Localisation
Présentation
LES SORGUES est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 414 hectares sur 15 communes. Cette zone inclut 5 forêts publiques. Elle comprend 6 729 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
Description de la zone
Dans sa partie centrale, le paysage de la plaine comtadine est fortement marqu par un cours d eau parmi les plus originaux de France, la Sorgue. Original car son cours, quelques kilom tres en aval de sa source ( hauteur de l Isle sur la Sorgue) se diversifie en un r seau de bras fa onn s par la main de l homme et dont on a peine suivre chacun des cheminements tant la pente est faible et l enchev trement extr me. Si bien que les quelques dizaines de kilom tres qui s parent sa source Fontaine de Vaucluse de sa confluence B darrides se transforment en plusieurs centaines de kilom tres de bras et canaux. La Sorgue s est install e probablement sur l ancien lit de la Durance, une poque o cette derni re rejoignait le Rh ne bien plus au nord qu actuellement. Mais on ne sait toujours pas si la Sorgue est un affluent de l Ouv ze ou bien si c est l inverse qui correspond la r alit . Fa onn par la main de l homme, son cours se d veloppe essentiellement dans une ancienne plaine mar cageuse (les paluds) form e principalement de limons battus qui, m me si elle a t drain e, est toujours rest e tr s humide car la nappe phr atique n est jamais tr s loign e de la surface. Original par sa source m me, qui est un site historique et g ographique embl matique. La Fontaine de Vaucluse a en effet donn son nom au d partement du Vaucluse (vallis clausae, vall e ferm e). Mais elle est surtout connue pour tre une r surgence, l une des plus importantes d Europe (21 m3/s en moyenne, avec des d bits variables, g n ralement de 4 110 m3/s) et l origine du terme g ographique de source vauclusienne. Elle est en effet l unique exutoire d un syst me aquif re tr s tendu, constitu par des terrains calcaires du Cr tac qui ont d velopp un model karstique et qui affleurent largement dans les monts de Vaucluse, vers le nord jusqu au mont Ventoux, et vers le nord est jusqu' la montagne de Lure. Cette r surgence comporte tout un r seau de diverticules (les griffons) dont les sorties les plus lev es ne fournissent de l eau qu au moment des crues. Cours d eau original enfin car c est le seul enti rement situ en r gion m diterran enne avoir un r gime identique celui des grands fleuves m dio europ ens. Son d bit est toujours puissant, et ce m me en p riode estivale, avec un tiage d un niveau soutenu et bien plus lev que celui des cours d eau m diterran ens r gime torrentiel (Aygues, Ouv ze, etc.). Ses crues n y pr sentent pas galement le caract re d vastateur qu on leur conna t sur les cours d eau m diterran ens en tresse et forte charge. De plus, sa temp rature toujours faible (pas plus de 11 /13 C sur le cours amont) et ses eaux courantes (malgr une pente presque nulle) liminent pratiquement les ph nom nes d eutrophisation en p riode estivale. À partir du moment o l eau n est plus un l ment de destruction pour la v g tation, cette derni re a pu s exprimer pleinement travers la tr s grande biodiversit des formations v g tales qui d veloppent souvent des stades matures. De plus, on y observe une stratification remarquable et compl te des formations v g tales d un cours d eau avec : les groupements herbac s hydrophytes (potamots, renoncules aquatiques, etc.) ; les groupements h lophytes ; les ripisylves qui occupent le lit majeur et dont certaines sont arriv es un stade lev de maturit ; les m gaphorbiaies ; les prairies de fauche tr s forte biodiversit (gramin es, cyp rac es et orchid es en particulier). Ce sont des formations v g tales entretenues par des pratiques agricoles. Mais l essence qui domine le long de ce corridor v g tal c est le platane qui a t plant au XIXe si cle la suite des grands d frichements qui ont pr c d la mise en culture de la plaine comtadine. Malheureusement, il est actuellement parasit par le chancre color , ce qui a pour cons quence sa disparition future. Son radication a d j et aura des cons quences paysag res significatives, sans compter les impacts possibles sur les cosyst mes. Ainsi donc, l ments m diterran ens et m dio europ ens se conjuguent pour favoriser la mise en place d une v g tation originale. La for t riveraine est bien m diterran enne, mais elle a pu voluer vers des stades matures presque toujours inexistants sur les cours d eau m diterran ens. Le r seau des Sorgues se comporte donc comme un lot biologique rivulaire au sein de la r gion m diterran enne fran aise.
