L'ESTERON

ZNIEFF_II Code : 930020165

418 ha 19 communes
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Localisation

Présentation

L'ESTERON est une zone protégée de type ZNIEFF_II, couvrant 418 hectares sur 19 communes. Cette zone inclut 37 forêts publiques. Elle comprend 2 081,3 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Description de la zone L Est ron est une rivi re de 1 re cat gorie sur l ensemble de son lin aire. Elle est issue de massifs karstiques la topographie pliss e faisant partie des Pr alpes calcaires de Grasse et coule en quasi-totalit sur substrat calcaire ou marneux (calcaires, dolomies et marnes jurassiques et cr tac s, calcaires, marnes, et sables oc nes, argiles et vaporites du Trias), contrairement la plupart des autres affluents du Var. Il correspond au 3 me affluent le plus important du Var apr s la Tin e et la V subie. Long de 62 km (120 km avec ses affluents), il prend sa source vers 1 160 m d altitude sous le Mont Teillon (1 893 m) et forme un torrent m diterran en important riche en affluents. Son bassin versant occupe de faibles altitudes la fa ade m ridionale de celui du Var sur une superficie de 457 km2. Sa surface en eau couvre quant elle 53 hectares. Le relief pliss d termine pour ce cours d eau un profil en long orient est ouest tout fait caract ristique o alternent des replats et des brusques ruptures de pente. La pente moyenne de ce cours d eau est faible. Lors de ces ruptures de pente, le cours d eau franchit une s rie de plis anticlinaux en de courtes gorges appel es clues . On a recens 4 grands faci s de cours d eau sur le bassin de l Est ron : les tron ons en replats des vals perch s (haut Est ron et affluents surtout), les faci s torrentiels des gorges ou clues , les replats des parties m diane et aval du bassin, et enfin les ravins ouverts en milieu rosif des t tes de bassin. Les pentes des affluents des hauts vallons et plateaux sont faibles (inf rieures 2 %), d o les m andres que font ces ruisseaux dont le lit est bien d limit . Les fonds sont vari s mais assez fins dans l ensemble (dalles de calcaires, concr tions, tufs, graviers notamment). Les concr tionnements importants des fonds par pr cipitation du carbonate de calcium issu du substrat g ologique calcaire sont encore accentu s par la diminution artificielle des d bits dus aux pr l vements d eau pour l arrosage et l alimentation en eau potable. L coulement est tr s vari avec alternance des faci s lortiques et des faci s plus lentiques. Les eaux sont claires, plut t fra ches, bien oxyg n es et plus ou moins min ralis es, de qualit moyenne (class e 2 l aval de Saint Auban et l aval de Roquest ron) bonne (class e 1B sur le reste de son cours). Les affluents de l Est ron situ s en t te de bassin, sur substrat marneux, charrient des quantit s assez importantes de mat riaux. La diminution des d bits conjugu e l apport de mat riaux a tendance favoriser un certain r chauffement des eaux de l Est ron et de ses affluents. Au niveau des clues, les cours d eau ont creus un lit troit dans les roches calcaires ou marno calcaires, la pente peut y devenir tr s lev e (d passant 10 %) et leurs eaux restent fra ches, tr s oxyg n es mais plus ou moins claires (particules argileuses issues des marnes, apport d une forte charge min rale via les mergences karstiques). Dans sa moyenne et sa basse vall es, l Est ron pr sente un lit plus large et moins marqu , une pente assez faible (jusqu 2 % au maximum), des fonds assez diversifi s (galets, pierres et blocs calcaires et marneux envelopp s d une matrice de sablons fins) avec des d p ts importants de limons argileux, ainsi que des eaux de teinte verd tre, assez fra ches, moyennement min ralis es, moins riches en calcium et en hydrog nocarbonates qu l amont, assez claires, avec des apports karstiques. Les eaux de l Est ron et de ses affluents ont un pH alcalin oscillant entre 8 et 8,5. Elles