Localisation
Présentation
MARAIS DES VALLÉES DE L'AVRE ET DES TROIS DOMS ENTRE GRATIBUS ET MOREUIL, LARRIS DE GENONVILLE À MOREUIL est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 591 hectares sur 9 communes. Cette zone inclut 1 forêt publique. Elle comprend 3 281,4 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
DESCRIPTION
Entre Gratibus et Moreuil, s'étend un vaste ensemble de zones marécageuses, plus ou moins tourbeuses, occupant une portion de la vallée des Trois-Doms (Gratibus à Hargicourt) et de la vallée de l'Avre (jusqu'à Moreuil).
Les marais présentent une importante diversité d'habitats aquatiques, amphibies et hygrophiles, grâce à l'important réseau d'étangs, de roselières, de cariçaies, de tremblants tourbeux, de mégaphorbiaies et de boisements humides. Les habitats représentés sont les suivants :
- herbiers pionniers à Characées (Charion asperae) ;
- herbiers flottants du Lemnion gibbae ;
- herbiers flottants de l'Hydrocharition morsus-ranae (Utricularietum australis) ;
- herbiers à Rubanier nain (Sparganium natans*), du Scorpidio scorpidioidis-Utricularion minoris (Sparganietum minimi) ;
- herbiers à Nénuphars du Nymphaeion albae (Myriophyllo verticillati-Nupharetum luteae, Nymphaetum occidentalis) ;
- herbiers submergés du Potamion pectinati (Potametum colorati) ;
- herbiers du Ranunculion aquatilis (herbiers semi-sciaphiles de l'Hottonietum palustris) ;
- herbiers à Sagittaire (groupement à Sagittaria sagittifolia) ;
- banquettes amphibies du Cyperion flavescentis-fusci à Cyperus fuscus ;
- tremblants tourbeux pionniers à Thélyptéride des marais (Thelypteris palustris) ;
- diverses cariçaies rivulaires (Caricetum ripario-acutiformis, Caricetum paniculatae, Caricetum pseudocyperi) ;
- roselières tourbeuses du Caricion rostratae (Thelypterido palustris-Phragmitetum australis) ;
- roselières du Phragmition ;
- bas-marais alcalins de l'Hydrocotylo-Schoenion ;
- prairies humides oligotrophes du Molinion (Selino carvifoliae-Juncetum subnodulosi) ;
- mégaphorbiaies turficoles du Thalictro flavi-Filipendulion ulmariae ;
- mégaphorbiaies eutrophes du Calystegion sepium ;
- tourbières à Sphaignes subacidiclines ;
- saulaies-aulnaies tourbeuses de l'Alnion glutinosae.
Les nombreux étangs, qui couvrent le site, sont issus soit de l'exploitation ancienne de la tourbe, soit de la création de plans d'eau à des fins de loisirs (chasse, pêche ...). La partie amont du site, au niveau de la vallée des Trois-Doms, possède de nombreux petits étangs de pêche, parfois fortement artificialisés. La portion du site sur la vallée de l'Avre apparaît plus sauvage et comprend davantage de roselières. La structure de végétation est particulièrement favorable à l'avifaune paludicole.
Par places, des plantations de peupliers remplacent les végétations marécageuses originelles.
Au nord de la D 935, le coteau de Genonville abrite, sur ses pentes les plus fortes, une pelouse calcicole (Avenulo pratensis-Festucetum lemanii) maintenue rase grâce à l'activité des lapins (grattis, broutage).
INTERET DES MILIEUX
Le site présente globalement un intérêt remarquable, de niveau régional à européen, pour les milieux, la flore et la faune qu'il abrite.