Flore et habitats naturels
En raison d une eau temp rature basse pratiquement toute l ann e et d un d bit toujours soutenu, et ce m me en p riode d tiage, d importants herbiers hydrophytes ont pu se maintenir, tout particuli rement en amont de l Isle sur la Sorgue, secteur o le cours d eau n est pas encore divariqu et o le d bit est le plus important. En dehors de la formation renoncules du Ranunculion fluitantis, on y rencontre des esp ces que l on a pas l habitude d observer en r gion m diterran enne comme Potamogeton perfoliatus (potamot perfoli ). En revanche, Nuphar lutea (n nuphar jaune) cit e au XIXe si cle par M. Palun Ch teauneuf de Gadagne n a jamais t confirm e. Sur le cours aval, la fin de l t , au moment o l tiage est le plus s v re, des plages de limons apparaissent. Elles sont colonis es par la formation nitratophile petites cyp rac es du Nanocyperion, formation ph m re qui peut rester de nombreuses ann es sans r appara tre. Toutefois, d s que le contexte devient nouveau favorable, elle peut encore s exprimer la faveur du maintien de la banque de graines du sol. On peut aussi y trouver Ranunculus sceleratus (renoncule sc l rate), pr s de Saint Albergaty. Sur les berges ou en pied de berges, les formations h lophytes existent de fa on discontinue, mais on n y a plus confirm la pr sence de Sium latifolium (grande berle) que le docteur J. Gu rin citait au d but du XIXe si cle Fontaine de Vaucluse, ou encore Stachys palustris ( piaire des marais) qui existait encore il y a peu au Thor. Mais ce qui marque surtout le paysage des Sorgues, c est la for t riveraine et ce, m me si elle est relictuelle. En raison du contexte climatique et hydrologique, on est en pr sence d une ripisylve peuplier du Populetum albae qui a volu vers les stades plus matures orme et fr ne oxyphylle du Fraxino angustifoliae Ulmenion minoris (avec un faci s aulne glutineux). Et on y observe m me, en aval du Thor, une ch naie ormaie ch ne p doncul , stade ultime d une dynamique qui rapproche cette formation de celles qui s observent sur les grands fleuves m dio europ ens. Toutefois, leur biodiversit y est plus r duite. En particulier on n y retrouve pratiquement pas les esp ces de ces derniers l exception d Ophioglossum vulgatum (langue de serpent vulgaire) Fontaine de Vaucluse, Isle sur la Sorgue et Entraigues sur la Sorgue. Au del du corridor v g tal, quelques zones prairiales subsistent, en mosa que avec de vastes ensembles vou s l agriculture intensive. Celles du quartier des Herbages Entraigues sur la Sorgue sont exceptionnelles. Elles se pr sentent sous forme d un r seau de petites parcelles s par es par des haies et des roubines, dans un contexte o la ripisylve est encore tr s pr sente. La nappe phr atique tr s lev e conf re ce site un caract re presque mar cageux. Aussi, les esp ces qui arrivent s y maintenir sont toujours tr s rares comme Achillea ptarmica (herbe ternuer), Trifolium patens (tr fle tal ), Anacamptis palustris (orchis des marais) et Anacamptis laxiflora (orchis fleurs l ches). Cette derni re esp ce tait sans doute jadis plus fr quente puisqu elle tait cit e par J. Gu rin, au d but du XIXe si cle, la Fontaine de Vaucluse, comme d ailleurs Gratiola officinalis (gratiole officinale). On y rencontre galement des formations prairiales primitives du Thalictro flavi Althaetum officinalis. Dans les roubines, la pr sence de Zannichellia palustris subsp. pedicellata (zannichellie des marais, p doncul e) est confirmer.
