Localisation
Présentation
PELOUSES ET BOIS DU MONT CÉSAR A BAILLEUL-SUR-THERAIN est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 88 hectares sur 1 commune. Elle comprend 775,4 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
DESCRIPTION
Le Mont César est situé sur l’extrémité occidentale du Clermontois, entre le massif forestier de Hez-Froidmont, la vallée du Thérain et le marais tourbeux de Bresles.
Cette butte résiduelle, détachée du plateau par l’érosion, est structurée par une séquence géologique typique du Clermontois, avec de bas en haut :
- des alluvions en bas de versant ;
- les argiles sparnaciennes ;
- les sables cuisiens ;
- les épais calcaires lutétiens, qui définissent le plateau structural au sommet du mont, saupoudrés de placages de sables résiduels.
Sur le sommet du mont, les sols où se mélangent sables et calcaires sont souvent maigres, et subissent un intense piétinement à certains endroits. Les Lapins de garenne, par leurs activités de grattements et de broutements, maintiennent une végétation rase en plusieurs points.
Le sommet et les coteaux étaient notamment valorisés par un pâturage ovin jusqu’au début du siècle. Des mises en culture anciennes ont aussi marqué les milieux herbacés.
De cette diversité géologique, de la variété des expositions des versants, et de l’ancienne valorisation par le pâturage ovin, résulte la présence de milieux très précieux :
- les pelouses calcicoles (rapprochées provisoirement au Festuco lemanii-Anthyllidetum vulnerariae), calcaro-sabulicoles du Veronico schererii-Koelerietum macranthae ;
- pelouses pionnières des dalles rocheuses et des zones grattées par les lapins (Alysso-Sedion) ;
- les ourlets thermocalcicoles du Geranion sanguinei ;
- groupements bryo-lichéniques thermocalcicoles ;
- lisières thermophiles du Berberidion et bois thermocalcicoles du Cephalanthero-Fagion et du Quercion pubescentis ;
- chênaies-charmaies (Quercion robori-petraeae et Lonicero-Carpinenion) sur sables ;
- boisements calcicoles de pente nord à Hêtre, à Frêne, à Erable, à Tilleul...
Quelques plantations de pins ont été effectuées sur les sols maigres du sommet de la butte.
De petites prairies relictuelles bordent les bois, notamment à l’est de la butte.
Un calvaire et une statue de la Vierge, ancienne destination de processions, témoignent de l’importance de ce mont dans le passé culturel local.
INTERET DES MILIEUX
Parmi les plus remarquables, les pelouses calcaires et calcaro-sableuses, les lisières et les forêts thermocalcicoles, sont des milieux rares et menacés en Europe, et sont, à ce titre, inscrits à la directive "Habitats" de l'Union Européenne.
Ils abritent de nombreuses espèces végétales et animales rares et menacées, ces milieux connaissant une dégradation continue dans les plaines du nord-ouest de l'Europe.
Les versants les plus exposés au sud bénéficient d'influences méridionales permettant la présence de nombreuses espèces végétales et animales thermophiles aux affinités subméditerranéennes, souvent en limite septentrionale d'aire.
Ce complexe de milieux forestiers, exposés en pentes nord et sud, et de pelouses calcicoles et calcaro-sabulicoles avec des facies pionniers sur les écorchures et d’ourlets, permet l'expression d'une biodiversité remarquable pour la Picardie et le nord de la France.
