LARRIS ET BOIS DE LA VALLÉE DE DOMELIERS ET DE FONTAINE

ZNIEFF_I Code : 220220003

302 ha 4 communes
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Localisation

Présentation

LARRIS ET BOIS DE LA VALLÉE DE DOMELIERS ET DE FONTAINE est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 302 hectares sur 4 communes. Elle comprend 2 863,3 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

DESCRIPTION

La vallée sèche de Domeliers et de Fontaine est inscrite dans les craies santonienne et coniacienne. Des affleurements sont visibles sur les pentes les plus raides, générant des sols rendziniformes très caillouteux. Les systèmes de haies vives en rideaux s'étirent parallèlement aux courbes de niveau, protégeant les sols de l'érosion. Les anciens parcours à moutons sur coteaux (larris) s'intercalent entre ces rideaux, ou s'étirent en bas de pente et en lisière des bois.

Les traitements des bois sont divers : futaies, souvent de reconversion, taillis sous futaie ou parfois taillis simple. Des chênaies-charmaies à Jacinthe (Endymio-Fagetum) sont présentes sur les hauts de versants plus acides, tandis que des frênaies-acéraies à Mercuriale se localisent sur les pentes nord et que des hêtraies s'étendent sur des versants plus caillouteux.

Les larris s'étirent sur les fortes pentes en lisière des bois, entre les rideaux ou en bas de versant ("Le Fort Chevron" ou au sud du "Bois de la Haie"). Les Genévriers traduisent l'activité ovine pluriséculaire sur ces anciens parcours extensifs, lesquels sont aujourd'hui en voie d'embroussaillement. Les espaces pelousaires y sont souvent envahis par les brachypodiaies, hormis quelques lisières maintenues rases par les lapins. Ces rongeurs permettent le développement des banquettes cuniculines à Hélianthème et Piloselle.

Un chapelet de petites carrières de cran émaille ces larris. Certaines de ces carrières sont anciennes et peuvent, ponctuellement, abriter une flore pelousaire, qui a pu se reconstituer sur les affleurements rocheux.

Les sols du fond de vallon, sur des colluvions, sont favorables à la prairie permanente, de même que certaines pentes fraîches. Les pâtures y sont parfois complantées de pommiers à cidre, notamment à proximité des villages, et composent ainsi un paysage caractéristique des zones cidricoles du plateau picard occidental.

INTERET DES MILIEUX

Les pelouses (à rattacher à l'Avenulo pratensis-Festucetum lemanii) sont devenues rares dans les plaines du Nord-Ouest de l'Europe et sont inscrites à la directive "Habitats" de l'Union Européenne. Elles sont menacées par la disparition de l'élevage ovin extensif et, corrélativement, les espèces qui y sont inféodées sont elles-mêmes rares et menacées.

Les hêtraies thermocalcicoles ainsi que les chênaies-charmaies à Jacinthe abritent également plusieurs espèces végétales remarquables et sont aussi inscrites à la directive "Habitats".

Les boisements et les prairies constituent des habitats pour l'avifaune forestière, dont plusieurs espèces de rapaces, qui nichent dans les bois et se nourrissent en périphérie.

INTERET DES ESPECES

Les pelouses calcaricoles abritent un cortège d'espèces végétales assez rares :

- la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum*), sur les cailloutis ;

- le Séséli du Liban (Seseli libanotis) ;

- l'Epipactis rouge foncé (Epipactis atrorubens) ;

- la Noix de terre (Bunium bulbocastanum).

L'Epiaire des Alpes (Stachys alpina) et la Daphnée lauréole (Daphne laureola) se développent sur les lisières ou dans les hêtraies thermocalcicoles.

Les bois frais et acides abritent la Laîche écartée (Carex divulsa subsp. divulsa) et la rare Cardamine à saveur piquante (Cardamine pratensis subsp. picra).

Une bryophyte rare, Southbya nigrella, se trouve sur des affleurements crayeux et possède des affinités méditerranéo-atlantiques. Rhytidium rugosum est également présent sur le site.

La faune forestière comprend plusieurs espèces inscrites à la directive "Oiseaux" de l'Union Européenne : le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus) et la Bondrée apivore (Pernis apivorus).

Un lépidoptère des pelouses est déterminant : le Fluoré (Colias australis).

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

La cessation de l'activité pastorale extensive, sur la majeure partie des larris, est suivie soit d'un embroussaillement progressif, soit d'une mise en culture ou d'une plantation des pelouses. Celles-ci perdent peu à peu leur spécificité et leur intérêt à la fois biologique et paysager.

N.B. : les espèces végétales dont le nom latin est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

302
ha de surface
4
communes
1
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Appellations d'origine (2)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

2 835,8 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Blé tendre 1 319 ha
Prairies permanentes 445,8 ha
Colza 388,4 ha
Orge 272,1 ha
Maïs grain et ensilage 169 ha
Protéagineux 79,5 ha
Autres cultures industrielles 71,4 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 31,7 ha
Fourrage 24,1 ha
Prairies temporaires 20,8 ha

Communes (4)