Faune
Cette zone poss de un peuplement faunistique d un int r t lev . Vingt six esp ces animales patrimoniales dont 7 esp ces d terminantes sont pr sentes ici. Ces esp ces forment un cort ge extr mement riche, complet, diversifi et int ressant comprenant la fois des esp ces foresti res, des esp ces de milieux ouverts et des esp ces li es aux milieux aquatiques et rivulaires. Parmi les Mammif res, citons le Castor d Europe et la Loutre d Europe, le Vespertilion oreilles chancr es et la Noctule de Leisler. L avifaune nicheuse abrite quantit d esp ces patrimoniales : le Rollier d Europe, l Aigrette garzette, le Bihoreau gris, , la Bondr e apivore, le Petit duc scops, la Chev che d Ath na ou Chouette Chev che, le Martin p cheur d Europe, le Gu pier d Europe, la Huppe fasci e, le Pic peichette, le Cincle plongeur, le Gobemouche gris, le Bruant proyer. Les Amphibiens locaux h bergent notamment le Triton palm et le P lodyte ponctu . Les Poissons sont repr sent es par des esp ces rares et extr mement localis es en r gion Provence Alpes C te d Azur comme, la Lamproie de Planer (une de ses deux stations proven ales) et l Ombre commun, ainsi que des esp ces plus classiques mais encore int ressantes telles que le Blageon, la Bouvi re, le Toxostome et l Anguille d Europe. Quatre esp ces patrimoniales d arthropodes sont signaler sur ce site : l'Acinope grosse t te (Acinopus megacephalus), esp ce d terminante de col opt res Carabidae appr ciant les milieux mar cageux en zone m diterran enne, le Symp trum d prim (Sympetrum depressiusculum), esp ce d terminante de libellule, rare et en r gression, dont la larve aquatique est inf od e aux pi ces d eau temporaires ou niveau fluctuant, l'Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale), esp ce remarquable d odonates, prot g e en France, qui affectionne les coulements modestes eaux courantes claires, ensoleill es et peupl es d'hydrophytes et le Cloporte Trichoniscus darwini, esp ce d altitude moyenne propre aux Pr alpes fran aises et au Jura m ridional.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (5)
- Forêt Communale de Cabrières-d'Avignon publique
- Forêt Communale de Gordes publique
- Forêt Communale de Lagnes publique
- Forêt Communale de le-Beaucet publique
- Forêt Communale de Saumane de Vaucluse publique
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (2)
Appellations d'origine (25)
- Agneau de Sisteron IGP
- Cerises des coteaux du Ventoux IGP
- Châteauneuf-du-Pape AOC
- Coteaux du Pont du Gard IGP
- Côtes du Rhône AOC
- Côtes du Rhône Villages AOC
- Eau-de-vie de vin des Côtes du Rhône ou Fine des Côtes du Rhône IG
- Gard IGP
- Huile d'olive de Provence AOC
- Lirac AOC
- Luberon AOC
- Marc de Provence ou Eau-de-vie de marc de Provence IG
- Marc des Côtes du Rhône ou Eau-de-vie de marc des Côtes du Rhône IG
- Méditerranée IGP
- Melon de Cavaillon IGP
- Miel de Provence IGP
- Muscat du Ventoux AOC
- Pays d'Oc IGP
- Tavel AOC
- Terres du Midi IGP
- Thym de Provence IGP
- Vacqueyras AOC
- Vaucluse IGP
- Ventoux AOC
- Volailles du Languedoc IGP
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
5 708,6 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)