MARAIS, PRAIRIES, BOCAGE ET BOIS ENTRE CAMBRON ET BOISMONT

ZNIEFF_I Code : 220014326

1 244 ha 6 communes
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Localisation

Présentation

MARAIS, PRAIRIES, BOCAGE ET BOIS ENTRE CAMBRON ET BOISMONT est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 1 244 hectares sur 6 communes. Elle comprend 25 722,9 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

DESCRIPTION

La zone comprend le fond de la basse vallée de la Somme, situé au sud du canal de la Somme, entre Cambron et Boismont. Le contexte géologique extérieur au fond de vallée se résume principalement aux limons de plateau (hors zone) et aux craies blanches du Turonien et du Coniacien, sur les versants. Le fond de vallée est tapissé d’alluvions récentes et tardi-glaciaires (graviers, sables, tourbes, limons remaniés).

Cette partie comporte une mosaïque de prairies mésophiles à hygrophiles, de bas-marais tourbeux, de roselières, de mégaphorbiaies, de boisements humides à tourbeux ainsi que de végétations aquatiques et amphibies, qui se répartissent dans les groupements suivants :

- des prairies subhygrophiles du Pulicario dysentericae-Juncetum inflexi ;

- des prés mésohygrophiles à Hordeum secalinum de l’Hordeo secalini-Lolietum perennis ;

- des prés inondés à Eleocharis palustris de l’Eleocharo-Oenanthetum fistulosae ;

- des prés à Alopecurus geniculatus du Rumici crispi-Alopecuretum geniculati ;

- des prairies sèches à Lolium perenne du Lolio-Cynosuretum cristati ;

- des bas-marais relictuels à Menyanthes trifoliata du Caricion lasiocarpae ;

- des prés tourbeux ponctuels à Juncus subnodulosus de l’Hydrocotylo-Juncetum subnodulosi ;

- des prés à Blysmus compressus du Junco-Blysmetum compressi ;

- des tremblants pionniers à Thélyptéride des marais (Thelypteris palustris) ;

- des roselières du Phragmition (Solano dulcamarae-Phragmitetum) ;

- diverses cariçaies rivulaires (Caricetum ripario-acutiformis, Caricetum paniculatae) ;

- des mégaphorbiaies turficoles du Thalictro flavi-Filipendulion ulmariae et des mégaphorbiaies eutrophes du Calystegion sepium ;

- des tourbières boisées à Dryopteris cristata* ;

- des saulaies-aulnaies tourbeuses de l’Alnion glutinosae.

Les végétations aquatiques et amphibies sont également diversifiées et bien représentées sur le site, avec, notamment :

- des herbiers à Characées du Charion asperae ;

- des herbiers flottants du Lemnion gibbae ;

- des herbiers flottants du Riccio-Lemnion trisulcae ;

- des herbiers flottants de l’Hydrocharition morsus-ranae (Lemno trisulcae-Utricularietum vulgaris) ;

- des herbiers du Scorpidio scorpioidis-Utricularion minoris (Sparganietum minimi) ;

- des herbiers submergés du Potamion pectinati (Potametum colorati ...).

Dans la basse vallée de la Trie, on retrouve une partie des groupements déjà évoqués et, en particulier, des prairies hygrophiles, des fragments de bas-marais tourbeux et des mégaphorbiaies ainsi que des micro-roselières et des boisements humides.

Quelques peupleraies parsèment l’ensemble du fond de vallée et des mares ont été creusées pour la chasse et la pêche (certaines d’entre elles semblent être d’anciennes fosses de tourbage). Autour des villages de Boismont, de Saigneville et de Cambron, se dessine une trame bocagère, au maillage relativement serré, avec de nombreux vieux saules taillés en têtards. Ceux-ci confèrent au site un intérêt paysager supplémentaire.

Quelques frênaies-érablières occupent les versants pentus de la vallée, entre Boismont et Saigneville. Les « Bois de la Motte », « Bois de Gouy » et le "Grand Bois" comprennent différents types de végétation forestière : des hêtraies-chênaies pédonculées atlantiques à Jacinthe des bois du Hyacinthoido non scriptae-Fagetum sylvaticae, des hêtraies thermocalcicoles de pente, du Daphno laureolae-Fagetum sylvaticae, et des chênaies-charmaies, du Carpinion betuli. Quelques ourlets calcicoles, du Centaureo nemoralis-Origanetum vulgaris sont présents en lisière.

INTERET DES MILIEUX

Cette zone englobe une grande diversité de milieux naturels, dont bon nombre d’entre eux présentent un intérêt suprarégional pour les milieux, la faune et la flore.

En particulier, certains groupements végétaux sont d’intérêt de niveau européen et inscrits, de ce fait, à la directive "Habitats" :

- des herbiers à Characées du Charion asperae ;

- des herbiers flottants du Riccio-Lemnion trisulcae ;

- des herbiers flottants de l’Hydrocharition morsus-ranae ;

- des herbiers submergés du Potamion pectinati (Potametum colorati, ...) ;

- des bas-marais relictuels à Menyanthes trifoliata du Caricion lasiocarpae ;

- des prés tourbeux ponctuels à Juncus subnodulosus de l’Hydrocotylo-Juncetum subnodulosi ;

- des mégaphorbiaies turficoles du Thalictro flavi-Filipendulion ulmariae ;

- des tourbières boisées à Dryopteris cristata* ;

- des hêtraies-chênaies pédonculées atlantiques à Jacinthe des bois du Hyacinthoido non-scriptae-Fagetum sylvaticae ;

- des hêtraies thermocalcicoles de pente du Daphno laureolae-Fagetum sylvaticae.

