Forêt des Fours à chaux

ZNIEFF_I Code : 730030003

292 ha 2 communes
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Localisation

Présentation

Forêt des Fours à chaux est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 292 hectares sur 2 communes. Elle comprend 1 301 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

La ZNIEFF se situe à la croisée de trois régions géomorphologiques. Au nord et à l’ouest, les causses de Villefranche et de Villeneuve ; à l’est, les Ségalas du Tarn et de l’Aveyron ; au sud, le plateau Cordais. Placée sur le prolongement sud de la faille de Villefranche, elle occupe une zone de transition géologique complexe et variée due aux dislocations des couches stratigraphiques.

La ZNIEFF est essentiellement couverte par une forêt ; pour schématiser, la ZNIEFF ayant la forme d’ailes de papillon, nous pouvons résumer ainsi.

L’aile est concerne une excavation mamelonnée de la bordure éocène du plateau Cordais, exposée plein nord ; des vallons profonds en éventail y ont en effet été creusés par des ruisseaux qui, réunis, se jettent dans la vallée de l’Aveyron. Le pourtour est donc molassique, et le cœur franchement siliceux (roches siliceuses très dures antérieures au permien) ; la frange sud correspond aux prairies pâturées et de fauche, le reste est surtout boisé.

L’aile ouest, séparée par une ligne de crête, offre un versant nord-est, et l’autre plein ouest ; tous deux sont boisés. Leur substrat est surtout siliceux (permien, lias).

Notons qu’une sablière d’environ 21 ha est en activité au milieu sud de ces deux ailes.

L’influence atlantique est marquée.

La forêt est une chênaie mixte (Chênes pédonculé et sessile) ; le Houx (Ilex aquifolium) est fréquent. Les sous-bois assez pauvres sont fréquemment couverts de Petit houx (Ruscus aculeatus) et de Fougère aigle (Pteridium aquilinum) ; on rencontre parfois l’Androsème (Hypericum androsaemum).

Les landes de coupe sont colonisées par l’Ajonc d’Europe (Ulex europaeus), le Genêt à balais (Sarothamnus scoparius) et le Genêt poilu (Genista pilosa), la Bruyère cendrée (Erica cinerea), la Callune (Calluna vulgaris) et la Fougère aigle, plus rarement le Genévrier commun (Juniperus communis).

Les quelques lambeaux de prairies humides attenantes aux ruisseaux possèdent çà et là quelques stations de Cardamines sp.

Les galeries des ruisseaux sont composées d’aval en amont d’Aulne (Alnus glutinosa), de Charme (Carpinus betulus) et de Buis (Buxus sempervirens) ; la Lathrée clandestine (Lathraea clandestina) et l’Anémone des bois (Anemone nemorosa) y sont abondantes.

L’étendue de la forêt, en contexte vallonné, et la taille élevée des arbres favorisent la nidification du Circaète Jean-le-Blanc ; cette espèce confidentielle rare et vulnérable dans la région et en France trouve ici de vastes territoires de chasse dans les environs immédiats et sur les causses voisins.

La fréquence d’arbres en phase de maturité et de sénescence, en particulier les châtaigniers issus d’anciennes plantations, maintient une population abondante de Pic mar ; cette espèce sensible est assez rare dans la région, et localisée aux boisements avec des arbres âgés.

Les landes sont des sites potentiels de nidification du Busard Saint-Martin qui a été vu sur la ZNIEFF, mais la nidification n’a pas été décelée.

Les ruisseaux en escalier sur dalles rocheuses, un lac en bordure de forêt et une petite mare permettent à un cortège de batraciens de se reproduire : la Salamandre tachetée y est très abondante ; la Grenouille agile est ici proche de sa limite de répartition dans le nord-est de la région ; le Pélodyte ponctué, généralement en faibles effectifs au sein de ces populations dans la région, semble ici paradoxalement abondant dans un secteur de la région présentant de vastes lacunes ; un effet de barrière et la présence ancienne de nombreuses carrières doivent en être les causes.

La présence du Cordulégastre bidenté (Cordulegaster bidentata) est hautement probable dans le réseau des rus de la ZNIEFF. En effet, sa présence est attestée dans un milieu analogue dans le vallon boisé sur la rive opposée de l’Aveyron (exuvies dans la ZNIEFF « Puech Mignon ») ; les sédiments fins retenus dans les vasques des rus intermittents sont ici ses lieux électifs de ponte. Cette espèce est rare dans la région, et le Tarn n’a actuellement que deux sites connus.

Bien qu’elle ne soit pas déterminante, signalons une autre libellule très abondante dans la ZNIEFF, mais non citée dans les atlas récents pour le Tarn : le Leste brun (Sympecma fusca).

Les fonds de vallon possèdent de belles stations de Scille lis-jacinthe (Scilla lilio-hyacinthus) d’affinité atlantique montagnarde. En dehors des Pyrénées et d’une fraction du Massif central, elle est rare dans le reste de la région. Cette espèce annonce un cortège floristique qu’il serait intéressant de compléter.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

292
ha de surface
2
communes

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Appellations d'origine (16)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

1 252,3 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 523,3 ha
Prairies temporaires 134 ha
Fourrage 128,4 ha
Blé tendre 93,7 ha
Autres céréales 74,5 ha
Orge 65,2 ha
Estives et landes 40,5 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 32,5 ha
Maïs grain et ensilage 32,1 ha
Protéagineux 31,5 ha

Communes (2)