PRAIRIES ALLUVIALES DE L'AVELON À AUX-MARAIS

ZNIEFF_I Code : 220005072

120 ha 3 communes
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Localisation

Présentation

PRAIRIES ALLUVIALES DE L'AVELON À AUX-MARAIS est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 120 hectares sur 3 communes. Cette zone inclut 3 forêts publiques. Elle comprend 361 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

DESCRIPTION

La vallée de l'Avelon, axe hydraulique et biologique essentiel du Bray, possède un lit majeur relativement large et plan en amont de Goincourt. Cette zone est inondée plus ou moins régulièrement. Elle est essentiellement valorisée par l'élevage, les herbages étant favorisés par une fertilisation naturelle lors des crues et par la proximité de la nappe.

Il en résulte la présence de milieux très précieux en Picardie :

- prairies de fauche inondables du Bromion racemos ;

- pâtures inondables (Hordeo secalini-Lolietum ;

- mares et anciens bras-morts atterris, fossés, chenaux de décrue, dépressions humides inondables avec une végétation aquatique (et hélophytique : Rorippo-Oenanthion aquaticae, Glycerio-Sparganion...) ;

- cariçaies (Caricion elatae), mégaphorbiaies (Thalictro-Filipendulion ulmariae) et phragmitaies (Phragmition australis) pâturées extensivement par des chevaux ;

- chênaies sessiliflores sur sables podzoliques (Quercion robori-petraeae), sur les bordures sableuses.

Les activités d'élevage ont façonné ces paysages remarquables du Bray humide. Le bocage, largement anthropique, constitue un bel exemple d'adaptation aux contraintes du milieu.

Des plantations de peupliers ont remplacé les prairies en plusieurs secteurs.

Une ancienne petite carrière de sable, près du Bois de Belloy, évolue spontanément vers un étang, colonisé par les Massettes (Typha latifolia).

INTERET DES MILIEUX

Les mares et les aulnaies tourbeuses basiclines (Thelypterido-Alnetum), les prairies de fauche inondables (Bromion racemosi), notamment, sont des milieux rares et menacés en Europe. En Picardie, les prairies inondables connaissent une régression considérable, comme dans l'ensemble de la France.

Ces habitats abritent de nombreuses espèces végétales et animales rares et menacées.

Le cours de l'Avelon et les petits étangs constituent également des biotopes intéressants, refuges pour des espèces rares.

La structure bocagère environnante est favorable, notamment à l'avifaune.

Globalement, cette juxtaposition de milieux, présentant divers degrés d'humidité, utilisés essentiellement à des fins d'élevage, permet l'expression d'une biodiversité remarquable en Picardie.

INTERET DES ESPECES

Flore

De nombreuses espèces, assez rares à exceptionnelles et menacées en Picardie, sont présentes dans cette zone humide et ses abords : :

- la Véronique en écus (Veronica scutellata*),

- la Stellaire des marais (Stellaria palustris*),

- la Scorzonère humble (Scorzonera humilis),

- la Benoîte des ruisseaux (Geum rivale),

- la Laîche vésiculeuse (Carex vesicaria),

- l'Oenanthe à feuilles de Silaus (Oenanthe silaifolia),

- l'Oenanthe fistuleuse (Oenanthe fistulosa),

- le Séneçon aquatique (Senecio aquaticus),

- la Saxifrage granulée (Saxifraga granulata),

- la Thélyptéride des marais (Thelypteris palustris)...

Faune :

Avifaune remarquable :

- le Martin-pêcheur (Alcedo atthis), inscrit en annexe I de la directive "Oiseaux" de l'Union Européenne,

- le Râle d'eau (Rallus aquaticus) assez rare en Picardie.

Batrachofaune remarquable :

- l'Alyte accoucheur (Alytes obstetricans) : assez rare et menacé en Picardie, et, de ce fait, inscrit en annexe IV de la directive "Habitats".

Entomofaune remarquable :

- le Caloptéryx vierge (Calopteryx virgo), assez rare en Picardie ;

- l'Agrion à longs cercoïdes (Cercion lindeni) ;

- l'Agrion mignon (Coenagrion scitulum) ;

- le Damier de la Sanguisorbe (Brenthis ino), très rare en Picardie, dans les prairies de fauche.

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

Les difficultés de l'élevage entraînent des évolutions de l'occupation du sol. Des terres trop humides sont boisées, ou, inversement, des prairies peuvent être retournées ou intensifiées. Il en résulte une perte notable de l'intérêt à la fois biologique et paysager. En revanche, le pâturage extensif par des chevaux permet une valorisation exemplaire de certains secteurs parmi les plus humides.

Une agriculture adaptée aux particularités du Bray humide permet de conserver et de faire vivre des paysages et des milieux de très grand intérêt patrimonial.

Cet intérêt, tant biologique que paysager, est complémentaire de celui du patrimoine architectural et historique remarquable, de plus en plus valorisé sur le plan touristique.

N.B. Les espèces végétales dont le nom est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

120
ha de surface
3
communes

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (3)

Appellations d'origine (2)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

221,6 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 115,4 ha
Maïs grain et ensilage 41,6 ha
Blé tendre 32,5 ha
Divers 18,6 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 4,5 ha
Prairies temporaires 3,8 ha
Colza 3,1 ha
Orge 2,1 ha

Communes (3)