GRAND LUBERON

ZNIEFF_II Code : 930020483

12 437 ha 17 communes
Voir sur la carte interactive

Localisation

Présentation

GRAND LUBERON est une zone protégée de type ZNIEFF_II, couvrant 12 437 hectares sur 17 communes. Cette zone inclut 23 forêts publiques. Elle comprend 42 252,2 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Description de la zone

Troisi me grand massif montagneux du Vaucluse (avec le mont Ventoux et les monts de Vaucluse), la cha ne du Luberon s tend sur environ 60 km, de Cavaillon l ouest Manosque l est, entre le bassin du Calavon au nord et la Durance au sud. C est la fronti re naturelle entre la Basse et la Haute Provence. Ce massif, principalement situ dans le d partement du Vaucluse, est compos de deux ensembles s par s par la combe de Lourmarin (il s agit en fait d une cluse) dans laquelle coule l Aigue Brun, le grand Luberon l est qui culmine 1 125 m (Mourre N gre) et le petit Luberon (727 m dans ses parties les plus lev es) l ouest.

Le massif du Luberon est un anticlinal d limit par deux synclinaux. Son orientation est ouest r sulte de sa formation pendant la phase tectonique pyr n o proven ale au cours de laquelle les Pyr n es ont t mises en place il y a environ 40 millions d ann es. La phase alpine, beaucoup plus r cente (8 millions d ann es) a donn une deuxi me jeunesse ce relief d j ancien.

Dans la partie orientale du massif, le grand Luberon est bien individualis par son aspect g omorphologique, sa climatologie et par une v g tation fortes affinit s temp r es ou montagnardes. À partir d une assise g ologique constitu e principalement de calcaires marneux gris tres qui datent de l Hauterivien, structur s en gros bancs avec alternance de marnes, il a d velopp tout un ensemble de reliefs aux formes massives et arrondies, bien plus douces que celles du petit Luberon et surmont es d une longue ligne de cr tes ondul es o alternent cols et sommets aux reliefs peu marqu s.

Le contexte climatique est galement tr s diff rent de celui du petit Luberon. Ici la localisation et l altitude (plus de 1 100 m dans la partie la plus lev e) apportent au grand Luberon des temp ratures plus basses, des pr cipitations plus lev es (parfois sous forme de neige sur les cr tes sommitales), une certaine n bulosit , mais toujours autant de mistral. En dehors du pi mont m ridional, les affinit s temp r es apparaissent tr s vite, mais elles sont surtout bien pr sentes en versant nord.

C est la faveur de ce contexte g ographique et climatique que l on observe dans le grand Luberon un v ritable tagement de la v g tation, de l tage m som diterran en en pi mont du versant sud l tage montagnard m diterran en en versant nord (entre 700 et 1 100 m de Sivergues Saint Martin de Castillon), en passant par un tage supram diterran en remarquablement bien repr sent en surface ( partir de 500 600 m en versant sud dans les fonds de vallons et en versant nord). Plus raides au sud qu au nord, les versants s ouvrent en larges combes colonis es par un manteau forestier quasiment continu de ch ne pubescent au nord (interrompu par le h tre), de pin d Alep, de ch ne vert dominant et de ch ne pubescent subordonn s au sud (avec un faci s houx tr s localis ). Si les milieux ouverts sont, comme dans le petit Luberon, tr s bien repr sent s sur toutes les cr tes sommitales, ailleurs, ils en sont r duits des lambeaux. De m me, les formations daphiques y sont loin de marquer le paysage comme dans le petit Luberon. Si les formations d boulis existent, principalement en versant nord, les groupements saxicoles y sont partout presque inexistants l exception notoire de la combe de Lourmarin et des hauteurs du cours sup rieur de l Aigue Brun.

Flore et habitats naturels

Dans le grand Luberon, la biodiversit s exprime beaucoup moins dans les formations bois es (sauf dans les fonds de combes) que dans les formations des milieux ouverts. Parmi ces derni res, celles des cr tes vent es offrent un ventail tr s large dont certaines restent rares au niveau national. Tel est le cas de la formation m diterran o montagnarde Genista pulchella subsp. villarsiana (gen t de Villars). Tel est le cas galement de la formation Crepis suffreniana (cr pis de Suffren) et des pelouses rases Gagea pratensis (gag e des pr s) et Gagea bohemica (gag e de Boh me). Cette derni re formation est bien repr sent e sur les cr tes sommitales en raison d un contexte climatique fortes affinit s montagnardes du fait de l altitude. D ailleurs on y observe galement Brassica repanda subsp. saxatilis (chou tal , des rochers), autre esp ce m diterran o montagnarde, end mique du sud-est de la France et qui est ici en limite de son aire de r partition.

