MARES, TOURBIERES ET ZONES HUMIDES DES DOMAINES DE LA CLAYE ET DE LA VOISINE

ZNIEFF_I Code : 110001454

465 ha 5 communes
Voir sur la carte interactive

Localisation

Présentation

MARES, TOURBIERES ET ZONES HUMIDES DES DOMAINES DE LA CLAYE ET DE LA VOISINE est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 465 hectares sur 5 communes. Cette zone inclut 16 forêts publiques. Elle comprend 2,5 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Ce site s’étend sur l’ensemble de la propriété domaniale (Forêts du Domaine de la Claye et Fonds de Bullion) ainsi que sur les terrains privés du Domaine de la Voisine. Il s’agit d’une zone naturelle d'intérêt majeur du Massif de Rambouillet qui tire sa richesse écologique de l’existence de plusieurs habitats remarquables et de la présence d’un grand nombre d’espèces animales et végétales protégées au niveau national ou régional.

Cette vaste zone humide est en effet composée par une grande diversité d’habitats forestiers (forêt humide, chênaie-charmaie à peuplier tremble, chênaie-boulaie à molinie) au sein desquels sont disséminées de nombreuses mares forestières aux eaux acides faiblement minéralisées, de petites landes paratourbeuses et quelques rares tourbières. Ces mares aux eaux acides oligotrophes et la tourbière haute constituent des habitats d’une grande valeur écologique qui figurent, à ce titre, à l’annexe I de la directive européenne « Habitats », ce dernier habitat étant même considéré comme « prioritaire ». Leur présence a d’ailleurs permis l’inscription d’une grande partie du site (secteur domanial en totalité) au réseau natura 2000 : Site n° FR1100803 « Tourbières et prairies tourbeuses de la forêt d’Yveline ».

La diversité des habitats humides et aquatiques ainsi que leur bon état de conservation permettent la présence de nombreuses espèces végétales rares dont 3 d’entre elles sont protégées au niveau national et 11 autres sont protégées au niveau régional.

Parmi les espèces protégées au niveau national, la Grande Douve (PN) (Ranunculus lingua) se rencontrent dans quelques mares forestières où elles sont parfois accompagnées du Rossolis à feuilles rondes (PN) (Drosera rotundifolia), petite plante carnivore extrêmement rare en région Ile-de-France, qui se developpe surtout dans les tourbières acides.

A leurs côtés, d’autres espèces patrimoniales dont certaines protégées en Ile-de-France, sont présentes au niveau des mares et mardelles forestières comme le Scirpe flottant (PR) (Eleogiton fluitans), le Pâturin des marais (PR) (Poa palustris), le Rubanier nain (PR) (Sparganium minimum), le Jonc rude (Juncus squarrosus) et la Fougère des marais (PR) (Thelypteris palustris) que l’on rencontre sur les berges humides et les vases exondées, le Potamot à feuilles de renouée (PP) (Potamogeton polygonifolius), la Petite Utriculaire (PR) (Utricularia minor), l’Utriculaire citrine (PR) (Utricularia australis), la Renoncule divariquée (Ranunuculus circinatus) et l’Hottonie des marais (Hottonia palustris) qui se développent dans leurs eaux acides et pauvres en éléments minéraux.

Au niveau des tourbières, se développent le Comaret (PR) (Potentilla palustris) et la Linaigrette à feuilles étroites (PR) (Eriophorum polystachyon) . Les landes paratourbeuses et les abords humides de chemins forestiers abritent la Lobélie brûlante (PR) (Lobelia urens), le Peucédan des marais (PR) (Thysselinum palustre) et le Maianthème à deux feuilles (Maianthemum bifolium).

Il faut encore signaler la présence d’un cortège diversifié d’espèces assez rares en Ile-de-France toujours plus ou moins liées aux zones humides et aux secteurs paratourbeux comme le Vulpin roux (Alopecurus aequalis), la Callitriche à crochets (Callitriche hamulata), les Laîches étoilée, noire et vert-jaunâtre (Craex echinata & C. nigra & C. viridula subsp.oedocarpa), le Cirse anglais (Cirsium dissectum), la Petite cuscute (Cuscuta epithymum), le Gaillet des marais allongé (Galium palustre subsp.elongatum), la Bruyère à quatre angles (Erica tetralix), le Trèfle d’eau (AR) (Menyanthes trifoliata), les Potamots graminé et luisant (Potamogeton gramineus & P.lucens), la Primevère acaule (Primula vulgaris), la Scorzonère des prés (Scorzonera humilis) et le Séneçon des bois (Senecio sylvaticus).

