Localisation
Présentation
Massif du Risoux est une zone protégée de type ZPS, couvrant 1 843 hectares sur 5 communes. Cette zone inclut 11 forêts publiques. Elle comprend 339,6 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
La hêtraie-sapinière représente le stade climacique* de l'étage montagnard* supérieur et occupe les secteurs d'altitude inférieure à 1200 - 1300 mètres, sur les pentes moyennes et faibles. Le peuplement est dominé par le hêtre et l'épicéa, le sapin étant inégalement réparti (absent dans la partie sud). La nature des sols et la régénération naturelle du hêtre, très dynamique sur certains secteurs (petites propriétés privées des bordures, certaines parcelles de forêt communale) peut induite l'existence de hêtraies denses et monospécifiques. Quelques anciens prés-bois sont colonisés par des peuplements presque purs d'épicéas. A ces exceptions près, les hêtraies sapinières sont traitées en futaie jardinée si bien que le sous-bois, toujours frais, est particulièrement riche en espèces avec une strate herbacée dominée par la fétuque des bois. Quelle que soit l'altitude, les forêts de pente se succèdent et se remplacent selon les mêmes lois : variation de la taille, de la mobilité des cailloux, pourcentage d'espaces vides entre les blocs. Ainsi, en situation plus froide et sur éboulis plus ou moins grossiers, la hêtraie-sapinière évolue vers une hêtraie à adénostyle ou une érablaie à spirée, lorsque l'éboulis est enrichi en terre fine. A partir de 1200 m d'altitude, sur sol acidifié en surface par les précipitations abondantes, la hêtraie-érablaie (ou hêtraie à hautes herbes) qui représente le climax* de l'étage subalpin* se rencontre sous forme d'îlots ponctuels. L'érable sycomore, vigoureux, a souvent été éliminé par les traitements sylvicoles qui tendent à favoriser les essences résineuses. Si le couvert arboré demeure clairsemé, la strate arbustive est assez bien développée avec le sorbier des oiseleurs, les chèvrefeuilles noir et des Alpes ou le rosier des Alpes. L'exubérance des espèces herbacées confère au groupement une physionomie tout à fait originale avec la présence d'espèces de grande taille comme le prénanthe pourpre, le persil sauvage, la renoncule à feuilles d'aconit... Sur les lapiaz de la zone centrale fortement érodée, s'installe la pessière à doradille où l'épicéa assure à lui seul la couverture arborée. Quelques arbustes comme le rosier des alpes, le chèvrefeuille noir dominent un peuplement clairsemé. Cette pessière s'installe sur des sols peu épais, très humifères et acides en surface, favorables à une petite orchidée, la listère cordée. Cette pessière sur lapiaz est traitée en futaie jardinée et les conditions de sol et de climat conditionnent une forêt claire à fort recouvrement de myrtilles et d'airelles. Dans les nombreuses dépressions apparais-sent fréquemment des mégaphorbiaies d'altitude (formation de hautes herbes des sols eutrophes*) à laitue des Alpes. En plusieurs endroits apparaissent des tourbières intra-forestières, riches en sphaignes et installées sur des pentes, phénomène exceptionnel dans le Jura. Leur situation est liée à une alimentation par des eaux acides (eaux de pluie et eaux de ruissellement acidifiées par les sols). La Chaux Sèche, la Roche du Creux, de même que les différents "plans" permettent le développement de pelouses sommitales mésophiles* qui contribuent à la diversification d'un site à flore subalpine* typique et remarquable : nigritelle noire, campanule en thyrse (toutes deux protégées en région Franche-Comté)... La végétation des corniches et des falaises est caractéristique : l'orientation sud, comme à la Roche du Creux favorise une flore de sols secs et ensoleillés (flore xérophile*). On ne saurait clore cette présentation des milieux rocheux sans parler des éboulis situés en pied de falaise. Ils constituent un des plus beaux exemples présents en Franche-Comté à l'étage montagnard*. Aux quelques plantes herbacées hautement spécialisées des éboulis mobiles, font suite, dans les parties plus stables, érables et sorbiers. Cette variété de milieux s'accompagne d'une faune caractéristique des forêts d'altitude. Ainsi, la forêt du Risoux est connue comme un bastion historique de la chevêchette d'Europe en France, mais cette réputation ne doit pas occulter, d'une part, la présence d'effectifs non négligeables dans les massifs périphériques et d'autre part, le reste du peuplement de ce massif : gélinotte des bois, grand tétras, venturon montagnard, tarin des aulnes. La population de gélinotte des bois est très fluctuante sans qu'il soit possible de mettre en évidence un déclin : l'effectif se situe dans un épisode bas aux environs de 80 individus. Le grand tétras présente une population limitée à moins de 40 individus dont seulement 9 coqs chanteurs pour les