Localisation
Présentation
Pelouses, forêt et fort de Pagny-la-Blanche-Côte est une zone protégée de type ZSC, couvrant 141 hectares sur 5 communes. Cette zone inclut 9 forêts publiques. Elle comprend 1 626,7 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
Les combles de l'église de Maxey-sur-Vaise hébergent une importante colonie de mise bas de Grand murin tandis que les anciens ouvrages militaires et le tunnel désaffecté sont utilisés par plusieurs espèces de chiroptères, principalement en hiver. L’évolution générale du site n’est finalement soumise à aucun facteur anthropique (en dehors de la gestion conservatoire), seule la dynamique naturelle influence la qualité globale des milieux et leur répartition - et particulièrement la colonisation des ligneux une fois les pentes stabilisées. Si l’on se réfère au taux d’embroussaillement par les fourrés xéro-thermophiles en tant qu’indicateur de la qualité des pelouses et des éboulis, l’état de conservation global est très bon. Les fourrés arbustifs xéro-thermophiles représentent en effet, sous la forme de faciès d’embuissonnement des milieux ouverts, des taux moyens de l’ordre de 15 % sur la côte de Preye et de moins de 10 % sur la Blanche Côte. Dans les secteurs d’éboulis mobiles de la Blanche Côte, ce taux ne dépasse jamais 5 % suite aux différents travaux de restauration menés par le gestionnaire. L’état actuel semble ainsi optimal dans la mesure où la colonisation ligneuse au sein des éboulis plus ou moins mal fixés est le seul facteur naturel qui puisse modifier la répartition des végétations en stabilisant la pente et limitant ainsi la dynamique érosive. En l’absence de toute intervention de gestion, il se pourrait alors que la pente subisse un envahissement arbustif lent et épars favorable à l’installation de groupements de pelouses plus fermées. Les superficies d’éboulis plus ou moins mobiles constatées et comparées à la situation antérieure à l’année 2000 montrent que cette dynamique n’a pas été enclenchée. L’écart entre les surfaces entre ces deux périodes provient d’un diagnostic plus précis à la fois dans la justesse cartographique et dans le fait de discriminer les junipéraies des habitats pelousaires. Par ailleurs, l’abattage des anciennes pinèdes, des pins isolés et des semis a permis de retrouver des cortèges pelousaires à la typicité intéressante. En lien avec des conditions stationnelles extrêmes de sécheresse, de pente et d’exposition, il a été permis de retrouver en maints endroits des pelouses en gradins à Seslérie avec des intrications avec les groupements d’éboulis. Dans des conditions moins favorables, le retour à une pelouse typique à Genêt poilu et Seslérie a également été possible notamment sur la côte de Preye. Plus localement, sur la partie haute de la côte de Preye en situation plane, les pinèdes ont été remplacées par des pelouses ourléifiées à Seslérie et Genêt poilu qui contribuent finalement à la diversité des groupements de pelouses rencontrées. Il reste néanmoins quelques bosquets de semenciers âgés de pins européens qui n’ont pas été abattus et, de manière sporadique, des taches de jeunes semis de pins à contrôler régulièrement.
