OCRES DE VILLARS/RUSTREL ET GIGNAC

ZNIEFF_I Code : 930012359

1 427 ha 7 communes
Voir sur la carte interactive

Localisation

Présentation

OCRES DE VILLARS/RUSTREL ET GIGNAC est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 1 427 hectares sur 7 communes. Cette zone inclut 10 forêts publiques. Elle comprend 2 984,9 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Description de la zone

Dans la partie la plus orientale du bassin d Apt, et en pi mont des monts de Vaucluse, un ensemble de reliefs peu accentu s (300 700 m) s tend de la Bruy re l ouest au collet de Flaqueirol l est, puis remonte vers le nord est jusqu'au bois d'Autet. Il englobe galement les petites collines isol es de Bel Air au nord d'Istrane et de la Marquise au sud du village du Rustrel. Constitu d'un paysage extraordinaire et multicolore, on lui a donn le nom de "Colorado". Ce site appartient au grand ensemble des ocres de la Provence occidentale. Ces gisements ne sont pas r guliers, mais se pr sentent sous forme de lentilles plus ou moins continues allant du pays d Apt (secteur Gignac/Goult) au sud, au petit massif de Boll ne/Uchaux au nord en passant, au centre du d partement, par l ensemble B doin/Mormoiron. Ce paysage insolite, tout en parois rocheuses, vallons encaiss s et aiguilles finement d coup es (les c l bres demoiselles coiff es) tonne par le contraste entre les couleurs chaudes de la terre, avec toutes les nuances possibles, allant du rouge fonc au jaune d'or, et les verts de la v g tation naturelle (pin des et ch naies) ainsi que des cultures (vergers et vignes). Il exprime la m moire du travail de l'homme qui a exploit ces gisements en carri res et galeries durant les XIXe et XXe si cle, ainsi que la manifestation de l' rosion naturelle. Ce sont des s diments d'origine marine datant du Cr tac (Albien/C nomanien), qui, par lessivage et alt ration sous un climat de type tropical, ont donn naissance aux ocres. Silice (quartz), kaolinite (argile) et goethite (oxyde de fer), constituent le socle g ologique. Par place (la Bruy re en particulier), une cro te ferrugineuse introduit un facteur de diversification. Cet ensemble situ sur les marges orientales du d partement de Vaucluse, la limite avec les Alpes de Haute Provence, conna t d j les rigueurs, et ce malgr sa faible altitude, d un climat tr s fortes affinit s temp r es : temp ratures plus basses, pr cipitations plus lev es, n bulosit importante, mais vents toujours moins prononc s qu ailleurs. Ici, l indice d aridit se r duit de fa on significative. Cette composante siliceuse induit une v g tation exceptionnelle, enti rement situ e dans l tage supram diterran en, et qui contraste par son originalit avec celle des terrains calcaires proches. Les ch naies ch ne pubescent et ch ne vert y occupent encore d'importantes surfaces et le ch taignier se r g n re bien dans les fonds de vallons. Le long de la Doa, petit cours d eau affluent du Calavon et dans certains vallons fort niveau hydrique (vallon de Barri s, vallon des Gourgues), de belles formations aulnes glutineux et peupliers blancs existent. On y trouve galement du tremble et son hybride avec le peuplier blanc, le peuplier grisard. Mais, ce sont malgr tout les formations foresti res base de r sineux qui pr dominent : pin sylvestre (esp ce m dio europ enne) auquel s'associent le pin maritime (esp ce m diterran o atlantique) et le pin d'Alep (esp ce thermophile m diterran enne) bien plus discret ici que sur les ocres de Roussillon. En sous bois se d veloppent pour l'essentiel des formations bruy re balai et callune qu'accompagne occasionnellement sur les sols les plus r guli rement humides, le sarothamne. En terrain d couvert, elles deviennent envahissantes. En outre, au sein du maquis, des pelouses ou formations herbac es colonisent de petites clairi res isol es.

