Localisation
Présentation
Etangs des Bonnevaux est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 2 151 hectares sur 11 communes. Cette zone inclut 18 forêts publiques. Elle comprend 4 369,4 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
Située dans le Nord-Isère, la forêt de Bonnevaux compte plus de deux cents étangs ; c'est le paradis des libellules, et elle accueille des milieux aquatiques rares et menacés. La plaine du Liers (une ancienne vallée glaciaire) abrite, elle aussi, des espèces remarquables. En fait, comme dans de nombreuses autres régions françaises (la Dombes en est une autre illustration régionale), l'origine de ces étangs est artificielle. Ce sont les moines cisterciens de l’abbaye de Bonnevaux, aujourd’hui disparue, qui les ont créés au Moyen Age dans un objectif de production piscicole pour leur consommation propre, mais aussi en vue de la vente sur les marchés de Lyon ou de Vienne. Le massif de Bonnevaux est très intéressant du fait des connexions biologiques qui mettent en relation ces étangs : connexions hydrologiques par le biais des ruisseaux, ou forestières. Les étangs, leurs "queues" tourbeuses, les marais, les prairies humides, les boisements et les ruisseaux qui les relient constituent des habitats naturels recherchés par un grand nombre d’espèces aujourd’hui menacées. Ainsi, de nombreuses espèces de libellules rares ou vulnérables sont présentes sur le massif. On dénombre ainsi plusieurs espèces de libellules de montagne, ici en station abyssale (c'est à dire à altitude exceptionnellement basse). Il s'agit vraisemblablement de reliques (témoins de périodes climatiques passées) postglaciaires, comme dans le cas du Sympétrum noir : de telles espèces ne s'observent en effet le plus souvent qu'au-delà de 1000 m d'altitude. L’Agrion de Mercure est menacé de disparition dans toute l’Europe et la Leucorrhine à gros thorax dans toute la France. Pour s'adapter aux périodes d’"assec", certaines libellules pondent dans la boue et la végétation des zones exondées en été. C’est le cas du Sympétrum jaune d'or dont les larves ne se développent qu’au cours du printemps suivant la ponde estivale. La Leste dryade fait partie des espèces les plus caractéristiques des marais temporaires. Les femelles pondent dans la partie sommitale des tiges des joncs en été. Les œufs sont ainsi à l'abri dans ces tiges pendant la période sèche. Cette période d’attente est baptisée diapause. Les larves sautent dans l'eau en avril de l'année suivante, puis connaissent un développement très rapide d’environ trois mois. La présence d'eaux libres ne leur est donc nécessaire qu’entre mars et juillet. La réussite de la reproduction suppose évidemment que les scirpes et les joncs ne soient pas détruits pendant la saison sèche et que l'eau soit revenue à la fin de l'hiver pour permettre le développement larvaire. Les pontes sont certainement très nombreuses et certaines années favorables, on peut assister à de véritables invasions de lestes, permettant la conquête de nouveaux sites. Ces phénomènes démographiques spectaculaires provoquent de véritables mouvements migratoires et semblent concerner également les autres espèces à diapause (lestes et sympetrum notamment). Une flore originale peut également être observée aux Bonnevaux : l'Utriculaire commune est une plante carnivore qui peuple plusieurs étangs ; quant à l’Epipactis rouge foncé, c'est une belle orchidée qui fréquente volontiers les bords de chemins. Plus commune dans d'autres districts naturels du département, dans des milieux chauds sur substrat calcaire, elle est peu fréquente dans le Nord-Isère. Citons aussi l’Isnardie des marais, rampant sur la vase ou sur l’eau, les Nénuphars jaune et blanc étalant leurs grosses fleurs à la surface de l’eau, ou la rare Châtaigne d’eau. On rencontre aussi l’Hydrocotyle ou "Ecuelle d’eau". Cette petite ombellifère arbore des feuilles entières et arrondies dont la forme rappelle en effet une écuelle. Protégée en région Rhône-Alpes, elle y reste assez bien représentée ; sa souplesse écologique lui permet, en effet, de s’adapter dans une certaine mesure à l’évolution des habitats. Enfin, les étangs, dont certains sont entourés de prairies, sont favorables à l’avifaune, en particulier lors des migrations, mais aussi pour la nidification : Aigrette garzette, Fuligules milouin et morillon, Grèbe huppé, Rousserolle turdoïde, Hérons cendré et pourpré, Blongios nain, Locustelle tachetée…L’intérêt naturaliste de cet ensemble est donc manifeste, et celui-ci mérite toute notre attention.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (18)
- Forêt Communale de Bossieu publique
- Forêt Communale de Champier publique
- Forêt Communale de Chatonnay publique
- Forêt Communale de Faramans publique
- Forêt Communale de Lieudieu publique
- Forêt Communale de Marcilloles publique
- Forêt Communale de Ornacieux-Balbins-Balbins publique
- Forêt Communale de Ornacieux-Balbins-Ornacieux publique
- Forêt Communale de Penol publique
- Forêt Communale de Pommier-de-Beaurepaire publique
- Forêt Communale de Porte-des-Bonnevaux-Arzay publique
- Forêt Communale de Porte-des-Bonnevaux-Commelle publique
- Forêt Communale de Porte-des-Bonnevaux-Nantoin publique
- Forêt Communale de Porte-des-Bonnevaux-Semons publique
- Forêt Communale de Saint-Julien-de-l'Herms publique
- Forêt Communale de Sardieu publique
- Forêt Communale de Savas-Mepin publique
- Forêt du S.I. de Taravas-Champuis publique
Appellations d'origine (5)
- Génépi des Alpes IG
- Isère IGP
- Noix de Grenoble AOC
- Saint-Marcellin IGP
- Volailles de la Drôme IGP
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
4 121,4 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)