Le Marais de Villiers

ZSC Code : FR3102007

20 ha 1 communes
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Localisation

Présentation

Le Marais de Villiers est une zone protégée de type ZSC, couvrant 20 hectares sur 1 commune. Elle comprend 52,5 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Au total sur les 263 taxons floristiques observés sur le marais entre 2013 et 2021, 10 espèces sont inscrites à la liste rouge nationale dont trois sont considérées comme vulnérables au niveau français, 32 sont protégées à l’échelle régionale ou nationale et 69 sont considérées comme d’intérêt patrimonial à l’échelle des Hauts-de-France. La richesse de la flore fait du marais de Villiers l’un des principaux sites pour des espèces dont la présence est exceptionnelle dans les Hauts-de-France : le Rubanier nain (Sparganium natans), le Blysme comprimé (Blysmus compressus), la Laîche arrondie (Carex diandra) et la Laîche blonde (Carex hostiana). Concernant la faune, de nombreuses espèces sont exceptionnelles à très rares dans la région. On citera à titre d’exemple : trois espèces d’araignées (Larinia jeskovi, Mendoza canestrinii et Robertus arundineti) ou encore la Locustelle luscinioïde (Locustella luscinioides), oiseau nicheur régulier sur le site. Au total sur le marais de Villiers, 30 syntaxons ont été identifiés (données CEN et Digitale2) entre 1997 et 2022. 22 syntaxons sont d’intérêt patrimonial en Nord-Pas-de-Calais (d’après CRP/CBNBL., 2016) dont 10 ayant un statut de menace égal ou supérieur à « En danger » et 14 syntaxons dont la menace en Nord-Pas-de-Calais est supérieure à « Très rare ». Au total, les végétations patrimoniales recouvrent approximativement 60 % de la surface du site. Il faut souligner la responsabilité majeure du marais de Villiers pour la conservation de certaines de ces végétations : - Gazon amphibie à Mouron délicat et Eleocharide pauciflore (Anagallido tenellae - Eleocharitetum quinqueflorae) [DH :7230-1] : Ce gazon atlantique n’est connu en région que des marais de la plaine maritime picarde où il est dans le meilleur état de conservation, de la carrière de Dannes et de la vallée de la Somme. Dans le Laonnois, le Clermontois et la Brie, il semble qu’il soit présent sous forme très fragmentaire. Il est ainsi considéré comme très rare et en danger critique d’extinction en Nord-Pas-de-Calais et est également un habitat naturel d’intérêt majeur à l’échelle du bassin parisien (FRANCOIS., PREY. et al., 2012). On peut donc considérer la Plaine maritime picarde comme le bastion absolu de cette association (son aire de répartition va du Finistère sud à la Champagne). Dans un contexte de dégradation et de vieillissement généralisé des marais tourbeux, cette végétation apparaît comme un bon indicateur du fonctionnement des tourbières actives et traduit donc une grande qualité de l’écosystème. - La Cariçaie à Jonc à fleurs obtuses et Laîche filiforme (Junco subnodulosi - Caricetum lasiocarpae) [DH 7140-1] : ce radeau flottant de petites laîches situé dans les niveaux topographiques inférieurs, abrite de nombreuses espèces typiques des bas-marais comme le Liparis de Loesel (Liparis loeselii, Ann. II de la DHFF). L’aire de répartition de cette végétation est probablement nord-atlantique ; en France, elle pourrait s’étendre de la Normandie occidentale à la Champagne et la Bourgogne et l’Île-de-France. Elle reste toutefois extrêmement localisée du fait des conditions écologiques nécessaires à son développement. En région, les rares stations encore existantes sont localisées en Plaine maritime picarde, dans les vallées de la Somme et de l’Avre et dans les marais de la Souche. La description originale de cette association émane de la Plaine maritime picarde (Wattez, 1968). - L’Herbier à Scorpidion faux-scorpion et Utriculaire naine (Scorpidio scorpioidis – Utricularietum minoris) [DH 3160-1] : cet herbier immergé de petites plantes carnivores (utriculaires), associées à des mousses et des Characées est une végétation à caractère subatlantique boréal avec des disjonctions dans les massifs montagneux calcaires (Jura par exemple), inféodée aux eaux très riches en carbonate de calcium et pauvres en nutriments. Elle est répartie principalement dans le nord-ouest de l’Europe, mais reste toujours rare dans de nombreuses zones humides de la France non méditerranéenne. En région, cette association est considérée comme exceptionnelle car localisée dans la Plaine maritime picarde et dans la vallée de la Somme principalement. - La Prairie naturelle à Jonc subnoduleux et Choin noirâtre (Junco obtusiflori - Schoenetum nigricantis [DH 7230-1]: cette pelouse hygrophile héberge à Villiers des espèces d’intérêt patrimonial majeur (Liparis loeselii, Carex hostiana, Pedicularis palustris...). L’association possède une aire nord-atlantique centrée sur le nord-ouest du Bassin parisien. Les relevés d’Irlande sont appauvris, sans doute pour des raisons chorologiques. Les relevés de Bretagne sont légèrement appauvris, peut-être pour des raisons écologiques (le sol pourrait être moins alcalin). Vers l’est (Aisne, Champagne-Ardenne), l’association s’exprime sous une race subcontinentale (de FOUCAULT, 1984), faisant la transition avec l’Orchido palustris – Schoenetum nigricantis Oberdorfer 1957. Sa distribution a probablement beaucoup régressé en un siècle. Les communautés de la Plaine maritime picarde, globalement en bon état de conservation, doivent donc être considérées comme d’une importance majeure pour la conservation de cette association.

Le marais de Villiers, d’une surface de 20,6 hectares est constitué de deux secteurs distincts. Au nord un secteur pâturé d’environ 10 ha présentant un gradient de végétations hygrophiles ponctuées de lentilles tourbeuses éparses. Au sud, un secteur de bas-marais de même superficie où tremblants, roselières, gouilles et fossés s’entremêlent.

Cadre réglementaire

Site Natura 2000 designe au titre de la directive Habitats (92/43/CEE) pour la conservation d'habitats naturels et d'especes d'interet communautaire. Une evaluation des incidences est obligatoire pour tout projet susceptible d'affecter significativement le site (article L414-4 du Code de l'environnement). Les activites soumises figurent sur une liste nationale (R414-19) et sur les listes locales fixees par le prefet. Un Document d'Objectifs (DOCOB) definit les mesures de gestion du site.

Menaces et pressions identifiees

Incidence forte

  • Modification de la composition spécifique (succession) dans le site
  • Pollution diffuse des eaux souterraines due aux activités agricoles ou forestières autour du site
  • Pollution diffuse des eaux de surface due aux activités agricoles ou forestières autour du site
  • Modifications du fonctionnement hydrographique dans le site

Incidence moyenne

  • Fertilisation dans le site
  • Captages des eaux de surface dans le site
  • Irrigation dans le site
  • Canalisation et dérivation des eaux dans le site
  • Modifications du régime de mise en eau dans le site
  • Captage des eaux souterraines dans le site

Incidence faible

  • Site de reproduction d'oiseaux ou de gibier dans le site
  • Eutrophisation (naturelle) dans le site
  • Chasse dans le site
  • Voie ferrée, TGV dans le site
  • Canalisations (gaz, pétrole…) dans le site
  • Inondation (processus naturels) dans le site

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

20
ha de surface
1
communes

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (3)

Appellations d'origine (3)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

51,7 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 51,2 ha
Divers 0,5 ha

Communes (1)