sous-espèce alpine de la Rinanthe crête de coq (Rhinanthus angustifolius ssp subalpinus), à feuilles étroites, sans que cela ne soit expliqué puisque des conditions a priori favorables se trouvent ailleurs dans le massif (Ochsenbein, G., 1963 [1965]).

Les oiseaux ont été bien étudié durant l'été 2011 (J.-M. Berger et P. Denis), recensant 53 espèces, dont 44 considérées comme nicheuses, le splus représentatives étant le Merle à plastron (Turdus torquatus), le Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus), le Pipit farlouse (Anthus pratensis) (5,2 couples /ha) accompagné par deux autres insectivores nichant aussi au sol le Pipit des arbres (Anthus trivialis) et l’Alouette des champs (Alauda arvensis) ou encore le Tarin des aulnes (Carduelis spinus), nicheur exceptionnel en 2012.

Signalons encore la présence avérée et récente du Nacré de la Canneberge (Boloria aquilonaris) (Dietrich L., 2011), un papillon protégé et menacé au niveau national, déjà signalé en 1990 par Scheubel A. et en 1997 par Trautmann T. (Docob, ONF, 2012). Dans les lieux fleuris volent aussi le Nacré de la sanguisorbe (Brenthis ino) et le Cuivré écarlate (Lycaena hippothoe). La présence actuelle du Fadet des laîches (Coenonympha tullia), citée anciennement par Trautmann, T. (1997) sur la base d’une communication de Scheubel A. serait à rechercher.

Le Lézard vivipare (Zootoca vivipara) fréquente les chaumes alors que le Triton alpestre (Ichthyosaura alpestris) se reproduit dans les gouilles et les flaques.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

372
ha de surface
4
communes

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (22)

Appellations d'origine (65)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

1 104,7 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 994,1 ha
Estives et landes 110,6 ha

Communes (4)