Localisation
Présentation
Rivière Tarn (partie Aveyron) est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 2 381 hectares sur 41 communes. Cette zone inclut 9 forêts publiques. Elle comprend 4 912,5 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
La ZNIEFF de la rivière Tarn prend en considération un linéaire du cours d’eau sur un peu plus de 2 385 ha à cheval sur les départements de l’Aveyron et du Tarn. La limite ouest correspond à la commune de Saint-Juéry, et à la limite est à celle de Mostuéjouls. Le cours d’eau est constitué d’alluvions récentes. L’altitude moyenne est de 300 m. Les paysages observés correspondent essentiellement au lit mineur et à sa ripisylve, à quelques secteurs de bois et à des zones agricoles.
D’un point de vue floristique, une vingtaine d’espèces déterminantes ont été recensées. Ce sont essentiellement des espèces des rochers acides, telles que le Silène à bouquets (Silene armeria), l’Asarine couchée (Asarina procumbens) et les fougères Asplénium du Forez (Asplenium foreziense), Asplénium de Billot (Asplenium obovatum subsp. billotii), et Asplénium des ânes (Asplenium onopteris), cette dernière étant fort rare dans le département de l’Aveyron. Ensuite, on trouve des espèces de tonsures annuelles acidiphiles avec notamment la Porcelle des moutons (Arnoseris minima) et l’Hélianthème tacheté (Xolantha guttata). La ripisylve présente de belles populations de Primevère acaule (Primula vulgaris subsp. vulgaris). Enfin, les sables des bords du Tarn offrent également quelques espèces intéressantes, comme la Glaucienne jaune (Glaucium flavum) ou la Soude-bouc (Salsola kali subsp. tragus), taxon protégé en Midi-Pyrénées. Si on considère la faune, cette ZNIEFF accueille plusieurs groupes taxonomiques intéressants, notamment ceux concernant les oiseaux, les mammifères, les insectes ainsi que les crustacés. On note la présence de deux mammifères peu communs. Il s’agit d’une espèce de la famille des mustélidés essentiellement piscivore, la Loutre d’Europe, et du plus grand rongeur européen, le Castor d’Eurasie. Ces deux espèces connaissent une tendance actuelle à la recolonisation, mais elles restent vulnérables. Cette rivière semble correspondre à leurs exigences écologiques à toutes deux, c’est-à-dire un cours d’eau permanent avec par endroits des zones assez profondes au courant pas trop rapide, des ressources alimentaires suffisamment disponibles (végétaux et poissons), des berges favorisant leurs installations et enfin un hydrosystème peu affecté par des pressions anthropiques (fréquentation, aménagements...). L’avifaune regroupe 13 espèces remarquables. On retrouve des oiseaux inféodés aux milieux rupestres (falaises en périphérie du cours d’eau) comme le Faucon pèlerin, le Grand-Duc d’Europe ou encore le Vautour fauve et le Crave à bec rouge. Les falaises argileuses sont susceptibles d’accueillir le Guêpier d’Europe. On recense également des espèces liées aux zones boisées plutôt matures comme le Pic mar. Ces mêmes zones peuvent être utilisées comme sites de nidification par certains rapaces comme le Circaète Jean-le-Blanc ou encore le Milan royal. Enfin, des espèces dépendant des milieux propres aux cours d’eau sont également présentes, comme le Petit Gravelot qui affectionne ici les zones planes sableuses et caillouteuses, et le Héron cendré qui niche dans la ripisylve. La présence de 3 espèces déterminantes de poissons témoigne de la bonne qualité des eaux de cette rivière. Celle-ci comprend une espèce migratrice représentée par l’Anguille et deux espèces de la famille des cyprinidés : la Vandoise commune et le Toxostome qui est moins exigeant en matière de qualité des eaux. Notons également la présence de la Bouvière dans des inventaires piscicoles réalisés en 2004 sur la commune d’Ambialet. Les grèves du Tarn abritent plusieurs orthoptères patrimoniaux. Les adultes du petit Grillon des torrents (Pteronemobius lineolatus) chantent en été. Parmi les criquets, l’Œdipode aigue-marine (Sphingonotus caerulans) est présent. La rivière Tarn présente également un très fort enjeu pour les odonates. Le Gomphe à crochets (Onychogomhus uncatus) est présent sur le Tarn, où il fréquente les zones de rapides. Milcent & Dommanget (1997) ont constaté un fort déclin de cette espèce sur la rivière Tarn au cours de ces dernières décennies. Trois espèces protégées en France et d’intérêt communautaire sont aussi présentes sur le Tarn : le Gomphe de Graslin (Gomphus graslini), la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisi) et la Cordulie splendide (Macromia splendens) (Milcent & Dommanget, 1997). Ces espèces affectionnent les grands cours d’eau « chauds » du Sud de la France. La Cordulie splendide fait l’objet d’un suivi sur le Tarn depuis 1979. Milcent & Dommanget (1997) citent également la présence dans la vallée du Tarn du rare Cordulégastre bidenté (Cordulegaster bidentata), dont la larve habite exclusivement les zones de sources et de résurgences. Les crustacés constituent les animaux les plus fréquents des eaux souterraines avec 3 espèces déterminantes connues. Selon Bou (2004), la présence d’espèces comme Candonopsis boui, Stenasellus virei, Acanthocyclops stammeri westphalicus... forme des associations faunistiques remarquables des nappes phréatiques du bassin hydrographique du Tarn. Il est important de signaler que Candonopsis boui est endémique du bassin du Tarn. La présence de l’Écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) se limite à de faibles linéaires sur quelques affluents sur le secteur considéré. La qualité des eaux permet d’héberger un mollusque d’intérêt patrimonial reconnu, Moitessieria rolandiana. Cette espèce, protégée en France, est inféodée aux cours d’eau des bordures ouest et sud du Massif central.
La présence de nombreuses espèces animales et végétales sur cette portion de rivière représente un intérêt majeur en matière de conservation du patrimoine naturel de la région Midi-Pyrénées.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (9)
- Forêt Communale de Millau publique
- Forêt Communale de Mostuéjouls publique
- Forêt Communale de Viala-du-Tarn publique
- Forêt de Millau Grands Causses publique
- Forêt Départementale du Tarn publique
- Forêt Domaniale des Grands Causses domaniale
- Forêt Sectionale de Mélac publique
- Forêt Sectionale de Saint-Geniez-de-Bertrand publique
- Forêt Sectionale de Saint-Germain publique
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)
Appellations d'origine (20)
- Agneau de l'Aveyron IGP
- Agneau de Lozère IGP
- Aveyron IGP
- Bleu des Causses AOC
- Canard à foie gras du Sud-Ouest IGP
- Comté Tolosan IGP
- Confit d'oie du Sud-Ouest (demande de reconnaissance en IGP) PNT
- Côtes de Millau AOC
- Côtes du Tarn IGP
- Foie gras d'oie du Sud-Ouest PNT
- Gaillac AOC
- Génisse Fleur d'Aubrac IGP
- Jambon de Bayonne IGP
- Oie du Sud-Ouest (demande de reconnaissance en IGP) PNT
- Pérail IGP
- Porc du Sud-Ouest IGP
- Poulet des Cévennes ou Chapon des Cévennes IGP
- Roquefort AOC
- Veau d'Aveyron et du Ségala IGP
- Volailles du Languedoc IGP
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
4 561,4 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)