Réservoir biologique de la Liane

ZNIEFF_I Code : 310030080

67 ha 9 communes
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Localisation

Présentation

Réservoir biologique de la Liane est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 67 hectares sur 9 communes. Cette zone inclut 4 forêts publiques. Elle comprend 5 285 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

La Liane est un bassin côtier qui présente un intérêt majeur autant pour les espèces holobiotiques que pour les migrateurs amphihalins. Les 17 km concernés par le projet de classement en ZNIEFF propose une diversité de faciès intéressante qui permet à l’espèce repère truite fario de réaliser les grandes étapes de son cycle biologique. En présentant des habitats de reproduction et de croissance pour les juvéniles à moins de 30km de l’estuaire, le secteur concerné par le projet de ZNIEFF présente un intérêt particulier pour les salmonidés amphihalins dont l’effort migratoire reste limité , comparativement aux bassins de l’Authie et de la Canche.

L’anguille est classée sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN comme étant en voie critique d’extinction. La disparition des habitats favorables à sa croissance est une des causes de raréfaction du stock. En tant qu’espèce ubiquiste et territoriale, la diversité d’habitats et leur qualité représente un des paramètres déterminant les densités d’individus qu’ils soient « résidents, c’est à dire en s’établissant sur une aire données sur plusieurs années ou bien nomades, en divaguant d’un habitat à un autre (Feunteun et al., 2003). De plus, en disposant d’un spectre trophique relativement large (poissons, invertébrés) et en étant classé comme « charognard », l’anguille joue un rôle de régulateur au sein du réseau trophique.

Sensible à la pollution, le chabot est en net déclin dans de nombreuses rivières (Bruslé et Quignard, 2001). La préservation des zones de production identifiées sur le projet de ZNIEFF constitue une garantie au maintien d’une population stable. En effet, les zones de radier et de plat courant, à fond caillouteux constituent à la fois des zones de reproduction mais également de croissance au regard du préférendum trophique de l’espèce. Le chabot est considéré comme étant une des principale espèce d’accompagnement de la truite fario sur les cours d’eau de type salmonicole, au même titre que le vairon. C’est un maillon trophique essentiel au sein de la chaine alimentaire « salmonicole » qui reste relativement restreinte et fragile à l’échelle régionale (3 maillons). La préservation de chaque espèce indigène est donc essentielle.

En tant qu’espèce « parapluie », la truite fario a fait l’objet d’une attention particulière lors de l’élaboration des documents cadre de gestion piscicole (PDPG59 et 62). Il s’avère que la dégradation de la qualité des cours d’eau limite le renouvellement des stocks de cette espèce bioindicatrice qui risque de disparaître à court terme si aucune action de restauration n’est entreprise (Jourdan, 2005, Lefebvre, 2007). La diversité et la fonctionnalité des séquences identifiées sur le périmètre du projet de ZNIEFF doit permettre d’assurer la réalisation des grandes étapes du cycle biologique de l’espèce à savoir la reproduction, l’éclosion et la croissance des individus.

La présence de plats lentiques à l’échelle d’un hydrosystème lotique constitue une configuration physique favorable à la présence et au développement de la lamproie de planer, espèce non migratrice qui présente un cycle biologique atypique. L’enjeu de conservation est important puisque la lamproie de planer est une des rares espèces indigènes (à l’exception de certains macroinvertébrés) à être inféodée durablement aux habitats sablo-vaseux notamment durant sa phase juvéniles (larves amocètes). La préservation d’une alternance de zones lentiques et lotiques favorise donc la biodiversité de l’écosystème « salmonicole » dont la lamproie de planer fait partie intégrante.

A l’instar des sous bassins de la Canche, la fonctionnalité biologique du linéaire est fortement pénalisée par l’érosion des sols agricoles et le lessivage des surfaces imperméabilisées qui concernent plus de 35% de déficit d’accueil et de production pour l’espèces repère truite fario. En effet, les flux massifs de particules fines (minérales et organiques) vers le lit mineur des cours d’eau induisent le colmatage des zones de production.

Le potentiel d’accueil et de production de ce tronçon de la Liane reste intéressant pour un cours d’eau présentant une telle typologie de substrat (argilo-marneux) puisqu’en l’absence de perturbation anthropique, le milieu serait capable de produire annuellement environ 300 truites fario et d’en accueillir plus de 500 individus. La capacité de production est alors le facteur limitant « naturel » de ce type de cours deux fois moins productifs que les bassins crayeux (Authie, Canche, Aa…).

Par ailleurs et contrairement aux autres cours d’eau côtiers du département, l’impact des ouvrages hydrauliques sur la fonctionnalité de l’hydrosystème est nettement limité. En effet, seulement deux ouvrages pénalisent de manière significative les migrations piscicoles ainsi que le transit sédimentaire : il s’agit des ouvrages Marguet à l’estuaire de la Liane ainsi que l’ouvrage de Mourlinghem situé sur la commune de Questreques.

La connexion avec la ZNIEFF située à l’amont du bassin est possible au regard de la continuité écologique existante et de la faible distance qui sépare les deux ZNIEFF.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

67
ha de surface
9
communes

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (4)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)

Appellations d'origine (2)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

5 214,1 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 3 349,4 ha
Maïs grain et ensilage 1 078,9 ha
Blé tendre 349 ha
Prairies temporaires 187 ha
Divers 73,5 ha
Fourrage 54,9 ha
Orge 50,6 ha
Autres céréales 32,7 ha
Plantes à fibres 15,2 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 9,6 ha

Communes (9)