Dans la partie centrale de son versant nord, le grand Luberon offre une h traie localis e dans des vallons et des versants expos s aux courants humides (entre le vallon des Fayards l ouest et le Plan des Agasses l est). Si l on y rencontre tout le cort ge floristique des h traies s ches situ es en r gion m diterran enne, quelques l ments y apportent un caract re davantage montagnard comme certaines esp ces rares en r gion m diterran enne. C est encore dans cette h traie que l on peut observer Viola jordanii (violette de Jordan) aux Fayards. De plus, dans les vallons les plus encaiss s, et sur de gros blocs, s est install e la formation tilleul et rables (Tilio Acerion) que l on ne retrouvera qu au fond des gorges de la Nesque dans le Vaucluse. Toujours en versant nord, mais en pi mont, une esp ce rare, longtemps m connue, Noccaea praecox (tabouret pr coce) existe Sivergues et Saint Martin de Castillon. En revanche, Anthemis cretica subsp. gerardiana (anth mis de G rard) se maintient toujours bien et particuli rement pr s du Mourre N gre.

En versant sud, alors que certaines combes h bergent Poa flaccidula (p turin mou), que l on retrouve galement dans le versant nord, le secteur du vallon de Massel abrite toujours Delphinium fissum (pied d alouette fendu), et Asplenium scolopendrium (scolopendre) la Roche d Espeil (celle derni re esp ce s observe galement la Bastide du Bois Peypin d Aigues), alors que d autres esp ces n y ont jamais t confirm es comme Phalaris paradoxa (alpiste paradoxal). À l extr mit orientale du grand Luberon, tout pr s de la limite interd partementale, Arceuthobium gambyi (gui du gen vrier) prolonge dans le Vaucluse (pr s du ch teau de Veyron), une station qui est tr s importante dans le d partement des Alpes de Haute Provence. Dans les sites les plus x rothermophiles de ce versant, (pi mont en particulier), les rares pelouses ou clairi res des bois clairs abritent encore Gagea lacaitae (gag e de Lacaita) l entr e de la combe de Lourmarin (pr s de la combe de Chaux) et Ophrys provincialis (ophrys de Provence). C est dans un site proche (la Roche) et dans des milieux similaires que l on rencontre encore Picris pauciflora (picride pauciflore). Dans des sites qui furent sans doute jadis plus ou moins anthropis s, on pourrait encore rencontrer Satureja hortensis (sarriette des jardins), mais ses anciennes localit s de Cabri res d Aigues et de Cucuron n ont pas t retrouv es.

Faune

Le grand Luberon renferme un patrimoine faunistique d un int r t lev . Ce sont ici 49 esp ces animales patrimoniales qui ont t recens es (dont 12 d terminantes).

Le peuplement d oiseaux nicheurs est dot de nombreuses esp ces d int r t patrimonial. Il comprend la fois des esp ces foresti res, plut t d affinit m dio europ enne, et des esp ces de milieux ouverts, plut t d affinit m diterran enne : Bondr e apivore, Circa te Jean le blanc (une quinzaine de couples reproducteurs), Autour des palombes, Faucon hobereau, Grand-duc d Europe, Gu pier d Europe, Cochevis hupp , Fauvette orph e, Pie gri che corcheur, Pie gri che m ridionale, Huppe fasci e, Pipit rousseline, Alouette lulu, Bruant fou, Bruant ortolan, Bruant proyer, Monticole bleu, Pigeon colombien, Chev che d Athena, Cincle plongeur, . Les mammif res sont repr sent s par diverses chauves-souris (Grand Murin, Noctule de Leisler, Vesp re de Savi) et l herp tofaune par le L zard ocell et le P lodyte ponctu . Le site est compris dans le domaine vital de l Aigle de Bonelli qui niche proximit .

Le site abrite entre autres trois esp ces de reptiles remarquables : la Couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus), esp ce du sud de la France, de la p ninsule Ib rique et du Maghreb qui affectionne les garrigues ouvertes et les milieux karstiques bien expos s, le L zard ocell (Timon lepidus), esp ce des cosyst mes ouverts et semi-ouverts affinit m diterran enne et la Couleuvre chelons (Zamenis scalaris), esp ce distribution franco-ib rique, typique du cort ge proven al et affectionnant les milieux secs et broussailleux.