années 2000/2001. La conservation de la population du Risol-Mont-d'Or-Risoux est considérée comme prioritaire par les spécialistes. En Franche-Comté, il n'y a plus que sur ce massif qu'on trouve des habitats très favorables à leur reproduction. Les chouettes d'altitude trouvent dans la forêt du Risoux un habitat de prédilection puisque les densités constatées sont assez fortes. Les pentes peuplées de hêtres sont très favorables au pic noir offrant des cavités à la chouette de Tengmalm alors que la partie centrale est très favorable à la chevêchette d'Europe (la présence de Pic épeiche dans la zone centrale conditionne l'existence de cavités favorables à l'espèce). Enfin, les zones de régénération sont préférées alors que les zones réellement ouvertes sont évitées. Les falaises bordant le massif abritent entre 1 et 2 couples de faucon pèlerin. Ces oiseaux exploitent, tout comme les autres rapaces (milans et bondrée) le massif forestier et les vallées avoisinantes. La présence régulière, en petits effectifs, du tarin des aulnes peut être envisagé sur le massif. Le venturon montagnard est abondant aux abords de la Chaux Sèche : la pessière claire, mésophile à sèche avec de nombreuses lisières représenterait son habitat de prédilection. Ce site constitue donc probablement une zone importante pour la nidification de cette espèce. La Chaux-Sèche enfin constitue une originalité importante de ce massif, laissant la possibilité à certaines espèces de milieux ouverts ou semi-ouverts de nicher (venturon montagnard, alouette lulu et tarin des aulnes dans une moindre mesure). Pour les reptiles, ce secteur présente une caractéristique biogéographique importante avec la jonction des domaines de la vipère aspic et de la vipère péliade. Chez les mammifères, le lynx est très bien représenté dans ce secteur et dans le monde des insectes, quelques papillons diurnes sont remarquables. A ce titre, le massif abrite la plus belle population franc-comtoise de piéride de la bryone, insecte d'altitude relativement rare et lié aux bordures des chemins où l'arabette constitue la plante hôte. Il convient également de signaler l'apollon et le protée, tous deux protégés et inféodés aux pelouses sèches.
Le Massif du Risoux constitue une structure anticlinale qui domine l'accident de Morez situé au sud-ouest. Cet anticlinal se poursuit au delà de la frontière suisse jusqu'à l'accident de Vallorbe-Pontarlier. Son altitude varie entre 1250 et 1300 m et ses limites topographiques sont marquées par des escarpements importants. L'intense érosion glaciaire a façonné le relief du replat sommital en d'immenses dépressions et combes étroites au fond desquelles les masses d'air froid plus denses restent prisonnières. Sur les sommets, l'eau et le gel ont sculpté les dalles calcaires compactes en lapiaz.
Cadre réglementaire
Site Natura 2000 designe au titre de la directive Oiseaux (2009/147/CE) pour la protection des especes d'oiseaux sauvages et de leurs habitats. Meme regime d'evaluation des incidences que les ZSC (article L414-4). Les objectifs de conservation portent specifiquement sur les especes d'oiseaux ayant justifie la designation du site.
Menaces et pressions identifiees
Incidence forte
- Elimination des arbres morts ou dépérissants dans le site
- Exploitation forestière sans reboisement ou régénération naturelle dans le site
Incidence moyenne
- Sports de plein air et activités de loisirs et récréatives dans le site
- Structures de sports et de loisirs dans le site
- Autres intrusions et perturbations humaines dans le site
Incidence faible
- Routes, autoroutes dans le site
- Ski, ski hors-piste dans le site
- Autres activités de plein air et de loisirs dans le site
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (11)
- Forêt Communale de Bellefontaine publique
- Forêt Communale de Bois-d'Amont publique
- Forêt Communale de Chapelle-des-Bois publique
- Forêt Communale de Fort-du-Plasne publique
- Forêt Communale de Grande-Riviere-Chateau publique
- Forêt Communale de Hauts-de-Bienne-la-Mouille publique
- Forêt Communale de Hauts-de-Bienne-Lezat publique
- Forêt Communale de Hauts-de-Bienne-Morez publique
- Forêt Communale de Morbier publique
- Forêt Communale des Rousses publique
- Forêt Domaniale du Verdet domaniale
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)
Appellations d'origine (13)
- Bleu de Gex haut Jura ou Bleu de Septmoncel AOC
- Bois du Jura AOC
- Cancoillotte IGP
- Comté AOC
- Emmental français Est-Central IGP
- Franche-Comté IGP
- Gruyère IGP
- Mont d'Or ou Vacherin du Haut-Doubs AOC
- Morbier AOC
- Porc de Franche-Comté IGP
- Saucisse de Montbéliard IGP
- Saucisse de Morteau ou Jésus de Morteau IGP
- Volailles de l'Ain IGP
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
292,5 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)