sont globalement d excellente qualit physico chimique, surtout l amont, et on ne d c le aucune pollution d origine organique, malgr une tr s l g re augmentation des teneurs en phosphates (PO43) en fin d t . Le taux d oxyg ne dissous (O2), souvent voisin de 100 %, est caract ristique d un torrent de montagne. Les teneurs en potassium (K+), en chlorures (Cl) et en sodium (Na+) restent faibles dans l ensemble. Les taux de nitrates (NO3), de sels d azote, de sels de phosphore et de mati res en suspension (MES) sont globalement plut t faibles. La flore aquatique est riche et diversifi e dans les stations de plus faible pente (stations stables) des ruisseaux des vals perch s o elle correspond aux groupements fonticoles typiques des ruisseaux alcali m sotrophes des vals perch s de l tage montagnard des Pr alpes calcaires, ici en limite sud de leur aire de r partition, avec des mousses parfois abondantes et des herbiers d hydrophytes localement luxuriants. La v g tation aquatique s appauvrit singuli rement dans les tron ons situ s plus en aval, l o la torrentialit s accro t : on note alors la pr sence d un p riphyton diatomal peu diversifi et peu d velopp avec des communaut s saisonni res d algues rares, notamment calciphiles. Sur l ensemble du cours de l Est ron, la densit de la faune benthique est moyenne faible. La diversit en invert br s benthiques est r guli re sur le secteur du Haut Est ron mais n est pas aussi importante que ce quoi l on pouvait s attendre au regard des caract ristiques a priori favorables du milieu ; on notera ainsi l absence des pl copt res s tipalpes, qui correspondent aux insectes les plus polluo sensibles. Le peuplement local invert br aquatique correspond ici au rhithron avec des l ments inf od s aux milieux dystrophes. Ceci est peut tre d un taux non n gligeable de mati re organique dissoute et particulaire, en provenance des marais subalcalins situ s en amont. Dans la basse vall e de l Est ron, la diversit des invert br s benthiques est tout juste moyenne et le peuplement correspond l hyporhithron alpin. Sur le plan piscicole, l Est ron et ses affluents sont caract ristiques du domaine salmonicole. Les faci s de ruisseaux des plateaux sommitaux sur substrat de calcaire franc du secteur du haut Est ron en particulier offrent un excellent niveau de productivit salmonicole. En outre, l Est ron et tous ses affluents ont t class s comme cours d eau migrateurs en 1990. Sur certains affluents, les fray res se trouvent malheureusement colmat es par les mati res en suspension issues du lessivage des boues lors des orages. La v g tation riveraine locale constitue une mosa que de formations, elle est ici d une extr me diversit : celle-ci est due au relief pliss , aux diff rents contrastes d exposition, la vari t des r gimes hydrologiques et des caract ristiques physico chimiques et hydrobiologiques des eaux et la situation de carrefour biog ographique du bassin de l Est ron (o se m lent influences m diterran enne, proven ale, ligure, m dioeurop enne et alpine). Le caract re naturel et sauvage de ce cours d eau, tr s original l chelle du d partement des Alpes Maritimes, reste ainsi dans l ensemble visiblement pr serv aujourd hui. C est en effet par exemple la seule rivi re du d partement des Alpes Maritimes sur laquelle aucun barrage hydro lectrique n a encore t construit. Elle conna t cependant quelques perturbations, notamment de son r gime hydrologique et de la qualit physico chimique et hydrobiologique de ses eaux : celles-ci correspondent aux rejets domestiques directs et indirects de certaines communes, l impact des effluents des stations d puration (assez faible cependant), la surfr quentation pour le canyoning et la baignade et un tiage estival assez important qu induisent en partie les nombreux pr l vements effectu s le long de ce cours d eau et destin s l alimentation en eau potable et en eau d irrigation.

