Localisation
Présentation
COTEAUX DE L'AUTOMNE DE VERBERIE À PUISIÈRES est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 399 hectares sur 6 communes. Cette zone inclut 2 forêts publiques. Elle comprend 4 804,3 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
DESCRIPTION
Les coteaux de l'Automne entre Verberie et Puisières s'étendent sur la rive gauche de l'Automne, dans la partie aval de la vallée, qui débouche sur celle de l'Oise en limite septentrionale du plateau du Valois.
Ils sont inscrits sur le rebord du plateau tertiaire, caractérisé par un fort festonnement, qui génère une diversité élevée de conditions microclimatiques, en fonction des expositions des versants, de la raideur des pentes et des affleurements géologiques. Le vallon de la Douye, étiré nord-sud, et le coteau de Puisières, orienté au sud-ouest, offrent des expositions variées, propices au développement de végétations thermophiles, ou encore, au niveau des cavées des têtes de vallons et des versants nord, de végétations préférant les ambiances fraîches et humides.
Les couches géologiques présentent un étagement typique du sud-est de l’Oise avec, de haut en bas :
- les épais calcaires lutétiens qui définissent le plateau du Valois ;
- les sables cuisiens ;
- les argiles sparnaciennes ;
- les alluvions en fond de vallée, localement tourbeuses (horizons tourbeux alcalins dans le fond de la vallée de la Douye).
On note la présence des milieux suivants :
- des pelouses calcicoles (Festuco lemanii-Anthyllidetum vulnerariae), alternant avec des groupements ponctuels de l'Alysso-Sedion sur dalles et cailloutis calcaires, dans les carrières ;
- des ourlets calcicoles thermophiles (Geranion sanguinei) ;
- des lisières thermophiles du Berberidion et des bois thermocalcicoles du Quercion pubescentis-petraeae ;
- des boisements de pente nord à Hêtre, à Frêne, à Erable, à Tilleul (proches du Lunario redivivo-Acerion pseudoplatani), accompagnés, sur la corniche lutétienne, de fougeraies,
- des aulnaies et des aulnaies-peupleraies à grandes herbes (Alno-Padion), des mégaphorbiaies (Thalictro-Filipendulion) éparses et des plantations de peupliers.
INTERET DES MILIEUX
Parmi les plus remarquables, les forêts thermophiles, les lisières et les pelouses calcicoles, sont des milieux menacés en Europe, et sont inscrits, à ce titre, à la directive "Habitats" de l'Union Européenne. Il en va de même des bois de pentes, abritant notamment des fougeraies importantes dans les cavées.
Ces milieux accueillent de nombreuses espèces végétales et animales rares et menacées. Ils sont en effet, intrinsèquement, de plus en plus rares et dégradés dans les plaines du nord-ouest de l'Europe.
Les coteaux exposés au sud connaissent des ambiances méridionales, favorisant la présence de nombreuses espèces végétales thermophiles rares et/ou menacées.
Les vastes surfaces boisées permettent également la circulation de grands mammifères.
INTERET DES ESPECES
De nombreuses espèces assez rares à exceptionnelles (et menacées pour la plupart) en Picardie sont présentes.
Faune :
Parmi les oiseaux nicheurs remarquables figurent :
- la Bondrée apivore (Pernis apivorus) ;
- le Pic noir (Dryocopus martius), dans les grandes hêtraies ;
- le Pic mar (Dendrocopos medius), dans les vieilles chênaies.
Tous trois sont inscrits à l'annexe I de la directive "Oiseaux" de l'Union Européenne.
L’herpétofaune comprend :
- la Grenouille agile (Rana dalmatina) ;
- le rare Lézard vert (Lacerta viridis), qui présente ici des populations importantes ;
- le Lézard des murailles (Podarcis muralis).
Mammalofaune
Le Cerf élaphe (Cervus elaphus) fréquente ces versants boisés, qui sont situés sur un axe d'échange interforestier crucial pour la pérennisation des brassages génétiques de cervidés dans le sud de l'Oise, entre les massifs de Compiègne et d'Halatte.
La Musaraigne aquatique (Neomys fodiens), assez rare en Picardie, fréquente les zones humides.
Plusieurs lépidoptères de grand intérêt ont été notés sur les pelouses thermocalcicoles :
- la Verdoyante (Calamia tridens),
- la Harpye bicuspide (Furcula bicuspis),
- l'Ecaille gris-souris (Paidia murina),
- le Zygène de Carniole (Zygaena carniolica),
- la Phalène ornée (Scopula ornata),
- la Funèbre (Tyta luctuosa).
La flore comprend notamment :
Sur les pelouses, ourlets et lisières :
- le Fumana couché (Fumana procumbens*), sur les pelouses calcaires rases ;
- le Cynoglosse d'Allemagne (Cynoglossum germanicum*) ;
- la Laîche humble (Carex humilis) ;
- la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum*) ;
- la Pulsatille vulgaire (Pulsatilla vulgaris) ;
- la Belladone (Atropa bella-donna) ;
- le Chêne pubescent (Quercus pubescens), sur les lisières thermocalcicoles ;
- l'Oprhys araignée (Ophrys sphegodes*) ;
- l’Orchis militaire (Orchis militaris) ;
- l'Orchis singe (Orchis simia) ;
- l'Anacamptis pyramidal (Anacamptis pyramidalis) ;
- l'Orobanche blanche (Orobanche alba) ;
- le Marrube (Marrubium vulgare) ;
- l'Epiaire des Alpes (Stachys alpina)...
Dans les milieux boisés frais :
- le Polystic à aiguillons (Polysticum aculeatum),
- le Polystic à soies (Polysticum setiferum),
Dans les zones humides :
- la Cardère poilue (Dipsacus pilosus).
FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE
Les pelouses et les ourlets subissent une fermeture progressive du milieu par boisement spontané, issu de la progression des lisières. Cet embroussaillement est très peu contenue par l’action des herbivores (lapins et cervidés).
Il en résulte une banalisation de ces anciens espaces ouverts originaux et précieux. Des coupes adaptées des broussailles envahissantes seraient souhaitables, en dehors de la saison de reproduction, et avec une exportation des produits de coupe. Une restauration d'un pâturage ovin extensif serait optimale sur les secteurs les plus ouverts.
Dans les bois, le maintien d’un réseau de vieux arbres, sénescents ou morts (quelques-uns à l’hectare au minimum), est nécessaire à la présence de populations d’insectes, de mammifères (chiroptères) et d’oiseaux cavernicoles rares et menacés.
Le boisement et le drainage des derniers hectares d'aulnaies seraient à éviter autant que possible : les zones humides de qualité sont relictuelles dans la vallée de l'Automne et le sud de l'Oise.
N.B. Les espèces dont le nom est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (2)
- Forêt Communale de Saint-Vaast-de-Longmont publique
- Forêt Domaniale de Compiègne domaniale
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (8)
- Béthisy-Saint-Martin
- La Cavee des Vaches l Eglise et la Carriere
- La Sablonniere
- La Tete de Pigau
- Le Bois de Beaumont
- Le Coteau de Bellevue
- Le Larris de Puisiere
- Les Cavees
Appellations d'origine (2)
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
4 745 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)