Les col opt res patrimoniaux correspondent localement aux esp ces suivantes : le Charan on Pleurodirus aequisextanus, esp ce d terminante rare et localis e de col opt res Curculionid s, end mique du Bas Languedoc, des Bouches du Rh ne, du Var et du Vaucluse et le silphide Nicrophorus investigator, esp ce remarquable n crophage distribution pal arctique mais localis e dans les zones de basse altitude, o elle a g n ralement subi une r gression significative.

Chez les papillons il convient de citer l Alexanor (Papilio alexanor), esp ce d terminante de l pidopt re, prot g e au niveau europ en, rare et dont l aire de r partition est morcel e, inf od e aux boulis et pentes rocailleuses jusqu 1700 m d altitude o cro t sa plante h te locale Ptychotis saxifraga, l Apollon (Parnassius apollo), esp ce remarquable d'affinit montagnarde, prot g e au niveau europ en, peuplant les rocailles, pelouses et boulis Crassulac es et Saxifragac es entre 500 et 2500 m d altitude, le Marbr de Lusitanie (Euchloe tagis bellezina), l pidopt re tr s localis repr sent par la sous esp ce bellezina, end mique du sud de la France et de l extr me nord-ouest de l Italie, inf od aux milieux ouverts o cro t sa plante nourrici re Iberis pinnata, l Azur du baguenaudier (Iolana iolas), esp ce m diterran enne tr s localis e, strictement inf od e la pr sence de son unique plante h te (Colutea arborescens), l'Échiquier de Russie (Melanargia russiae), esp ce remarquable de l pidopt re d'affinit steppique, localis e et dont la sous esp ce cleanthe est end mique des montagnes du nord de l'Espagne et des Alpes du sud, la Vanesse des pari taires (Polygonia egea), esp ce d terminante de papillon de jour en forte r gression, ne subsistant en France plus que dans les Alpes-Maritimes l est du fleuve Var, le Sabl de la luzerne (Polyommatus dolus dolus), esp ce d terminante de rhopaloc res ( papillons de jour ), dont la sous-esp ce dolus est end mique de Provence et peuple les ch naies claires, lisi res et pelouses o croissent ses plantes-h tes des sainfoins (Onobrychis ssp).

Notons pour les orthopt res le St nobothre cliqueteur (Stenobothrus grammicus), esp ce d terminante ib ro proven ale typique des milieux sec, arides et pierreux de l' tage montagnard m diterran en, le Grillon testac (Eugryllodes pipiens), esp ce ouest-m diterran enne dont la sous esp ce provincialis est end mique du sud de la France, qui peuple les pentes rocailleuses et pelouses s ches sur les reliefs expos s. Citons galement le Scorpion languedocien (Buthus occitanus), esp ce remarquable x ro thermophile d affinit ouest m diterran enne, peu commune et affectionnant les sols meubles voire sablonneux et la Scolopendre ceintur e (Scolopendra cingulata), imposant chilopode ( mille pattes ) limit en France la bordure m diterran enne.

Chez les h mipt res, notons la pr sence de trois punaises : Acalypta hellenica et Lasiacantha histricula, esp ces d terminantes de la famille des Tingid s, et la punaise Anoplocerus elevatus, esp ce d terminante de la famille des Cor id s, rare en France et d'affinit m diterran enne.

Chez les mollusques gast ropodes, signalons notamment l existence de la Clausilie de Provence (Clausilia rugosa provincialis), esp ce end mique du d partement du Vaucluse et de l'H licon m ridional (Corneola squamatina), escargot remarquable la distribution nigmatique, pr sent seulement au nord de l'Espagne et en France au sud d'une diagonale entre Angers et Forcalquier. En PACA, il se trouve en limite d'aire de r partition, et vit dans les fissures des vieux murs et rochers en milieux bois s humides.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type II delimite un grand ensemble naturel riche et peu modifie. C'est un inventaire ecologique sans contrainte reglementaire directe, mais pris en compte dans les schemas de planification regionale (SCOT, SRADDET). Les projets significatifs dans cette zone doivent demontrer la prise en compte du patrimoine naturel inventorie.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

12 437
ha de surface
17
communes
170
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (23)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (3)

Appellations d'origine (20)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

40 412,1 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Estives et landes 29 295,9 ha
Vignes 2 496,6 ha
Fourrage 2 116,7 ha
Autres céréales 1 090,7 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 940,1 ha
Autres cultures industrielles 916,2 ha
Orge 632 ha
Divers 532 ha
Prairies permanentes 531,1 ha
Prairies temporaires 476,8 ha

Communes (17)