Le site est constitué de deux côtes calcaires - la "Côte sur le Preye" et la "Blanche Côte" - d’une vingtaine d’hectares chacune, exposées plein sud et, séparées par le village de Pagny-la-Blanche-Côte en rive droite de la Meuse. L’ensemble se situe en domaine collinéen continental, à une altitude comprise entre ; 256 m (Meuse) et 396 m (point culminant à la Tête des Rousseaux sur la Côte sur le Preye). L’intérêt paysager est exceptionnel dans le contexte de la plaine lorraine. Les deux côtes ont une origine commune (calcaire récifaux de l’Oxfordien) mais ont connu une évolution différente à l’échelle géologique. L’intérêt écologique, exceptionnel, connu depuis le siècle précédent, réside dans la présence originale d’éboulis mobiles, relictuels des glaciations. Ces formations sont extrêmement rares dans le quart nord-est de la France. Les autres habitats sont des pelouses calcaires à Seslérie et Genêt poilu, moins rares sur les côtes de Meuse. Il existe toutefois des variantes étendues de ce groupement, beaucoup plus rares (à Coronille naine, à Laîche de Haller), et qui participent à la diversité des habitats. Il s’agit sans aucun doute du site le plus thermophile de Lorraine, réputé pour son grand intérêt entomologique, et notamment pour le caractère méridional très marqué des cortèges. Les fourrés xérophiles contribuent à la diversité des niches écologiques en faveur des entomocénoses. Issue des périodes postglaciaires, la flore et la végétation des éboulis n'a vraisemblablement jamais connu de phase arbustive ou arborescente. En effet, il est admis que la mobilité des éboulis des deux sites a perduré depuis la fin de la dernière période glaciaire et qu'en conséquence ces côtes n'ont pas connu le développement des stades forestiers des époques boréales et atlantiques. Ainsi, cinq taxons hautement spécialisés caractérisent les éboulis mobiles ; Galium fleurotii, Silene vulgaris subsp.glaerosa, Leontodon hyoseroides et Iberis linifolia subsp. violletii. Le site comprend également des gîtes à chiroptères situés dans les combles d'une église, un pont sur la Meuse, un tunnel ferroviaire désaffecté et plusieurs anciens ouvrages militaires.
Cadre réglementaire
Site Natura 2000 designe au titre de la directive Habitats (92/43/CEE) pour la conservation d'habitats naturels et d'especes d'interet communautaire. Une evaluation des incidences est obligatoire pour tout projet susceptible d'affecter significativement le site (article L414-4 du Code de l'environnement). Les activites soumises figurent sur une liste nationale (R414-19) et sur les listes locales fixees par le prefet. Un Document d'Objectifs (DOCOB) definit les mesures de gestion du site.
Menaces et pressions identifiees
Incidence forte
- Abandon / Absence de fauche dans le site
- Mise en culture (y compris augmentation de la surface agricole) dans le site
- Abandon de systèmes pastoraux, sous-pâturage dans le site
Incidence moyenne
- Vol-à-voile, delta-plane, parapente, ballon dans le site
- Autres intrusions et perturbations humaines dans le site
Incidence faible
- Mise en culture (y compris augmentation de la surface agricole) autour du site
- Modification des pratiques culturales (y compris la culture perenne de produits forestiers non ligneux : oliviers, vergers, vignes…) autour du site
- Abandon de systèmes pastoraux, sous-pâturage autour du site
- Utilisation de biocides, d'hormones et de produits chimiques autour du site
- Remembrement agricole autour du site
- Elimination des haies et bosquets ou des broussailles autour du site
- Plantation forestière en terrain ouvert (espèces allochtones) autour du site
- Elimination du sous-bois autour du site
- Elimination des arbres morts ou dépérissants autour du site
- Exploitation forestière sans reboisement ou régénération naturelle autour du site
- Routes, autoroutes autour du site
- Voie ferrée, TGV autour du site
- Autres formes de transport d'énergie autour du site
- Aérodromes, héliports autour du site
- Urbanisation continue autour du site
- Zones industrielles ou commerciales autour du site
- Décharges autour du site
- Vandalisme dans le site
- Pollution autour du site
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (9)
- Forêt Communale de Burey-la-Côte publique
- Forêt Communale de Gibeaumeix publique
- Forêt Communale de Maxey-sur-Vaise publique
- Forêt Communale de Pagny-la-Blanche-Côte publique
- Forêt Communale de Saulxures-les-Vannes publique
- Forêt Communale de Sepvigny publique
- Forêt Communale de Vannes-le-Chatel publique
- Forêt Communale d'Uruffe publique
- Forêt Domaniale du Bois des Seigneurs domaniale
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (4)
- Mares a Amphibiens
- Mas de Bonnaude
- Ravin de la Fouon de la Bique
- Tourbieres d'Artimont et de Breitzhouse
Appellations d'origine (3)
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
1 625,1 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)