Plusieurs milieux relèvent de la directive "Habitats" de l'Union Européenne :
- les herbiers du Charion asperae, de l'Hottonietum palustris, du Potametum colorati, de l'Hydrocharetum morsus-ranae, du Lemno trisulcae-Utricularietum vulgaris ;
- les végétations amphibies du Cyperion flavescentis-fusci ;
- les prairies humides du Selino-Juncetum ;
- les bas-marais tourbeux alcalins de l'Hydrocotylo-Schoenion ;
- les roselières tourbeuses du Thelypterido-Phragmitetum ;
- les mégaphorbiaies du Thalictro-Filipendulion ;
- les boisements hygrophiles de l'Alnion glutinosae (Filipendulo ulmariae-Alnetum) ;
- les pelouses calcicoles de l'Avenulo pratensis-Festucetum lemanii.
De manière générale, le site héberge une grande diversité d'habitats aquatiques, amphibies et hygrophiles, remarquables pour la région. Les roselières permettent la reproduction d'espèces animales rares.
INTERET DES ESPECES
Flore :
Plusieurs espèces légalement protégées ont été observées :
- le Mouron délicat (Anagallis tenella*), présent sur les rives exondées ;
- le Potamot coloré (Potamogeton coloratus*), qui apprécie les eaux claires peu profondes des tourbières alcalines ;
- la Renoncule langue (Ranunculus lingua*), qui croît dans les roselières tourbeuses ;
- le Rubanier nain (Sparganium natans*), rare en Picardie ;
- l'Utriculaire naine (Utricularia minor*), exceptionnelle en Picardie ;
- l'Utriculaire commune (Utricularia vulgaris*), exceptionnelle et en danger en Picardie ;
- le Pigamon mineur (Thalictrum minus*), qui se développe sur le larris.
De nombreuses autres plantes remarquables sont également présentes, parmi lesquelles le Pigamon jaune (Thalictrum flavum), la Laîche à fruits écailleux (Carex lepidocarpa), le Cladion marisque (Cladium mariscus), le Souchet brun (Cyperus fuscus), la Thélyptéride des marais (Thelypteris palustris), l'Hottonie des marais (Hottonia palustris), la Morrène aquatique (Hydrocharis morsus-ranae),....
On note également la présence de plusieurs espèces de sphaignes : Sphagnum fimbriatum, Sphagnum squarrosum et Sphagnum capillifolium.
Faune :
Pour l'avifaune, signalons la nidification de plusieurs espèces inscrites à la directive "Oiseaux" de l'Union Européenne : le Martin-pêcheur (Alcedo atthis), le Busard des roseaux (Circus aeruginosus), la Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica) et le Blongios nain (Ixobrychus minutus), menacé au niveau national.
Plusieurs nicheurs assez rares en Picardie sont présents : le Faucon hobereau (Falco subbuteo), le Râle d'eau (Rallus aquaticus) et la Bouscarle de Cetti (Cettia cetti).
La faune odonatologique comprend l'Agrion délicat (Ceriagrion tenellum), rare en Picardie ; l'Orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens), exceptionnel en Picardie, et l'Agrion joli (Coenagrion pulchellum).
Les lépidoptères ne sont pas en reste avec, notamment, le Mercure (Arethusana arethusa), qui se trouve ici dans une des dernières zones de Picardie où il survit, l'Aspilate ochracée (Aspitates gilvaria), la Funèbre (Tyta luctuosa) et la Zygène du lotier (Zygena loti).
FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE
- Le « Marais de la Grande Anse » (marais communal de Moreuil) est classé en Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope.
- La dégradation de la qualité des eaux limite le développement de plantes remarquables et nuit à la faune piscicole.
- Les plantations de peupliers concourent à l'assèchement des marais et à la banalisation de la flore et de la faune.
- L'absence d'entretien de certains secteurs se traduit par une fermeture du milieu par les saules, défavorable à certains milieux (roselières, ...).
- La fréquentation importante de plusieurs secteurs est préjudiciable à la faune et peut être source de pollution.
- Un certain mitage des milieux humides est marqué par les habitations légères de loisirs, entraînant une dégradation à la fois écologique et paysagère des milieux.
- Le haut de la pelouse calcicole présente une végétation perturbée par l'écoulement des produits de traitement des cultures mitoyennes.
N.B. : les espèces végétales dont le nom latin est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (1)
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)
Appellations d'origine (1)
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
3 174,2 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)