LE BARAQUIER, LE BREGERAT ET LE GLAIRON

ZNIEFF_I Code : 430014009

169 ha 4 communes
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Localisation

Présentation

LE BARAQUIER, LE BREGERAT ET LE GLAIRON est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 169 hectares sur 4 communes. Cette zone inclut 12 forêts publiques. Elle comprend 766,7 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

DESCRIPTION

La basse vall e de la Loue s' tend sur un lin aire d'environ 40 kilom tres d'est en ouest, entre Rennes-sur-Loue et Parcey, juste en amont de la confluence avec le Doubs. Elle est encadr e par deux plateaux bois s dont la for t de Chaux au nord. Dans cette vall e au relief peu marqu , le cours d'eau m andre sur des alluvions r centes recouvrant sables et cailloutis du Plioc ne.

Autrefois tr s diversifi , avec des chenaux et milieux annexes multiples, le lit de la Loue est actuellement chenal unique sinueux. Les nombreux am nagements subis jusque dans les ann es 1970 ont largement favoris la simplification de la mosa que fluviale. L'acc l ration de la circulation de l'eau a provoqu une incision du lit de 2 3 m tres et un abaissement de la nappe alluviale sous-jacente. Les milieux humides annexes, mortes et bras-morts, se trouvent perch s et subissent depuis un atterrissement acc l r .

Ecologiquement tr s diversifi s, plus ou moins amphibies, les milieux situ s dans le lit majeur des cours d'eau subissent des perturbations cycliques lors des crues. Ils abritent un cort ge d'esp ces strictement inf od es ces conditions, se r partissant selon le degr d'inondabilit .

Le secteur juste en amont de Parcey, b n ficiant de l'effet du barrage, reste le plus diversifi . La zone du Baraquier, du Br gerat et du Glairon comporte tout un ensemble de mortes dans un environnement de saulaie plus ou moins dense, de cultures, p tures et peupleraies. Parmi les plus int ressantes, la Morte Baraquier est connect e par l'aval de fa on temporaire et la Morte du Br gerat l'est de fa on permanente. Les habitats sont imbriqu s : ceintures d'h lophytes (renou e feuilles de patience, malachie aquatique), m gaphorbiaies (balding re faux-roseau, eupatoire chanvrine), prairies humides m sophiles et zones de lisi re plus ou moins anthropis es (saponaire officinale, petite linaire). La saulaie arborescente saule blanc, stade climacique de ces milieux inondables, et la saulaie buissonnante saule pourpre sont bien repr sent es. La v g tation des mortes est diversifi e, domin e par les renoncules aquatiques et les potamots. Quelques belles stations d'hottonie des marais, esp ce prot g e, ajoutent l'int r t floristique du site. Cinq esp ces de tritons et de grenouilles sont recens es. Sur le plan piscicole, la basse vall e de la Loue se situe dans la zone de transition entre r gions salmonicole et cyprinicole, Les annexes hydrauliques constituent des refuges en p riode de crue et des zones de fraie pour le brochet. En lien avec la diversit des milieux, l'avifaune est vari e. Les esp ces les plus remarquables sont la gorge bleue miroir, nicheur localis en Franche-Comt et l'hypola s polyglotte qui poss de ici des populations importantes au plan r gional.

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection r glementaire de l'espace n'a t mise en place. En revanche, la pr sence de plantes, d'amphibiens et de poissons prot g s conf re indirectement un statut de protection au milieu : la l gislation interdit en effet de porter atteinte aux esp ces et aux milieux qui les supportent (arr t s des 08/12/88, 22/06/92 et du 19/11/07).

OBJECTIFS DE PRESERVATION

L'ass chement des annexes entra ne une modification de l'occupation du sol, qu'elle soit " naturelle " (enfrichement) ou provoqu e (conqu te de nouveaux espaces, surtout au profit de cultures intensives ou de plantations de peupliers). Il s'ensuit notamment une baisse de biodiversit et un impact paysager. Les fonctions d'expansion des crues, de soutien du d bit en p riode d' tiage et d' puration des annexes sont r duites. De plus, la relative alt ration de la qualit de l'eau de la Loue est un facteur aggravant pour les communaut s d'invert br s et piscicoles notamment.

