LA HAUTE VALLÉE DE LA CHARENTONNE, LA BASSE VALLÉE DE LA GUIEL

ZNIEFF_II Code : 230000225

1 590 ha 11 communes
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Localisation

Présentation

LA HAUTE VALLÉE DE LA CHARENTONNE, LA BASSE VALLÉE DE LA GUIEL est une zone protégée de type ZNIEFF_II, couvrant 1 590 hectares sur 11 communes. Elle comprend 37 621,5 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

D’une superficie de 1593 hectares, cette ZNIEFF se caractérise par la confluence de deux rivières situées au niveau de vallées étroites et présentant une mosaïque de milieux. On peut en effet noter des boisements (chênaie-charmaie, hêtraie-sapinière, tiliaie, chênaie-bétulaie) sur les pentes, quelques boisements d’aulnes ainsi qu’une belle ripisylve en bordure de rivière, des vergers de pommiers, une mégaphorbiaie et, des prairies qui sont l’élément dominant du paysage. En fonction de la nature du substrat, des conditions d'hydromorphie et de la topographie, les prairies sont mésophiles, méso-hygrophiles, voire humides. Ce gradient d’humidité, ainsi que les pratiques agricoles (fauche et pâturage, mais pas de culture), est un gage de grande diversité floristique.

Sur les zones les plus sèches, quelques plantes déterminantes sont notées. Il s’agit d’espèces xérophiles à méso-xérophiles comme Aphane méconnue ( Aphanes inexspectata), la Genistelle ailée (Genistella sagittalis) et le Saxifrage granulé (Saxifraga granulata).

Mais, c’est sans aucun doute au niveau des prairies humides que l’on observe le plus d’espèces déterminantes. De nombreuses espèces de plantes affectionnent en effet l’humidité importante des prairies où la nappe phréatique affleure. C’est le cas des espèces suivantes : l'Aconit napel (Aconitum napellus), l'Achillée sternutatoire (Achillea ptarmica), la Petite Berle (Berula erecta), la Cardamine amer (Cardamine amara), la Laîche des lièvres (Carex ovalis), la Scorsonère humble (Scorzonera humilis), la Cardère velue (Dipsacus pilosus), l'Orchis tacheté (Dactylorhiza maculata)… Un papillon, le Nacré de la sanguisorbe (Brenthis ino) est lui aussi noté. Sa présence est liée à la plante hôte indispensable à la chenille : La Reine des prés, espèce typique des bords de rivières.

Au niveau des mégaphorbiaies, quelques espèces déterminantes sont notées. Il s’agit de Sparganium emersum, Equisetum fluviatile, Galium uliginosum et de Myosotis discolor. Un papillon nocturne, Apamea ophiogramma, déterminant de ZNIEFF, est quant à lui inféodé aux roseaux et a aussi été observé.

Si la végétation de la ripisylve ne présente pas d’intérêt majeur, elle permet à deux espèces déterminantes de papillons de trouver les conditions idéales à leur développement : le Cossus gate-bois (Cossus cossus) et l'Acidalie jaunâtre (Hydrelia flammeolaria), deux espèces inféodées aux saules.

Les courants plus ou moins forts en fonction de la topographie, apportent une diversité d’habitats supplémentaires au niveau de la rivière. Quelques espèces déterminantes y trouvent refuge. On note en effet la présence de la Renoncule divariquée (Ranunculus circinatus) qui forme des tapis à la surface de l’eau et du Caloptéryx vierge (Calopteryx virgo), une libellule inféodée aux eaux courantes. La Charentonne est inscrite au sein du réseau Natura 2000 (ZSC Risle, Guiel et Charentonne) pour la présence de plusieurs espèces communautaires dont l'Écrevisse à pattes blanches (Austropomatobius pallipes), le Chabot (Cottus gobio) et la Lamproie de Planer (Lampetra planerii). Ces espèces affectionnent les cours d'eau rapides, bien oxygénés et de bonne qualité. Dans les zones de fort courant, la végétation rivulaire est peu présente. En revanche, là où le courant est faible, se développent de nombreuses espèces comme les callitriches, les lentilles d’eau et la Zanichellie des marais (Zannichellia palustris), une espèce déterminante. Le Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis), un petit grèbe déterminant de ZNIEFF qui vit aussi bien sur les étangs que les rivières a également été observé.

Bien que les boisements ne soient pas contigus, ils définissent un corridor écologique pour l’avifaune et sont une zone refuge de première importance pour l’ensemble de la faune, particulièrement dans un secteur très marqué par l’agriculture intensive.

Deux espèces de papillon, Selenia tetralunaria et Stegania cararia, sont déterminants. Le premier est inféodé à diverses espèces d’arbres et le second est lié à la présence des peupliers. Notons aussi la présence d’un autre lépidoptère déterminant mais inféodé aux arbres fruitiers : Gastropacha quercifolia. Sa présence ici est directement liée aux vergers encore bien présents sur les pentes.

La présence de la rivière, de la ripisylve, de boisements humides, d’un étang et de mégaphorbiaies, sont très favorables à de nombreuses espèces animales : poissons, odonates et oiseaux d’eau et cet ensemble joue un rôle fonctionnel fondamental de refuge et de corridor écologique.

La mise en culture, le drainage, l’augmentation des plantations de peupliers sont les principales menaces qui pèsent sur la zone

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type II delimite un grand ensemble naturel riche et peu modifie. C'est un inventaire ecologique sans contrainte reglementaire directe, mais pris en compte dans les schemas de planification regionale (SCOT, SRADDET). Les projets significatifs dans cette zone doivent demontrer la prise en compte du patrimoine naturel inventorie.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

1 590
ha de surface
11
communes
184
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Appellations d'origine (15)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

35 542 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 10 652,2 ha
Blé tendre 10 450,1 ha
Colza 4 508 ha
Maïs grain et ensilage 4 003,6 ha
Orge 3 065,4 ha
Plantes à fibres 1 209,5 ha
Prairies temporaires 555,3 ha
Protéagineux 343,2 ha
Autres céréales 248,9 ha
Fourrage 173,1 ha

Communes (11)