Côte de Champvermol

ZSC Code : FR4301289

192 ha 3 communes
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Localisation

Présentation

Côte de Champvermol est une zone protégée de type ZSC, couvrant 192 hectares sur 3 communes. Cette zone inclut 9 forêts publiques. Elle comprend 456,9 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Au sud de Montbéliard, avant de s'engager dans une direction nord-est/sud-ouest qui le ménera à la Saône après un parcours de 430 km, le Doubs entaille les plateaux préjurassiens et dégage ainsi une succession de matériaux géologiques particulièrement mis en évidence à la Côte de Champvermol, sur la territoire de la commune de Mandeure. Du sommet de la Côte (480 m) à la rivière (340 m), on trouve en effet : - un substrat calcaire à l'origine de corniches, falaises et éboulis plus ou moins grossiers ; - un substrat marno-calcaire qui détermine la formation d'éboulis fins à moyens ; - un substrat marneux à la base de la côte où prend naissance un marais de pente ; - les alluvions calcaires, enfin, déposés par la rivière. A cette succession de matériaux, exposés au sud/sud-ouest, fait écho une succession de communautés végétales adaptées aux conditions particulières du site. Ainsi, à la chênaie-charmaie de plateau succède, en bordure de corniche, sur des sols calcaires très superficiels, une chênaie pubescente et une pelouse sèche à ail à tête ronde, laîche humble, fétuque ovine... On retrouve la chênaie pubescente en pied de falaise où elle partage les éboulis plus ou moins fixés avec une tiliaie-érablaie thermophile*, une pelouse à seslérie, tabouret des montagnes et laser à larges feuilles accompagnés du rare ibéride intermédiaire, petite crucifère protégée sur le territoire régional. La pelouse à seslérie et les éboulis à ibéride sont piquetés de bosquets thermophiles* à amélanchier, chêne sessile, et chêne hybride de chêne pubescent et de chêne sessile, cornouiller sanguin... Plus bas, les éboulis stabilisés sont recouverts d'une chênaie-charmaie neutrophile qui occupe une grande partie de la côte. Elle laisse la place, au contact de l'assise marneuse à un bas marais de pente à molinie alimenté par des suintements résultant de l'eau captée des plateaux. On y trouve la laîche de Davall, la laîche fauve ainsi que l'épipactis des marais, orchidée inféodée à ces milieux calcaricoles* humides. Les alluvions du Doubs, étendues par endroits, sont le siège d'une chênaie-charmaie fraiche à frêne élevé, relayée dans les stations les plus humides par une aulnaie-frênaie à aulne blanc, groupement très productif et riche en espèces, mais le plus souvent rencontré à l'état relictuel en bordure de cours d'eau. Ce type d'alluvions riches en éléments nutritifs est en effet particulièrement convoité pour la mise en culture ou, en cas d'abandon ou de trop forte humidité, pour la plantation de peupliers. Les alluvions du site de Champvermol n'offrent toutefois qu'un intérêt forestier. Des dépôts sableux sont en effet à l'origine d'une pelouse sèche alluviale particulièrement rare, voire en voie de disparition. On ne retrouve ce type de communauté végétale, unique en Franche-Comté, qu'en quelques endroits de la vallée de l'Ain. Autrefois plus répandue, cette pelouse a subi les effets négatifs de la mise en culture sur les meilleurs sols des terrasses alluviales. Elle recèle sur le site des espèces peu courantes comme la prêle rameuse ou le peucédan des montagnes. A ce titre, la côte de Champvermol abrite une plante protégée au niveau national et sept intégralement protégées en Franche-Comté. Sur le plan faunistique, on peut noter la présence, dans quelques vires des falaises, du faucon pélerin, rare en France, même si ses effectifs ont augmenté au niveau régional. Les éboulis calcaires, enfin, accueillent plusieurs espèces de reptiles dont la couleuvre à collier et la coronelle lisse, toutes deux protégées en France. Dans ce milieu, la mise en culture des terrains alluviaux entraîne une forte régression de la pelouse qui compromet l’existence de la station de prêle rameuse notamment. L'abandon de la pelouse constitue également une menace dans la mesure où l'absence d'activités pastorales telles qu'une fauche tardive ou un pâturage extensif occasionne la reprise de la dynamique naturelle de la végétation. On assiste alors à un développement important d'épineux préfigurant le retour à la forêt. Il en est de même pour le bas-marais à molinie, envahi peu à peu par le frêne et le tremble. Ici, comme en d’autres lieux, l’équilibre entre mise en culture et maintien d’espaces naturels est à rechercher avec tous les acteurs. D'un point de vue forestier, quelques plantations de résineux sur le bas de pente nuisent à l'intégrité des communautés de feuillus.

Ensemble de forêts de pente (cependant dominé par les chênaies-charmaies qui représentent la plus grande superficie), de milieux rocheux (falaises et éboulis) dominant la plaine alluviale du Doubs.

Cadre réglementaire

Site Natura 2000 designe au titre de la directive Habitats (92/43/CEE) pour la conservation d'habitats naturels et d'especes d'interet communautaire. Une evaluation des incidences est obligatoire pour tout projet susceptible d'affecter significativement le site (article L414-4 du Code de l'environnement). Les activites soumises figurent sur une liste nationale (R414-19) et sur les listes locales fixees par le prefet. Un Document d'Objectifs (DOCOB) definit les mesures de gestion du site.

Menaces et pressions identifiees

Incidence forte

  • Fertilisation dans et autour du site
  • Elimination des haies et bosquets ou des broussailles autour du site
  • Dépôts de matériaux inertes dans et autour du site
  • Retournement de prairies autour du site
  • Alpinisme, escalade, spéléologie dans le site

Incidence moyenne

  • Pâturage intensif dans et autour du site
  • Vol-à-voile, delta-plane, parapente, ballon dans le site
  • Sécheresses et diminution des précipitations dans et autour du site
  • Pollution des eaux de surfaces (limniques et terrestres, marines et saumâtres) dans et autour du site
  • Changements des conditions hydrauliques induits par l'homme dans et autour du site
  • Mise en culture (y compris augmentation de la surface agricole) autour du site
  • Coupe forestière (éclaircie, coupe rase…) autour du site
  • Exploitation forestière sans reboisement ou régénération naturelle dans et autour du site
  • Sports de plein air et activités de loisirs et récréatives dans et autour du site
  • Randonnée, équitation et véhicules non-motorisés dans et autour du site
  • Véhicules motorisés dans et autour du site
  • Réchauffement des masses d'eau (pollution thermique) dans et autour du site
  • Comblement et assèchement dans et autour du site
  • Modifications du régime de mise en eau dans et autour du site
  • Modifications du fonctionnement hydrographique dans et autour du site
  • Autres sources ponctuelles de pollution des eaux de surface dans et autour du site
  • Fauche intensive ou intensification dans et autour du site
  • Prélèvements sur la faune terrestre autour du site
  • Piétinement, surfréquentation dans et autour du site

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

192
ha de surface
3
communes

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (9)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)

Appellations d'origine (10)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

454,3 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 380,4 ha
Orge 25,2 ha
Blé tendre 16,9 ha
Prairies temporaires 10,1 ha
Maïs grain et ensilage 8,5 ha
Colza 8,3 ha
Estives et landes 2,9 ha
Autres céréales 2 ha

Communes (3)