INTERET DES ESPECES

Flore :

Dans les prairies humides, il est possible d’observer :

- le Dactylorhize incarnat (Dactylorhiza incarnata*), orchidée typique des prairies non amendées, vulnérable en Picardie ;

- le Dactylorhize à labelle entier (Dactylorhiza praetermissa*), assez rare en Picardie ;

- le Troscart des marais (Triglochin palustre) ;

- l’Oenanthe fistuleuse (Oenanthe fistulosa) ;

- l’Oenanthe de Lachenal (Oenanthe lachenalii) ;

- la Rhinanthe à feuilles étroites (Rhinanthus angustifolius) ;

- la Laîche distante (Carex distans).

Certaines espèces subhalophiles sont également représentées :

- la Samole de Valerandus (Samolus valerandi) ;

- le Jonc de Gérard (Juncus gerardii) ;

- l’Eleocharide à une écaille (Eleocharis uniglumis) ;

- le Blysme comprimé (Blysmus compressus), très rare en Picardie ;

- le Scirpe de Tabernaemontanus (Scirpus tabernaemontani).

Dans les mégaphorbiaies se développent notamment :

- l’Euphorbe des marais (Euphorbia palustris*), exceptionnelle en Picardie ;

- le Pigamon jaune (Thalictrum flavum).

Les bas-marais tourbeux accueillent :

- le Mouron délicat (Anagallis tenella*), rare et vulnérable en Picardie ;

- le Ményanthe trèfle-d’eau (Menyanthes trifoliata*), en danger en Picardie ;

- le Peucédan des marais (Peucedanum palustre*), rare en Picardie ;

- le Potamot coloré (Potamogeton coloratus*), vulnérable en Picardie ;

- le Rubanier nain (Sparganium natans*), rare en Picardie ;

- la Dryoptéride à crêtes (Dryopteris cristata*), espèce des tourbières boisées, protégée au niveau national ;

- la Baldellie fausse-renoncule (Baldellia ranunculoides), en danger en Picardie ;

- la Laîche ampoulée (Carex rostrata).

Dans les bois calcicoles, sont notés :

- la Céphalanthère à longues feuilles (Cephalanthera longifolia*), très rare en Picardie ;

- le Daphne lauréole (Daphne laureola), assez rare en Picardie.

Faune :

En ce qui concerne l'avifaune, on note les espèces remarquables suivantes :

- la héronnière de Boismont permet la nidification du Héron cendré (Ardea cinerea), avec environ deux cents nids en 1995, et de l’Aigrette garzette (Egretta garzetta), très rare en Picardie. Cette héronnière est l’une des plus importantes de la région, avec celle du parc ornithologique du Marquenterre ;

- dans les milieux paludicoles, se reproduisent le Busard des roseaux (Circus aeruginosus), inscrit à l’annexe I de la directive "Oiseaux" ; la Bouscarle de Cetti (Cettia cetti), assez rare en Picardie ; la Locustelle luscinioïde (Locustella luscinioides), assez rare en Picardie ; la Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica), inscrite à la directive "Oiseaux" ; et le Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis), également inscrit à la directive "Oiseaux" ;

- les milieux bocagers accueillent la Chevêche d’Athéna (Athene noctua), vulnérable en Picardie ; le Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus), assez rare en Picardie ; l’Hypolaïs ictérine (Hippolais icterina), vulnérable en Picardie.

Pour la batrachofaune remarquable :

- la Rainette verte (Hyla arborea), vulnérable en France ;

- le Crapaud calamite (Bufo calamita), très rare en Picardie ;

- le Triton alpestre (Triturus alpestris), vulnérable en France ;

En ce qui concerne l'odonatofaune des espèces d'un grand intérêt sont notées :

- l’Agrion scitulum (Coenagrion scitulum), rare en Picardie ;

- l’Agrion délicat (Ceriagrion tenellum), observé dans les secteurs tourbeux ;

- l’Aeschne isocèle (Aeshna isosceles), très rare en Picardie ;

- le Sympétrum jaune d’or (Sympetrum flaveolum), très rare en Picardie.

N.B. : les espèces végétales dont le nom latin est suivi d’un astérisque sont légalement protégées.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

1 244
ha de surface
6
communes
77
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)

Sites du Conservatoire du littoral (1)

Appellations d'origine (2)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

24 771,5 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 8 779,6 ha
Blé tendre 6 511,8 ha
Orge 1 477,3 ha
Autres cultures industrielles 1 475,7 ha
Plantes à fibres 1 469,7 ha
Maïs grain et ensilage 1 457,7 ha
Légumes ou fleurs 1 365 ha
Colza 686,6 ha
Prairies temporaires 373,9 ha
Fourrage 335,2 ha

Communes (6)