MARAIS DE LA VALLÉE DE L'HALLUE ENTRE MONTIGNY-SUR-L'HALLUE ET BUSSY-LÈS-DAOURS

ZNIEFF_I Code : 220320025

197 ha 8 communes
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Localisation

Présentation

MARAIS DE LA VALLÉE DE L'HALLUE ENTRE MONTIGNY-SUR-L'HALLUE ET BUSSY-LÈS-DAOURS est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 197 hectares sur 8 communes. Elle comprend 946 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

DESCRIPTION

Le tronçon de la vallée de l'Hallue, compris entre Montigny-sur-l'Hallue et Bussy-les-Daours, comprend un important complexe de mares, d'étangs et de marais entrecoupé de peupleraies. Les mares et les étangs hébergent d'importantes végétations aquatiques et amphibies (Hydrocharition morsus-ranae, Nymphaeion albae, Potamion pectinati, Ranunculion aquatilis, Nasturtion officinalis, Charetalia hispidae ponctuel).

Les roselières (Phragmition australis), les prairies humides (Mentho-Juncion inflexi) et les cariçaies (Caricion elatae) occupent des espaces restreints sur le site. Les peupleraies, les boisements humides (Salicion cinerae, Alnion glutinosae) et les mégaphorbiaies (Thalictro-Filipendulion, Convolvulion) ont progressivement remplacé les milieux ouverts et humides initiaux.

Une des particularités de la vallée de l'Hallue concerne la présence de "puits tournants". Le jaillissement de sources (plus de 250) a, en effet, creusé le sol calcaire et créé des sortes de puits profonds où l'eau acquiert une teinte bleue, grâce à des phénomènes de réfraction et d'absorption chromatiques sélectives. La source la plus importante a 5,5 mètres de profondeur et 6 mètres de diamètre moyen (Fréchencourt).

INTERET DES MILIEUX

Plusieurs types de végétations aquatiques et amphibies sont rares et en régression en Picardie. En particulier, les herbiers à Characées sont inscrits à la directive "Habitats" de l'Union Européenne.

De manière globale, les secteurs marécageux hébergent plusieurs espèces remarquables pour la Picardie, concernant essentiellement l'avifaune et la flore aquatique.

INTERET DES ESPECES

Flore :

Signalons la présence de la Renoncule langue (Ranunculus lingua*), espèce rare et menacée en Picardie, ainsi qu'au niveau national.

Les autres espèces remarquables observées sont essentiellement des espèces aquatiques ou amphibies : le Potamot capillaire (Potamogeton trichoides), le Potamot de Berchtold (Potamogeton berchtoldii), le Myriophylle verticillé (Myriophyllum verticillatum), la Pesse commune (Hippuris vulgaris), le Vulpin fauve (Alopecurus aequalis), l'Hottonie des marais (Hottonia palustris) et la Morrène aquatique (Hydrocharis morsus-ranae).

Faune :

L'avifaune nicheuse du site est particulièrement remarquable avec :

- le Blongios nain (Ixobrychus minutus), espèce inscrite à la directive "Oiseaux" de l'Union Européenne, en danger en Picardie, tout comme au niveau national. Cette espèce affectionne les lisières de roselières en bordure d'étangs, ponctués de saules ;

- le Busard des roseaux (Circus aeruginosus) et le Martin-pêcheur (Alcedo atthis), espèces inscrites à la directive "Oiseaux".

Plusieurs nicheurs assez rares en Picardie ont été observés : le Cygne tuberculé (Cygnus olor), le Faucon hobereau (Falco subbuteo), le Râle d'eau (Rallus aquaticus) et la Grive litorne (Turdus pilaris).

Pour l'entomofaune, signalons la présence de l'Aeschne isocèle (Aeshna isosceles), espèce très rare en Picardie. Les odonates apparaissent relativement diversifiés et abondants.

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

- Les plantations importantes de peupleraies sont préjudiciables au patrimoine naturel de la zone. Elles entraînent un assèchement des marais, une fermeture des milieux et, globalement, une banalisation écologique du site.

- Les pollutions d'origines diverses (agriculture, campings ...) entraînent une eutrophisation des milieux et une dégradation de la qualité des eaux. La présence de plusieurs campings se traduit par une fréquentation estivale importante (« Marais du Houillon » et « Marais de Querrieu »), susceptible de nuire à la tranquillité de l'avifaune nicheuse.

- Certains secteurs non entretenus sont progressivement envahis par des fourrés de Saules cendrés.

- L'aménagement de certaines mares est défavorable d'un point de vue écologique : berges abruptes avec régalage des boues pour les consolider. Des pentes douces (inférieures à 10 degrés) seraient plus adaptées.

N.B. : les espèces végétales dont le nom latin est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

197
ha de surface
8
communes

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)

Appellations d'origine (1)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

928,6 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 487,3 ha
Blé tendre 156,6 ha
Prairies temporaires 56,8 ha
Colza 53,1 ha
Autres cultures industrielles 50,1 ha
Légumes ou fleurs 44,1 ha
Orge 33,5 ha
Maïs grain et ensilage 13,9 ha
Autres oléagineux 7,3 ha
Protéagineux 6 ha

Communes (8)