LARRIS DE LA VALLÉE DE LA SOMME ENTRE LONGPRÉ-LES-CORPS-SAINTS ET LIERCOURT

ZNIEFF_I Code : 220013932

272 ha 4 communes
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Localisation

Présentation

LARRIS DE LA VALLÉE DE LA SOMME ENTRE LONGPRÉ-LES-CORPS-SAINTS ET LIERCOURT est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 272 hectares sur 4 communes. Elle comprend 10 125,2 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

DESCRIPTION

Les larris de la vallée de la Somme, entre Longpré-les-Corps-Saints et Liercourt s'inscrivent dans la craie blanche à silex du Turonien, du Coniacien et du Santonien. Le site comprend une série de vallées sèches orientées perpendiculairement à la vallée de la Somme : la « Vallée du Câtelet », la « Vallée Marinette », la « Vallée de l'Eglise », la « Vallée de Bernival » et la « Vallée de Sorel ». Les versants sont soit exposés au nord lorsqu'ils correspondent au contrefort de la vallée de la Somme, soit exposés à l'est et à l'ouest, lorsqu'il s'agit des versants des vallées sèches attenantes à la Somme.

Des milieux diversifiés occupent les coteaux. On y rencontre des pelouses calcicoles (Mesobromion), notamment sur le versant de la vallée de la Somme, au Câtelet et entre Fontaine-sur-Somme et Liercourt, dans la « Vallée du Câtelet » (versant ouest), la « Vallée Marinette » (versant est) et la « Vallée de Sorel » (versant est) ; des ourlets calcicoles (Trifolion medii) ; des hêtraies thermocalcicoles (Cephalanthero-Fagion sylvaticae) ; des hêtraies neutrophiles à Aspérule odorante (Querco-Fagion) ; des chênaies-charmaies (Carpinion betuli) ; des frênaies-érablières de pente ; des prairies mésophiles pâturées (Cynosurion cristati) ; des haies disposées en rideaux et des vergers.

Des fourrés à Genévriers communs (Juniperus communis) sont disposés en voile sur les pelouses calcicoles. Ces arbustes témoignent de pratiques pastorales ancestrales qui étaient mises en œuvre sur les coteaux. Aujourd'hui, quelques espaces pelousaires sont maintenus ras grâce à l'activité des Lapins de garenne. Certains facies sont favorisés par ces activités cuniculigènes, notamment les banquettes à Hélianthème nummulaire (Helianthemum nummularium). Des éboulis crayeux s'observent çà et là.

Quelques carrières, où sont parfois déposés des déchets, entament la base des coteaux. Des plantations de résineux et de feuillus (frênes notamment) sont réalisées sur certains larris. Quelques secteurs en pente douce ont été mis en culture ou en jachère.

INTERET DES MILIEUX

Plusieurs milieux sont d'intérêt européen et inscrits, à ce titre, à la directive "Habitats" :

- les pelouses calcicoles relevant de l'Avenulo pratensis-Festucetum lemanii, groupement végétal rare et menacé en Picardie par la disparition de l'élevage ovin, qui permettait d'entretenir ces milieux herbacés ;

- les fourrés à Genévriers communs (Juniperus communis) ;

- les hêtraies thermophiles du Cephalanthero-Fagion, très rare en Picardie et observées habituellement, pour le département de la Somme, au niveau de l'îlot thermophile Sud-Amiénois.

- les hêtraies neutrophiles à Aspérule.

Ces milieux, ainsi que les lisières, ourlets et fourrés de recolonisation, hébergent une flore et une faune remarquables.

INTERET DES ESPECES

Pour la flore, signalons la présence d'une bonne diversité d'orchidées calcicoles, assez rares en Picardie : la Néottie nid-d'oiseau (Neottia nidus-avis), la Céphalanthère à grandes fleurs (Cephalanthera damasonium), l'Orchis mâle (Orchis mascula) et l'Orchis militaire (Orchis militaris).

Citons également le Bunium noix-de-terre (Bunium bulbocastanum), espèce qui apprécie les pelouses en voie d'ourléification ; la Pulsatille commune (Pulsatilla vulgaris), espèce thermophile qui atteint sa limite septentrionale de répartition en France dans la Somme et le Polygala chevelu (Polygala comosa*), espèce rare en Picardie.

Pour la faune, notons la présence de quelques lépidoptères remarquables, inféodés aux pelouses rases : le Fluoré (Colias australis) et l'Argus bleu-nacré (Polyommatus coridon).

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

- L'abandon du pâturage ovin sur les larris conduit à une densification progressive du tapis végétal. Les espèces héliophiles remarquables tendent à régresser aux dépens de graminées sociales et d'arbustes de moindre intérêt écologique.

- La plantation de résineux concourt à accentuer le phénomène de fermeture des milieux et à réduire l'intérêt patrimonial du site.

- L'utilisation des engrais sur les cultures du plateau détériore la végétation oligotrophe des pelouses.

- Certaines parcelles ont été transformées en cultures.

- Le larris de la « Vallée Sorel » a récemment fait l'objet de brûlis.

N.B. : les espèces végétales dont le nom est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

272
ha de surface
4
communes
29
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (8)

Sites du Conservatoire du littoral (1)

Appellations d'origine (2)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

10 003,7 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Blé tendre 3 099,5 ha
Prairies permanentes 1 930,3 ha
Orge 1 220,7 ha
Colza 740,9 ha
Maïs grain et ensilage 627 ha
Fourrage 480,6 ha
Autres cultures industrielles 421,4 ha
Légumes ou fleurs 357,3 ha
Protéagineux 308,6 ha
Autres céréales 231,2 ha

Communes (4)