Marais de Serques à Saint Martin-au Laert

ZNIEFF_I Code : 310013356

554 ha 5 communes
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Localisation

Présentation

Marais de Serques à Saint Martin-au Laert est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 554 hectares sur 5 communes. Elle comprend 2 245,5 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Ce site, correspondant au marais ouest audomarois, a la particularité d'être un marais habité et faisant l'objet d'une pression touristique très forte. Il présente des terres entourées d'un important réseau de watergangs ; certaines sont d'ailleurs de véritables îles, peu concernées par le maraîchage intensif, mais principalement occupées par des prairies parsemées de bosquets ou d'alignements de saules têtards, voire plantées de peupliers, ou encore à vocation récréative. Au niveau écologique, l'alimentation en eau calcaire de relativement bonne qualité provenant des collines d'Artois permet le développement d'une flore et d'une végétation aquatiques exceptionnelles au niveau régional, voire national. L'eau de cette nappe est d'ailleurs abondamment utilisée pour l'alimentation en eau potable, ce qui n'est pas sans poser certains problèmes écologiques. Parmi les différentes végétations présentes sur le site, 23 sont déterminantes de ZNIEFF. Les plus remarquables sont liées aux milieux aquatiques : Herbier à Potamot perfolié et Renoncule en crosse (Potamo perfoliati - Ranunculetum circinati), qui renferme un important cortège d'espèces végétales aquatiques enracinées, dont certaines rarissimes en région, voire en France ; Herbier flottant à Stratiote faux-aloès et Morrène aquatique (Lemno - Hydrocharitetum morsus-ranae) ; Voile aquatique à Utriculaire commune et Lenticule mineure [Lemno minoris - Utricularietum vulgaris] ; Communauté basale amphibie à Éléocharide épingle (Littorelletea uniflorae) D'un point de vue floristique, une quarantaine d’espèces déterminantes de ZNIEFF y a été observée depuis 1990, dont 18 sont protégées en région Nord – Pas de Calais. Parmi les plus intéressantes nous pouvons citer : le Potamot de Fries (Potamogeton friesii), le Potamot des Alpes (Potamogeton alpinus – seule station régionale), le Potamot à feuilles obtuses (Potamogeton obtusifolius), l'Oenanthe fluviatile (Oenanthe fluviatilis), l'Éléocharide épingle (Eleocharis acicularis), le Callitriche occidental (Callitriche truncata subsp. occidentalis)… À cette liste s'ajoute une espèce originale en France, protégée en région Nord Pas-de-Calais et pour laquelle le marais audomarois (où elle est naturalisée de longue date) constitue l'un des derniers bastions : le Stratiote faux-aloès (Stratiotes aloides). Le site héberge également une des deux populations régionales de Galeopsis speciosa, espèce rare en France. Cependant de nombreuses menaces pèsent sur ce site : une pression touristique grandissante, le passage à une agriculture plus intensive menaçant directement la pérennité de certaines prairies, les volumes de pompages d'eau potable toujours plus importants, ainsi que de nouveaux projets de station de pompage. La quantité d'eau alimentant le marais, ainsi que sa qualité, sont essentielles pour la pérennité de l'intérêt patrimonial de ce site. Par ailleurs, ce site bénéficie déjà d'une certaine connaissance de son patrimoine naturel sur les parties publiques. Or, les nombreuses propriétés et watergangs privés qui le composent, dont certains très difficilement accessibles, abritent également de nombreux éléments patrimoniaux, dont la conservation peut être menacée lors d'aménagements inadaptés (creusement de plans d'eau, remblaiement de fossé…). Des prospections complémentaires sur les terrains privés permettraient d'affiner cette connaissance et d'éviter d'éventuelles nouvelles pertes pour la biodiversité régionale. La mosaïque d’habitats humides complémentaires et la densité du réseau de canaux et de fossés est à l’origine de la diversité avifaunistique de ce site, qui abrite sept espèces déterminantes typiques de ces milieux ; toutes sont nicheuses certaines sur le site. Le Blongios nain est inféodé aux roselières, inondées et colonisées par des buissons. Inscrit à l’Annexe I de la Directive Oiseaux, il est classé quasi-menacé dans la Liste rouge nationale (UICN France et al., 2008). Au niveau régional, elle est assez rare et en danger (TOMBAL [coord.], 1996). La population observée sur cette ZNIEFF fait partie de la population du marais audomarois qui est la première population en terme d'effectifs dans la région (GODIN, 2010). Le Busard des roseaux est vulnérable à l’échelle nationale (UICN France et al., 2008), il est en déclin dans la région (TOMBAL [coord.], 1996). L’espèce, inscrite à l’Annexe I de la Directive Oiseaux, niche traditionnellement dans des roselières mais elle niche également dans des champs cultivés d’où le nombre conséquent de nids dans les secteurs agricoles des plateaux. Les trois noyaux de la population régionale sont situés en Flandre maritime, au niveau du Complexe Scarpe-Sensée-Escaut-Marque et au sud de la Plaine maritime picarde (TOMBAL [coord.], 1996). La Gorgebleue à miroir, inscrite à l’Annexe I de la Directive Oiseaux, fréquente les roselières et les mégaphorbiaies, avec une composante boisée plus ou moins importante, tout comme la Bouscarle de Cetti (GODIN, 2003). Le Canard chipeau, inscrit en Annexe II de la Directive Oiseaux, fréquente des habitats diversifiés : plans d’eau profonds, marais à végétation abondante, prairies inondées et rivières et fleuves à débit lent. Ce canard niche en région depuis 1981, avec un nombre de nidifications assez faible au moins jusqu’en 1995 (TOMBAL [coord.], 1996). La Couleuvre à collier, également présente sur le site, est peu commune dans le Nord – Pas-de-Calais (GODIN, 2003).

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

554
ha de surface
5
communes
15
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)

Sites du Conservatoire du littoral (1)

Appellations d'origine (3)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

2 048,5 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 1 388,4 ha
Légumes ou fleurs 219,2 ha
Blé tendre 138,2 ha
Maïs grain et ensilage 100,6 ha
Prairies temporaires 89,1 ha
Autres cultures industrielles 33,5 ha
Divers 23,2 ha
Estives et landes 14,3 ha
Fourrage 12,5 ha
Plantes à fibres 11,7 ha

Communes (5)