Localisation
Présentation
Forêt du Massacre est une zone protégée de type ZPS, couvrant 1 807 hectares sur 3 communes. Cette zone inclut 8 forêts publiques. Elle comprend 10 521,8 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
INTERET Par son étendue, son altitude, la diversité des milieux naturels et la structure hétérogène des peuplements, cet ensemble forestier présente une valeur biologique considérable. Les formations végétales représentées appartiennent aux étages montagnards* supérieur et subalpin*. Cette variété de milieux s'accompagne d'une faune caractéristique des forêts d'altitude. La forêt du Massacre se caractérise par la présence des deux chouettes d'altitudes (chevêchette d'Europe et chouette de Tengmalm) avec des densités comparables à celle du Risoux. La superficie réduite implique néanmoins des populations restreintes de l'ordre d'une dizaine de couple de chaque espèce. Le grand tétras, très menacé par la situation exposée de ce massif aux activités touristiques, présente une population fragile. Une diminution très importante de effectifs (de l'ordre de 70%) a été observée sur ce massif entre 1990 et 2000. Les oiseaux du massif du Massacre font partie d'un noyau de population plus vaste intégrant également les forêts de Ban - Arobiers. Ce secteur n'accueille pas, ou de façon très marginale, les espèces d'oiseaux des milieux ouverts.
* La hêtraie-sapinière représente le stade climacique* de l'étage montagnard* supérieur et occupe les secteurs d'altitude inférieure à 1200 - 1300 mètres sur les pentes moyennes et faibles. Le peuplement est dominé par le sapin et l'épicéa ; le hêtre, souvent présent est peu abondant. Le sous-bois, toujours frais, est particulièrement riche en espèces avec une strate herbacée dominée par la fétuque des bois. Quelle que soit l'altitude, les forêts de pente se succèdent et se remplacent selon les mêmes lois : variation de la taille et de la mobilité des cailloux et pourcentage d'espaces vides entre les blocs. Ainsi en situation plus froide et sur éboulis plus ou moins grossiers, la hêtraie-sapinière évolue vers une hêtraie à adénostyle ou une érablaie à spirée, lorsque l'éboulis est enrichi en terre fine * A partir de 1200 m, sur sol acidifié en surface par les précipitations abondantes, la hêtraie-érablaie (et à épicéa) représente le stade climacique* de l'étage subalpin* inférieur. L'érable sycomore, vigoureux a souvent été éliminé par les traitements sylvicoles tendant à favoriser les essences résineuses. Si le couvert arboré demeure clairsemé, la strate arbustive est assez bien développée : sorbier des oiseleurs, chèvrefeuilles noir et des Alpes et rosier des Alpes, entre autres. L'exubérance des espèces herbacées confère au groupement une physionomie tout à fait originale avec des espèces de grande taille comme le prénanthe pourpre, le persil sauvage et la renoncule à feuilles d'aconit. * Sur les lapiaz (bancs de calcaire durs séparés en gros blocs par la dissolution d'éléments calcaires plus tendres) s'installe la pessière à doradille où l'épicéa assure à lui seul la couverture arborée. Quelques arbustes comme le rosier des alpes, le chèvrefeuille noir ou le saule à grandes feuilles, dominent un peuplement clairsemé. Le hêtre est rare et rabougri, la seule essence feuillue de la strate arborescente étant le sorbier des oiseleurs. La strate herbacée et arbustive basse est caractérisée par la grande abondance de l'airelle et de la myrtille, donnant un aspect de lande au sous-bois ; le sol est également couvert d'une strate muscinale importante de mousses acidiphiles*. Les conditions extrêmes de croissance, liées à la rigueur climatique et à la pauvreté des sols limitent considérablement la durée de la saison de végétation, et l'accroissement annuel. Cette pessière sur lapiaz est traitée en futaie jardinée (peuplement à faible production mais de haute qualité). La rareté et la particularité des pessières sur lapiaz en font des milieux exceptionnels à préserver. Dans les nombreuses dépressions enrichies par le colluvionnement* apparaissent fréquemment des mégaphorbiaies* d'altitude (ou formation de hautes herbes des sols riches et humides) à laitue des Alpes. Habituellement localisées, elles couvrent une surface très importante dans la forêt du Massacre limitant souvent la régénération spontanée. Hormis ce cortège d'espèces, différents groupements forestiers abritent plusieurs plantes protégées au niveau régional : le streptope à feuilles embrassantes, le camérisier bleu et la racine de corail. Dominant la Valserine, sur des pentes moyennes marno-calcaires, se développent des pelouses mésophiles oligotrophes* dont la végétation est assez rare à l'échelle du territoire. Les sols sont généralement décalcifiés en surface. Leur manque d'entretien actuel entraîne une avancée des lisières forestières et un paysage bien différent de celui de la Combe à la Chèvre où les sols, généralement plus profonds, favorisent largement la venue de pelouses mésophiles* à brome et à gentiane printanière. En mosaïque, sur des sols plus acididifiés, apparaissent des pelouses plus xérophiles* ou des pelouses à nard. Aux espèces vernales comme la gentiane printanière, le crocus des pelouses, s'ajoute une flore subalpine typique et remarquable où apparaissent deux espèces protégées en Franche-Comté (nigritelle noire, campanule en thyrse). Chez les mammifères, le lynx est bien représenté dans ce secteur.
Cadre réglementaire
Site Natura 2000 designe au titre de la directive Oiseaux (2009/147/CE) pour la protection des especes d'oiseaux sauvages et de leurs habitats. Meme regime d'evaluation des incidences que les ZSC (article L414-4). Les objectifs de conservation portent specifiquement sur les especes d'oiseaux ayant justifie la designation du site.
Menaces et pressions identifiees
Incidence forte
- Sports de plein air et activités de loisirs et récréatives dans le site
- Ski, ski hors-piste dans le site
Incidence moyenne
- Structures de sports et de loisirs dans le site
- Station de ski autour du site
- Autres intrusions et perturbations humaines dans le site
Incidence faible
- Routes, autoroutes dans le site
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (8)
- Forêt Communale de Lajoux publique
- Forêt Communale de Lamoura publique
- Forêt Communale de Longchaumois publique
- Forêt Communale de Premanon publique
- Forêt Communale de Septmoncel-les-Molunes-Molunes publique
- Forêt Communale de Septmoncel-les-Molunes-Septmoncel publique
- Forêt Communale Indivise de Longchaumois-Prémanon publique
- Forêt de Syndicat de Gestion du Massacre publique
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (4)
Appellations d'origine (13)
- Bleu de Gex haut Jura ou Bleu de Septmoncel AOC
- Bois du Jura AOC
- Cancoillotte IGP
- Comté AOC
- Coteaux de l'Ain IGP
- Emmental français Est-Central IGP
- Franche-Comté IGP
- Gruyère IGP
- Morbier AOC
- Porc de Franche-Comté IGP
- Saucisse de Montbéliard IGP
- Saucisse de Morteau ou Jésus de Morteau IGP
- Volailles de l'Ain IGP
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
9 567,9 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)