Flore et habitats naturels

Si la nature du substrat contribue l originalit floristique de la zone, il n en demeure pas moins qu elle le doit aussi au fait que l on est ici en pr sence d un carrefour biog ographique pour des esp ces temp r es, m diterran ennes et atlantiques en limite de leur aire de r partition. L l ment temp r y prend tellement d importance que ce site accueille un fort contingent d esp ces qui ne se rencontrent nulle part ailleurs dans le Vaucluse et pour certaines, plus au sud. Dans des situations abyssales (fonds de vallons froids, tr s humides et encaiss s, parfois tr s peu accessibles) se concentrent des esp ces qui ne sont jamais observ es ces altitudes l en Haute Provence. M me si, sur le plan paysager, c est la lande, avec en particulier Cistus laurifolius (ciste feuilles de laurier), qui pr domine en dehors des formations foresti res, c est bien dans les micropelouses que la flore exprime toute son exceptionnelle biodiversit . On y voit se d velopper de magnifiques associations v g tales compositions floristiques exceptionnelles o pr dominent les esp ces annuelles. Install es sur des sols tr s filtrants, celles ci ont n cessairement un cycle v g tatif souvent tr s court afin de co ncider au mieux avec la p riode printani re souvent r duite, au cours de laquelle l'eau est pr sente dans les couches superficielles du sol. Certaines ann es de s cheresse particuli rement s v res, certaines d'entre elles peuvent m me ne pas appara tre. Refuge supr me pour de nombreuses esp ces silicicoles d'origines diverses et parfois tr s rares, certaines de ces pelouses pr sentent un int r t majeur. C est tout particuli rement le cas pour le site de la Bruy re o des pelouses tr s r duites en surface se sont d velopp es sur une cuirasse de gr s ferrugineux tr s alt r . Elles y offrent des esp ces qui sont devenues extr mement rares en France et qui ne se rencontrent habituellement qu en zone littorale comme Loeflingia hispanica (loeflingie d Espagne) ou Chaetonychia cymosa (paronyque en forme de cyme) qui s observe aussi Gignac. Elles s y trouvent en compagnie d Airopsis tenella (airopsis gr le) et de Minuartia viscosa (sabline visqueuse) qui, depuis sa d couverte dans les ann es 1990, n a plus t confirm e. À proximit de la Bruy re, mais plus l est, sur le site des Jean Jean fa onn par les ocres, Ventenata dubia (ventenate douteuse) et Trifolium bocconei (tr fle de Boccone) se maintiennent toujours. Tout pr s du village de Rustrel, la petite colline de la Marquise h berge Gagea bohemica (gag e de Boh me) qui se retrouve galement sur le site de Notre Dame des Anges o se concentrent galement des esp ces tr s fortes affinit s temp r es comme Ventenata dubia (ventenate douteuse). Ailleurs dans le Colorado , on peut observer Helichrysum italicum subsp. serotinum (immortelle d Italie) et Trifolium hirtum (tr fle h riss ). Dans les fonds de vallons parfois occup s par des prairies, on peut rencontrer Bupleurum tenuissimum (bupl vre tr s menu) Bouv ne, Anacamptis laxiflora (orchis fleurs l ches) la Gr goire et Dactylorhiza occitanica (dactylorhize du Midi), esp ce probablement end mique du Midi m diterran en fran ais. Pr s de Rustrel ( Pantalliane), dans une d pression mar cageuse, est venu se r fugier Typha minima (petite massette). Il s agit d une station tr s excentr e de cette esp ce qui se rar fie en France et qui fr quente surtout les berges de certains cours d eau du Sud Est (Durance, Aygues, etc.). Il est important de signaler ici la richesse en lichens de ce secteur, notamment du vallon des Barri s Rustrel. Cet int r t peut tre r sum par : - le d veloppement de groupements a rohygrophiles normalement rencontr s dans des r gions beaucoup plus humides (pr cipitations annuelles sup rieures 1 200 mm). Ils sont li s ici une grande humidit atmosph rique et la pr sence, fr quente, de brouillards certaines p riodes de l ann e. Ils comportent notamment des peuplements corticoles ou saxicoles du Lobarion pulmonariae et de remarquables peuplements terricoles Peltigeron ; - la pr sence de peuplements saxicoles/muscicoles rares Leptochidium albociliatum, tr s localis s au sommet de falaise au confluent du vallon avec la Doa ; - la pr sence parse d esp ces rares pour la r gion : Bacidia viridifarinosa, Gyalecta liguriensis, Parmelia saubinettii.