Flore et habitats naturels Dans la partie amont du bassin, l coulement faiblement courant stagnant de certains bras du cours d eau permet le d veloppement de peuplements de Renoncule feuilles capillaires (Ranunculus trichophyllus) du Ranunculion aquatilis. Ces ruisseaux calmes sont bord s par des saulaies basses Saule pourpre (Salix purpurea) et Saule trois tamines (Salix triandra). Dans la partie moyenne, l Est ron est bord par un liser arbor domin par l Aulne blanc (Alnus incana) de l Alnion incanae. Les terrasses alluviales situ es en retrait sont colonis es par des peuplements de Pin sylvestre (Pinus sylvestris). Les berges humides abritent des prairies humides Molinie bleue (Molinia. arundinacea) du Molinio arundinaceae Holoschoenion vulgaris, d velopp es en lin aire. Le lit de l Est ron s largissant et prenant un cours plus torrentiel, des plages d alluvions grossi res sont colonis es par des saulaies Saule drap (Salix eleagnos) du Salicion incanae. Le cours d eau entaille plusieurs reprises les massifs montagneux calcaires en formant des clues spectaculaires, dans lesquelles il est bord par de puissantes falaises orn es d une v g tation sp cialis e (associations du Saxifragion lingulatae) riche en end miques des Alpes sud occidentales, dont la Campanule blanch tre (Campanula albicans), la Ballote frutescente (Acanthoprasium frutescens), la Raiponce de Villars (Phyteuma villarsii). Les ripisylves de la partie aval, d affinit m diterran enne marqu e (alliance du Populion albae), sont domin es par le Peuplier blanc (Populus alba), le Peuplier noir (Populus nigra), le Saule blanc (Salix alba).

