Localisation
Présentation
Cours inférieur du Lot est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 1 209 hectares sur 25 communes. Elle comprend 7 857,7 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
La partie aval de la vallée du Lot, après Cahors, comprend nettement moins de corniches rocheuses que sa partie amont. Cependant, même en aval de la préfecture lotoise, la rivière présente une biodiversité, notamment en espèces aquatiques et amphibies, encore largement digne d’intérêt. La zone est essentiellement constituée du lit mineur du Lot et des boisements rivulaires, naturels, plantés et subspontanés. Contrairement à la Dordogne, le Lot ne présente que très peu de zones à courant naturel : les nombreuses chaussées qui le jalonnent font sentir leur influence sur l’immense majorité de son cours. Cela entraîne notamment différents phénomènes comme l’eutrophisation et l’envasement des fonds. Les berges sableuses sont aujourd’hui quasi inexistantes. La remise en navigabilité du Lot, à vocation touristique, risque encore d’accentuer le phénomène.
Malgré ce handicap, qui fait nettement diminuer la capacité d’accueil de la rivière pour les herbiers aquatiques et la faune inféodée, la zone demeure intéressante tant au point de vue piscicole que pour ses invertébrés aquatiques. Le Brochet (Esox lucius) se reproduit dans divers herbiers (aménagés ou naturels). L’Anguille (Anguilla anguilla) fréquente également bien cette portion de rivière. La Loutre d’Europe (Lutra lutra), qui a amorcé depuis une dizaine d’années la reconquête des vastes territoires d’où elle avait disparu, fréquente à nouveau cette rivière et quelques-uns de ses affluents. Parmi l’entomofaune remarquable, il faut noter la présence du Gomphe de Graslin (Gomphus graslinii) et de la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii). Ce sont deux espèces d’intérêt communautaire liées aux cours d’eau lents, qui présentent ici de belles populations. Plus ponctuellement, notamment sur les petits affluents à cours plus rapide et souvent occupés par des formations tuffeuses du Cratoneurion, on a relevé la présence du Caloptéryx hémorrhoïdal (Calopteryx haemorrhoidalis). Le Gomphe à crochets (Onycogomphus uncatus), dont des individus ont été observés chassant sur des zones attenantes à celle-ci, est également présent au stade larvaire en quelques points de la rivière. Les quelques micro-plages sableuses et rocheuses abritent le Tétrix déprimé (Depressotetrix depressa). Le niveau local de rareté de ce très petit criquet est probablement surévalué, notamment en raison de sa taille et de sa discrétion (il n’émet pas de stridulation). Les quelques secteurs à ceinture végétale herbacée (cariçaies par exemple) et les petites vasières à végétations lacunaires (dont certaines relèvent du Bidention) hébergent, quant à elles, un autre orthoptère fréquent en zones humides : le Grillon des marais (Pteronemobius heydenii). Outre la présence remarquable du Faucon pèlerin et du Grand Corbeau, nicheurs sur les corniches rocheuses d’Orgueil, il faut aussi noter la présence du Pic mar qui fréquente assidûment les grands arbres de la ripisylve. D’autres oiseaux, comme la Chouette chevêche, le Torcol fourmilier ou la Huppe fasciée, peuvent trouver des sites de nidification intéressants dans les vieux arbres conservés au sein des boisements rivulaires. Le champ de captage d’eau potable de Douelle, constitué de plusieurs forages, a permis de révéler la présence d’une microfaune stygobie (aquatique souterraine) tout à fait remarquable. 5 espèces à haute valeur patrimoniale, dont quatre petits crustacés (Ingolfiella thibaudi, Parastenocaris boui, Salentinella petiti et Stenasellus virei) y ont été observées. Il s’agit d’une microfaune liée aux milieux interstitiels de la nappe phréatique du Lot (et en connexion plus ou moins étroite avec le cours aérien de la rivière). Ces espèces sont potentiellement présentes dans toute la vallée, mais elles n’en demeurent pas moins rares et fragiles tant au niveau local que national.
Cette zone abrite une faune particulièrement riche, avec plusieurs espèces rares, fragiles et protégées. La fragilité des écosystèmes aquatiques et la vulnérabilité de la microfaune, tant souterraine que vivant en eau libre, les rendent sensibles à toute altération physico-chimique ou hydrologique. Cette biodiversité devait être encore bien plus riche qu’aujourd’hui.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (2)
Appellations d'origine (27)
- Agenais IGP
- Agneau de l'Aveyron IGP
- Agneau du Périgord IGP
- Agneau du Quercy IGP
- Bleu des Causses AOC
- Cahors AOC
- Canard à foie gras du Sud-Ouest IGP
- Caviar d'Aquitaine IGP
- Chapon du Périgord IGP
- Comté Tolosan IGP
- Confit d'oie du Sud-Ouest (demande de reconnaissance en IGP) PNT
- Coteaux du Quercy AOC
- Côtes du Lot IGP
- Foie gras d'oie du Sud-Ouest PNT
- Huile de noix du Périgord AOC
- Jambon de Bayonne IGP
- Melon du Quercy IGP
- Noix du Périgord AOC
- Oie du Sud-Ouest (demande de reconnaissance en IGP) PNT
- Porc du Sud-Ouest IGP
- Poularde du Périgord IGP
- Poulet du Périgord IGP
- Pruneaux d'Agen IGP
- Rocamadour AOC
- Thézac-Perricard IGP
- Veau du Limousin IGP
- Volailles de Gascogne IGP
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
7 543,2 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)