INTERET DES ESPECES
De nombreuses espèces végétales assez rares à exceptionnelles (et menacées pour la plupart) en Picardie sont présentes, entre autres les suivantes :
La flore abrite notamment :
- l’exceptionnel Botryche lunaire (Botrychium lunaria*), petite fougère thermocalcicole discrète, dont c’est ici une des dernières stations de Picardie ;
- le Limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum*) d’affinités subméditerranéennes, ici en limite nord d’aire de répartition ;
- l’Ophrys araignée (Ophrys sphegodes*) ;
- le Polygale chevelu (Polygala comosa*) ;
- la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum*) ;
- la Bugrane naine (Ononis pusilla*) ;
- la Bugrane gluante (Ononis natrix) ;
- l’Orchis militaire (Orchis militaris) ;
- la Céphalanthère à grandes fleurs (Cephalanthera damasonium) ;
- l’Orchis singe (Orchis simia) ;
- l’Orchis mâle (Orchis mascula) ;
- l'Anacamptis pyramidal (Anacamptis pyramidalis) ;
- l’Epipactis rouge foncé (Epipactis atrorubens) ;
- la Néottie nid-d'oiseau (Neottia nidus avis) ;
- le Dompte-venin officinal (Vincetoxicum hirundinaria) ;
- la Pulsatille commune (Pulsatilla vulgaris) ;
- le Chêne pubescent (Quercus pubescens) ;
- l’Oeillet prolifère (Dianthus prolifera) ;
- l'Hellébore fétide (Helleborus foetidus) ;
- la Laîche tomenteuse (Carex tomentosa) ;
- la Laîche digitée (Carex digitata) sur les pentes nord ;
- le Séséli annuel (Seseli annum) ;
- le Silène à oreillettes (Silene otites) ;
- l’Armoise champêtre (Artemisia campestris) ;
- le Céraiste nain (Cerastium pumilum) ;
- les Orobanches blanche, améthyste, sanglante (Orobanche alba, O. amethystea, O. gracilis)...
Plusieurs lichens et bryophytes très rares, en limite septentrionale d'aire, sont également présents.
Faune :
Parmi les oiseaux remarquables figurent plusieurs espèces inscrites en annexe I de la directive "Oiseaux" de l'Union Européenne, comme le Pic noir (Dryocopus martius) ou la Bondrée apivore (Pernis apivorus), qui fréquentent le site en période de reproduction, sans toutefois y nicher.
Il en va de même pour le Faucon hobereau (Falco subbuteo).
Le Bruant zizi (Emberiza cirlus) fréquente les lisières et les pelouses piquetées d'arbustes.
Entomofaune
Les pelouses et les lisières thermocalcicoles abritent une grande variété d’insectes menacés, car inféodés aux espaces pelousaires thermophiles, dont de nombreux lépidoptères :
- le Fluoré (Colias australis) ;
- l’Azuré bleu-céleste (Polyommatus bellargus) ;
- l’Azuré bleu-nacré (Polyommatus coridon) ;
- le Thécla de l’Orme (Satyrium w-album), lépidoptère diurne rare ;
- le Petit Mars changeant (Apatura ilia) ;
- la Phalène ornée (Scopula ornata) ;
- la Funèbre (Tyta luctuosa).
La rare Cigale des montagnes (Cicadetta montana) est, ici, proche de sa limite d'aire septentrionale.
Reptiles remarquables :
- la Vipère péliade (Vipera berus), menacée en Picardie et en France ;
- la Coronelle lisse (Coronella austriaca) ;
- le Lézard agile (Lacerta agillis) n’a, semble-t-il, pas été revu depuis les années 1980.
FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE
L’absence d’entretien des pelouses génère une fermeture progressive du milieu par la prolifération du Brachypode penné, graminée sociale colonisatrice, et par le boisement spontané, très peu contenu par l’action des lapins et des chevreuils.
La banalisation biologique de ces anciens espaces ouverts originaux et exceptionnels pourrait être contrecarrée par des coupes circonstanciées des buissons envahissants, en dehors de la saison de reproduction de la faune.
Dans l'idéal, la réhabilitation d'un pâturage ovin extensif permettrait de retrouver une structure pelousaire proche de celle de l’époque où les troupeaux sortaient régulièrement sur ces coteaux.
C'est ce qui est envisagé sur la remarquable pelouse communale du plateau, dont la gestion et la valorisation ont été confiées au Conservatoire des Sites Naturels de Picardie.
N.B. Les espèces dont le nom est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (2)
Appellations d'origine (2)
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
765,5 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)