Localisation
Présentation
LARRIS DE MOLLIENS-DREUIL ET DE SAINT-AUBIN-MONTENOY ET CAVITÉ SOUTERRAINE est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 130 hectares sur 3 communes. Elle comprend 2 906,4 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
DESCRIPTION
De Molliens-Dreuil à Montenoy, s'étire un vaste coteau s'inscrivant dans la craie du Coniacien et du Santonien. Ce versant exposé à l'ouest porte les milieux suivants :
- dans la partie sud du site, et ponctuellement sur le reste du site, se maintiennent des pelouses calcicoles (Mesobromion erecti) en partie maintenues rases (Avenulo pratensis-Festucetum lemanii subass. polygaletosum calcarae) par l'activité des lapins (grattis, broutage). Cependant, ces pelouses sont en voie de densification végétale (Centaureo nemoralis-Origanetum vulgaris, avec parfois des faciès de brachypodiaies denses) et d'embroussaillement (Rubo-Prunetum mahaleb laburnetosum). La présence importante de fourrés à Genévriers communs (Juniperus communis) témoigne de l'utilisation ancienne d'un pâturage ovin extensif (parcours à moutons). Quelques éboulis crayeux mobiles sont également représentés.
- des hêtraies du Daphno-Fagetum occupent certains secteurs du versant, notamment dans la partie centrale du site.
- des plantations de résineux ont remplacé sur plusieurs zones les végétations forestières originelles (partie nord et partie sud du site) et marquent désormais le paysage.
- Quelques prairies, un verger, des rideaux (talus herbeux, parfois boisés) sont présents de manière ponctuelle.
- Une cavité souterraine, correspondant à une ancienne carrière de craie et comprenant trois grandes salles reliées entre elles par des couloirs étroits, permet l'accueil de chiroptères en hivernage.
INTERET DES MILIEUX
Plusieurs milieux représentés sur le site correspondent à des groupements végétaux relevant de la directive "Habitats" de l'Union Européenne :
- les pelouses calcicoles à orchidées se rattachent à l'Avenulo pratensis-Festucetum lemanii subass. polygaletosum calcarae, groupement végétal rare et menacé en Picardie,
- les fourrés à Genévriers communs (Juniperus communis) en voile sur pelouses calcicoles subatlantiques,
- les hêtraies du Daphno-Fagetum sylvaticae.
De manière globale, les pelouses présentent une flore thermophile remarquable.
Par ailleurs, la cavité souterraine correspond à un site d'hibernation important pour les chauves-souris en terme de diversité d'espèces présentes.
INTERET DES ESPECES
Flore :
- la Phalangère rameuse (Anthericum ramosum*), espèce thermophile rare en Picardie, bien représentée sur le site,
- le Polygala chevelu (Polygala comosa*), également thermophile et rare,
- la Pulsatille commune (Pulsatilla vulgaris), espèce vulnérable en Picardie, qui se développe sur le site avec une densité remarquable à l'échelle de tout le nord de la France,
- la Globulaire ponctuée (Globularia bisnagarica),
- l'Epipactis brun rouge (Epipactis atrorubens),
- le Thésion couché (Thesium humifusum).
Faune :
La cavité souterraine héberge en hibernation deux espèces de chauves-souris inscrites à l'annexe II de la directive "Habitats" de l'Union Européenne : le Grand Murin (Myotis myotis) et le Vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus). Le Vespertilion de Natterer (Myotis nattereri), espèce rare en Picardie, hiverne également dans la cavité.
L'entomofaune présente également un intérêt remarquable avec la présence du Fluoré (Colias australis), la Zygène de Carniole (Zygaena carniolica) et le Bombyx laineux (Eriogaster lanestris), espèces en régression en Picardie
FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE
- Les pelouses calcicoles thermophiles ont tendance à se densifier et à s'embroussailler du fait de la dynamique spontanée de boisement. A terme, les espèces héliophiles remarquables inféodées aux pelouses calcicoles peuvent disparaître. Afin de maintenir le patrimoine naturel précieux des pelouses, des opérations de débroussaillement ont été réalisées sur le site.
- D'importantes plantations de résineux ont été réalisées au détriment des milieux pelousaires initiaux, faisant disparaître les cortèges d'espèces inféodées aux pelouses.
- L'utilisation d'intrants sur les cultures du haut des versants est préjudiciable à la flore calcicole en place. Les espèces oligotrophes, qui sont les plus remarquables, régressent suite à l'eutrophisation des milieux.
- Des déchets d'origine diverses sont déposés dans des anciennes carrières de craie, entraînant une dégradation paysagère et écologique.
N.B. : les espèces végétales dont le nom latin est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)
Appellations d'origine (3)
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
2 904,5 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)