Faune Ce cours d eau h berge 18 esp ces animales patrimoniales, dont six sont d terminantes. Au niveau de l avifaune nicheuse, ou probablement nicheuse, citons la pr sence de deux esp ces d terminantes, le Faucon p lerin (Falco peregrinus), rapace nicheur au sein des habitats rupestres adjacents au lit de la rivi re et le Grand-duc d Europe (Bubo bubo), accompagn e de plusieurs esp ces remarquables comme l Aigle royal (Aquila chrysaetos), pr sent potentiellement au sein des milieux rupestres, le Circa te Jean le Blanc (Circaetus gallicus) une esp ce nicheuse probable au sein des entit s foresti res bordant la rivi re, l'Autour des palombes (Accipiter gentilis), esp ce foresti re peu commune et discr te, le Petit gravelot (Charadrius dubius), esp ce li e aux rivi res et torrents courant rapide, le Chevalier guignette (Actitis hypoleucos), esp ce pal arctique li e aux rivi res et torrents courant rapide, assez localis e et peu abondante comme nicheuse en r gion P.A.C.A., mais qui est un nicheur assez fr quent localement, notamment dans la moiti aval du cours de l Est ron, et le Cincle plongeur (Cinclus cinclus), esp ce li e aux cours d eau froids, propres et bien oxyg n s, courant plut t vif, entre 100 et 2 400 m d altitude. D autres oiseaux fr quentent le site lors de leurs d placements ou comme territoire de chasse comme le Vautour fauve (Gyps fulvus), le Tarin des aulnes (Spinus spinus), l Aigrette garzette (Egretta garzetta) ou encore le Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax). Chez les poissons, citons l Anguille d Europe (Anguilla anguilla), esp ce d terminante, le Blageon (Telestes souffia), esp ce remarquable de Cyprinid s et le Barbeau m ridional (Barbus meridionalis), esp ce remarquable et prot g e au niveau europ en, d affinit m ridionale, li e aux cours d eau clairs et bien oxyg n s d bit rapide sur substrat de graviers. Ce dernier est le seul poisson capable de vivre dans les faci s de clues et les tron ons pente soutenue sujets torrentialit et faible productivit . Les amphibiens sont repr sent s par le Sp l rpes de Strinati (Speleomantes strinatii), esp ce remarquable d'urod le end mique de l'extr mit est des Alpes-de-Haute-Provence, des Alpes-Maritimes et du nord-ouest de la Ligurie qui appr cie les affleurements rocheux humides et les cavit s (grottes, avens, etc.). Les insectes d int r t patrimonial sont quant eux repr sent s par plusieurs cort ges. Parmi les Col opt res, citons trois esp ces d terminantes, le Carabe de Solier (Carabus solieri), Carabid s prot g e en France, tr s localis e et en r gression, end mique de Provence, du sud-ouest des Alpes et de Ligurie, recherchant les h traies, ch naies, ch taigneraies et pin des humides, notamment en terrain argilo siliceux, recouvert d une paisse couche de feuilles mortes et d humus, les boulis et les pierriers entre 100 et 2 500 m d altitude, le Staphylin Metrotyphlus esteronensis, Ps laphid s end mique de Provence et le charan on Pseudomeira ochsi, Curculionid s end mique de la vall e de l Est ron, accompagn e du Bousier commun (Scarabaeus laticollis), esp ce coprophage remarquable de r partition europ enne. Quatre esp ces remarquables de l pidopt res ont galement t inventori es sur le site : l Apollon (Parnassius apollo), esp ce d'affinit montagnarde, prot g e au niveau europ en, peuplant les rocailles, pelouses et boulis Crassulac es et Saxifragac es entre 500 et 2 500 m d altitude, la Proserpine (Zerynthia rumina), esp ce d affinit ouest-m diterran enne prot g e en France, dont la chenille vit sur l Aristoloche pistoloche (Aristolochia pistolochia) dans les for ts claires et sur les coteaux pierreux, chauds et ensoleill s jusqu 1100 m d altitude, la Th cla de l'orme (Satyrium w-album), Lyc nid s d'affinit eurasiatique temp r e, localis e et peu commune, ayant fortement r gress e suite au d p rissement des ormes attaqu s par la graphiose et l Hermite (Chazara briseis), esp ce en forte r gression, li e aux milieux tr s ouverts, secs et rocailleux o croissent ses plantes-h tes, plusieurs gramin es (f tuques et brachypodes). Parmi les odonates, citons la pr sence de trois esp ces remarquables : le Calopt ryx occitan (Calopteryx xanthostoma), esp ce ouest-m diterran enne, inf od e aux rivi res eaux claires, le Cordul gastre bident (Cordulegaster bidentata), esp ce de grande taille, inf od e par sa larve aquatique aux ruisseaux des versants pentus des montagnes sud-europ ennes et la Cordulie corps fin (Oxygastra curtisii), esp ce prot g e au niveau europ en, d affinit ouest-m diterran enne, dont la larve aquatique se d veloppe au niveau du chevelu racinaire des arbres qui bordent les cours d eau de plaine et certains lacs. Enfin, signalons la pr sence d un orthopt re, le Dolichopode dauphinois (Dolichopoda azami), esp ce cavernicole end mique franco-italienne du sud-ouest des Alpes, assez r pandue, troglophile, hygrophile et lucifuge, li e aux grottes, fentes des rochers et autres recoins obscurs et humides.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type II delimite un grand ensemble naturel riche et peu modifie. C'est un inventaire ecologique sans contrainte reglementaire directe, mais pris en compte dans les schemas de planification regionale (SCOT, SRADDET). Les projets significatifs dans cette zone doivent demontrer la prise en compte du patrimoine naturel inventorie.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

418
ha de surface
19
communes
1
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (37)

Appellations d'origine (11)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

2 003,3 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Estives et landes 1 548,4 ha
Prairies permanentes 326,7 ha
Fourrage 59,2 ha
Prairies temporaires 31,1 ha
Orge 16,7 ha
Divers 15,8 ha
Blé tendre 3,1 ha
Légumes ou fleurs 0,9 ha
Groupe null 0,9 ha
Autres céréales 0,5 ha

Communes (19)