Prospection 2018 :

A l analyse de la flore, on constate une nette r gression des habitats les plus humides. On assiste un atterrissement et un ass chement des mortes et par voie de cons quence, une baisse importante de la biodiversit , m me si certaines esp ces patrimoniales subsistent. Le butome en ombelle (Butomus umbellatus) n a pas t revu en 2018 malgr une recherche tr s attentive. Il semble que cette esp ce aie tout bonnement disparu de l ensemble des mortes prospect es dans ce secteur de la Loue. L hottonie des marais (Hottonia palustris) a t revue l Essart Pris (un seul spot en bout de morte) et dans la morte situ e au sud de la gravi re Rougeot (une belle population, bien que moins tendue qu en 2006). La station de la gravi re Dessus n a pas t revue. La lentille trois lobes (Lemna trisulca) est pr sente, mais pas aussi r pandue qu en 2006. Cette esp ce flottante subit certainement de grandes variations de r partition l chelle d un site d une ann e l autre, en fonction des crues et de la pluviom trie annuelle La germandr e d eau (Teucrium scordium) est pr sente de fa on peu abondante toutefois en bordure de la gravi re Dessus . L nanthe fistuleuse (Œnanthe fistulosa) n a pas t revue. Deux bryophytes patrimoniales sont r guli rement pr sentes sur le tronc des saules en situation bien inondable : il s agit de Cryphaea heteromalla et d Orthotrichum pulchellum. Le bugle petit-pin (Ajuga chamaepytis) n a pas t revu. De fa on g n rale pour l ensemble des mortes prospect es, les menaces observ es sont tr s nombreuses et il y a encore fort faire pour r habiliter ce type de milieu. Certaines mortes ont t remblay es, tout a t pouss dans les mortes encore en eau, saules blancs, gravats, remblais Elles font r guli rement l objet de d p ts divers : balles de foin pourries, gravats, pneus, sanitaires r form s Elle sont toutes victimes de l eutrophisation, du fait des engrais et amendements en provenance des ruissellement issus des pr s et champs voisins. Les arbres sont souvent tr s d p rissants. Il s agit en particulier du fr ne avec la chalarose, mais ce ph nom ne s observe aussi sur les saules blancs adultes. Les conditions de vie pour ces arbres deviennent tr s difficiles. En effet, en p riode d inondation, l eau est bien l , mais en p riode d tiage, l endiguement de la Loue a provoqu l enfoncement de la nappe dans le substrat qui est souvent tr s sableux et ils se trouvent alors de plus en plus confront s des p riodes de s cheresse s v res. La nappe se trouve par endroits plus de 6 m de profondeur l heure actuelle. On peut voir, comme dans la morte de la grosse Gravi re Chissey-sur-Loue, de grandes surface de m gaphorbi es orties sous des fr nes ou m me des peupliers morts (comme en t moignent les op rations de renaturation tr s co teuses engag es sur diverses mortes). Avec l atterrissement et l ass chement, les mortes sont victimes de l envahissement du milieu par les saules, qui forment une couverture dense ne laissant plus la lumi re parvenir au sol. La v g tation herbac es sous ces saulaies est tr s pauvre. D autres mortes sont accessibles au b tail qui les pi tinent et d f quent dans la morte, provoquant alors une hypertrophie s v re. En 2018, il n tait pas rare de voir des vaches aller se rafra chir en entrant dans l eau jusqu au poitrail. Il est bien vident que ce ph nom ne est tr s pr judiciable la flore. Certaines mortes ont t d bois es, le bois br l s sur place et ont t labour es. Enfin, nous avons constat que certaines mortes taient tr s souvent visit es par une population importante de sangliers qui vont s y souiller et trouvent l un endroit paisible peu fr quent . Cependant, il retournent compl tement le fond de la morte l tiage pour y chercher de la nourriture, ce qui peut tre tr s pr judiciable certaines esp ces comme l hottonie des marais par exemple. De plus, ces milieux tamponn s sont le si ge du d veloppement parfois explosif d esp ces v g tales invasives, l eau jouant un r le de vecteur privil gi . Une politique cohérente de restauration physique doit être menée à l'échelle du bassin versant et de l'hydrosystème dans son ensemble : recréer un espace de liberté pour la Loue, assurer la pérennité des systèmes latéraux et reconquérir la qualité de l'eau. Mener une action d information aupr s des usagers de ces espaces (agriculteurs, promeneurs, p cheurs ) afin de r habiliter l image de ces milieux riches et pr venir les d gradations volontaires.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

169
ha de surface
4
communes

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (12)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (3)

Appellations d'origine (11)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

766,7 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 486 ha
Blé tendre 100,9 ha
Orge 49,8 ha
Fourrage 44,4 ha
Colza 31,1 ha
Tournesol 18,3 ha
Autres oléagineux 18 ha
Maïs grain et ensilage 8 ha
Groupe null 4,7 ha
Prairies temporaires 4,4 ha

Communes (4)