Localisation
Présentation
Plateaux et rochers des Vosges gréseuses de Saverne à Rheinardtsmunster est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 1 374 hectares sur 6 communes. Cette zone inclut 16 forêts publiques. Elle comprend 1 223,6 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
La ZNIEFF I « Plateaux, falaises et rochers des Vosges gréseuses de Saverne à Rheinardtsmunster » forme un vaste ensemble forestier dont l’intérêt repose surtout sur l’existence d’affleurements rocheux, de promontoires et de falaises. La limite nord de la ZNIEFF, au col de Saverne marque la limite naturelle de l’extension de la sapinière à Sapin blanc (Abies alba) et la flore forestière s’avère appauvrie par rapport aux autres forêts du massif, plus au sud. Toutefois des secteurs peu exploitables permettent le maintien de peuplements originaux. Sur certains plateaux secs, comme le Schweizerberg à Reinhardstmunster, se développe une chênaie-pinède avec de gros arbres à proximité du rebord des falaises. Les conditions climatiques particulières des pieds de falaises expliquent la présence de beaux sujets de Houx au port arborescent. Enfin l’ancienneté de ces forêts qui n’ont jamais été défrichées, offre un bon potentiel de conservation pour des invertébrés peu mobiles comme certains coléoptères sensibles au dessèchement de leur habitat larvaire, par exemple. Comme dans l’ensemble des Vosges moyennes, les Lycopodes sont assez bien représentés avec au moins trois espèces : le Lycopode sélagine (Huperzia selago), le Lycopode en massue (Lycopodium clavatum) et le Lycopode petit-cyprès (Diphasiastrum tristachyum). Indicateurs de la persistance de pans de forêts montagnardes de qualité, la Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus) et la Chevêchette d'Europe (Glaucidium passerinum) fournissent quelques observations sporadiques.
Mais l’intérêt du secteur provient surtout de l’archipel d’affleurements rocheux de divers types qui émergent du manteau forestier, qu’ils soient sauvages ou complétés par une ruine médiévale.
La simple présence de l’affleurement rocheux permet à une flore et à une faune spécialisée de s’installer. La Grotte Saint-Vit abrite par exemple une Hymenophyllacée, Trichomanes speciosum, petite fougère hygro-thermophile dont on ne trouve en Alsace quasiment que des stations de gamétophytes, qui se reproduisent par voie végétative, sans jamais produire de tige feuillée. Les promontoires des Châteaux du Haut-Barr et de l’Ochsenstein accueillent l’Asplenium trichomanes subsp. pachyrachis. D’autres promontoires sont le refuge de trois oiseaux rupestres : le Grand Corbeau (Corvus corax), le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) et le Grand-duc d'Europe (Bubo bubo). Deux reptiles sont typiques des lieux secs, chauds et pierreux : le Lézard des murailles (Podarcis muralis), y compris sur de petits sites entourés de forêt, et l’un de ses principaux prédateurs la Coronelle lisse (Coronella austriaca).
Les promontoires surmontés de châteaux forts sont souvent plus riches encore et abritent quelques « plantes castrales », c’est à dire introduites anciennement par l’Homme et naturalisées autour des châteaux et autres implantations anciennes.
Une autre influence, anthropique elle aussi, peut ponctuellement être décelée par le botaniste averti découvrant la présence surprenante de taxons plus ou moins exotiques. Cette influence est parfois qualifiée de « Walterienne » du nom d’Emile Walter, botaniste alsacien de renom, qui résida à Saverne, y fonda le Jardin botanique et mena des expériences d’implantation d’espèces exotiques en milieu naturel (Engel R., 1962). Notons que le Jardin botanique du Col de Saverne est conçu autour de pelouses d’un grand intérêt botanique : il a conservé la vingtaine d’espèces d’orchidées naturellement présentes (et introduit plusieurs espèces exotiques).
Pour finir avec ces curiosités botaniques mentionnons encore un site artificiel (muret de soutènement de la route de Reinhardtsmunster) qui rassemble deux fougères calcicoles : le Ceterach officinal (Ceterach officinalis), plutôt méditerranéen et l’Asplenium vert (Asplenium viride) qui est un boréo-montagnard. Déjà mentionné en 1962 (Engel, R., 1962) la station était toujours en place en 2012.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (16)
- Forêt Communale de Dimbsthal publique
- Forêt Communale de Garrebourg publique
- Forêt Communale de Gottenhouse publique
- Forêt Communale de Haegen publique
- Forêt Communale de Marmoutier publique
- Forêt Communale de Reinhardsmunster publique
- Forêt Communale de Saverne publique
- Forêt Communale de Thal-Marmoutier publique
- Forêt Communale d'Ottersthal publique
- Forêt Domaniale de Dabo domaniale
- Forêt Domaniale de la Mossig domaniale
- Forêt Domaniale de Phalsbourg domaniale
- Forêt Domaniale de Saverne domaniale
- Forêt Domaniale de Saverne-Massif du Kreutzwald domaniale
- Forêt Domaniale Indivise de Saint-Jean-Saverne domaniale
- Forêt du Waldfeld publique
Appellations d'origine (14)
- Bergamotes de Nancy IGP
- Choucroute d'Alsace IGP
- Crème fraîche fluide d'Alsace IGP
- Framboise d’Alsace IG
- Kirsch d’Alsace IG
- Miel d'Alsace IGP
- Miel de sapin des Vosges AOC
- Mirabelle d'Alsace IG
- Mirabelles de Lorraine IGP
- Munster ou Munster Géromé AOC
- Pâtes d'Alsace IGP
- Quetsch d’Alsace IG
- Volailles d’Alsace IGP
- Whisky d'Alsace ou Whisky alsacien IG
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
1 169,5 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)