Au niveau entomologique, ce vaste secteur forestier est relativement méconnu, néanmoins 6 espèces protégées au niveau régional y ont été inventoriées. Sur les mares forestières et les tourbières acides, on rencontre notamment les seules populations du Sympetrum noir (PR) et du Leste dryade (PR) recensées sur le territoire du Parc, ainsi qu’une petite population de l’Agrion mignon (PR) (Coenagrion scitulum), espèce plus commune que les précédentes mais qui reste toutefois localisée dans notre région. La Grande Aeschne (PR) (Aeshna grandis), espèce typique des étangs intra-forestiers acides, a été observée sur plusieurs plan d’eau. Sa reproduction sur la zone semble probable bien qu’aucune preuve formelle ne soit connue à ce jour (espèce non retenue de ce fait comme déterminante pour la Znieff de type I, mais inscrite en déterminante à l'échelle de la Znieff fr type II "Massif de Rambouillet Sud-Est").

La vaste étendue de boisements tourbeux constitue par ailleurs un habitat favorable à deux grands nymphalides rares et menacés : le Morio (PR) (Nymphalis antiopa) et la Vanesse de l’Orme (PR) (Nymphalis polychloros). Ces deux papillons, protégés en Ile-de-France, colonisent les bois clairs, les ripisylves et les landes à Bouleaux, Saules et Trembles. Ces espèces se sont fortement raréfiées dans notre région au cours des dernières décennies et leurs peuplements, toujours diffus, sont aujourd’hui localisés sur les massifs forestiers de Rambouillet et de Fontainebleau.

Les landes humides de ce secteur héberge la Decticelle de Bruyères (Metrioptera brachyptera), espèce très rare à l’échelon régional dont le massif Rambolitain héberge les 4 stations connues pour cette espèce.

Parmi les coléoptères, on signalera la présence d’une population du Carabe convexe (Carabus convexus). Ce petit carabe aptère recherche les grands massifs forestiers sablonneux dans lesquels il est toujours peu fréquent et surtout extrêmement localisé.

On indiquera par ailleurs la présence du Silphe à quatre taches (Xylodrepa quadripunctata), espèce forestière et arboricole qui chasse les chenilles dans les arbres, et celle du Selastosome à antennes noires (Selastosomus nigricornis), taupin rare en région Ile-de-France et lié aux grands boisements froids et marécageux.

L’intérêt ornithologique tient essentiellement à la présence de l’Autour des palombes (Accipiter gentilis), dont une aire utilisée a été découverte en 2008. Rappelons qu’une dizaine de couples seulement ont été recensés en Île-de-France. Très farouche, cette espèce recherche des zones peu dérangées si bien qu’on la trouve davantage au sein des grandes propriétés privées qu’au niveau des zones domaniales, souvent très fréquentées. Signalons également que la Huppe fasciée (Upupa epops) a fait l’objet de quelques observations, sans doute le fait d’individus de passage. Recherchant des arbres creux pour installer sa nichée, cette espèce pourrait bénéficier de la pose de nichoirs artificiels en zone de contact bois/pelouse.

En considérant la grande rareté des habitats représentés sur ce site, la présence de nombreuses espèces animales et végétales rares, menacées et protégées, le bon état global de conservation de leurs populations et l’implantation privilégiée du site au sein d’un vaste massif forestier qui protège notamment son alimentation en eau des pollutions éventuelles, le site des domaines de la Claye et de la Voisine compte parmi les sites écologiques les plus prestigieux du massif Rambolitain et du Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse.

Espèces déterminantes non revues recemment (<1990) et donc non retenues dans la liste de la Znieff:

Luronium natans / Saint-Alary - 1983;

Ranunculus circinatus / Saint-Alary - 1983;

Eleogiton fluitans / Saint-Alary - 1983;

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

465
ha de surface
5
communes

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (16)

Appellations d'origine (2)

Communes (5)