Faune

Cette zone rec le un cort ge faunistique pr sentant un int r t lev sur le plan patrimonial. 36 esp ces animales patrimoniales (dont 8 sont des esp ces d terminantes) la fr quentent. L avifaune nicheuse locale renferme beaucoup d esp ces tout fait int ressantes, dont certaines sont m me devenues rare dans le d partement du Vaucluse comme le Moineau soulcie. Citons encore la Bondr e apivore, le Circa te Jean le blanc (1 couple reproducteur), l Autour des palombes, le Faucon hobereau, la Chev che d Ath na ou Chouette Chev che, le Petit duc scops, le Grand-duc d Europe, le Gu pier d Europe, la Huppe fasci e, le Torcol fourmilier, le Pic peichette, le Monticole bleu, la Fauvette orph e, le Bruant ortolan. Concernant les amphibiens, les nombreuses mares temporaires essentiellement concentr e sur la Colline de la Bruy re accueille notamment le P lodyte ponctu ainsi qu une des plus belles populations de P lobate cultrip de de Vaucluse. Du c t des reptiles quatre esp ces remarquables sont connues, le L zard ocell (Timon lepidus), esp ce des cosyst mes ouverts et semi-ouverts affinit m diterran enne, le Seps stri (Chalcides striatus), esp ce r partition Franco-Ib rique qui fr quente les garrigues, les pelouses et les friches de Provence, sous les pierres et autres g tes favorables, la Couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus), esp ce du sud de la France, de la p ninsule Ib rique et du Maghreb qui affectionne les garrigues ouvertes et les milieux karstiques bien expos s et la Couleuvre chelons (Zamenis scalaris), esp ce distribution franco-ib rique, typique du cort ge proven al et affectionnant les milieux secs et broussailleux. Les anciennes galeries d exploitation de l Ocre, le petit patrimoine b ti ou encore les habitats forestiers accueillent de nombreuses esp ces de chauves-souris, que ce soit en reproduction, hivernage ou transit : Grand Rhinolophe, Petit Rhinolophe, Vespertilion oreilles chancr es, Petit Murin, Miniopt re de Schreibers, Barbastelle. Concernant les autres mammif res, le Cerf laphe fr quente ce secteur. L entomofaune patrimoniale du secteur est notamment repr sent e par l Alexanor (Papilio alexanor), esp ce d terminante de l pidopt re, prot g e au niveau europ en, rare et dont l aire de r partition est morcel e, inf od e aux boulis et pentes rocailleuses jusqu 1700 m d altitude o cro t sa plante h te locale Ptychotis saxifraga et la Laineuse du prunellier (Eriogaster catax), esp ce europ enne remarquable, de la famille des bombyx (Lasiocampid s), prot g e au niveau europ en, globalement rare, sensible aux pesticides, inf od e divers habitats pr forestiers tels que les lisi res foresti res, bocages et friches. Notons galement la pr sence du Scorpion languedocien (Buthus occitanus), esp ce remarquable x ro thermophile d affinit ouest m diterran enne, peu commune et affectionnant les sols meubles voire sablonneux.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

1 427
ha de surface
7
communes
5
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (10)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (2)

Appellations d'origine (20)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

2 665,7 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Estives et landes 1 926 ha
Prairies permanentes 131,1 ha
Autres cultures industrielles 122,7 ha
Divers 109,6 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 89,7 ha
Fourrage 56,9 ha
Prairies temporaires 50,3 ha
Vignes 44 ha
Orge 37,7 ha
Vergers 30,1 ha

Communes (7)