VALLÉE D'ACON À LA CHAUSSÉE-TIRANCOURT

ZNIEFF_I Code : 220013451

40 ha 2 communes
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Localisation

Présentation

VALLÉE D'ACON À LA CHAUSSÉE-TIRANCOURT est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 40 hectares sur 2 communes. Elle comprend 871,7 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

DESCRIPTION

Affluente de la vallée de la Somme, au niveau de La Chaussée-Tirancourt, la « Vallée d'Acon » présente la dissymétrie classique des vallées du plateau picard, de direction générale sud/nord : le versant est (exposé à l'ouest) est caractérisé par une pente abrupte, tandis que le versant opposé est disposé en pente douce (il est exclu de la zone car il est cultivé).

Le versant abrupt présente les habitats suivants :

- éboulis crayeux du Resedo luteae-Chaenorhinetum minoris ;

- pelouse calcicole, relevant de l'Avenulo pratensis-Festucetum lemanii ;

- ourlet calcicole du Centaureo nemoralis-Origanetum vulgaris, où le Brachypode penné (Brachypodium pinnatum) domine ;

- fourrés de recolonisation du Rubo-Prunetum mahaleb ;

- plantations de conifères et bois de feuillus.

Sur le versant, se trouve également une entrée de cavité souterraine. Cette cavité correspond à une ancienne carrière de craie, datant du XIIIème siècle et ayant servi à la construction de la cathédrale d'Amiens. Le réseau de galeries se révèle très vaste et fortement ramifié. Ce site a été rouvert en 1995, alors qu'il était fermé depuis les années 1980.

Dans le fond de vallée, les habitats suivants sont représentés :

- herbiers aquatiques occupant l'Acon (Riccio fluitantis-Lemnion trisulcae, Ranunculion aquatilis) ;

- mégaphorbiaies turficoles du Thalictro flavi-Filipendulion ulmariae et mégaphorbiaies eutrophes du Calystegion sepium ;

- roselières fragmentaires du Phragmition australis ;

- cariçaies rivulaires (Caricetum ripario-acutiformis) ;

- prairies humides du Mentho aquaticae-Juncion inflexi ;

- prairies mésophiles du Lolio-Cynosurion.

Le site présente un attrait pédagogique élevé : paysages diversifiés sur un espace restreint, intérêt archéologique, gestion par le pâturage (Highland cattle et moutons), proximité du site archéologique de Samara.

INTERET DES MILIEUX

Les pelouses calcicoles de l'Avenulo pratensis-Festucetum lemanii sont des milieux en forte régression en Picardie et inscrits à la directive "Habitats" de l'Union Européenne. Les éboulis crayeux hébergent le Sisymbre couché (Sisymbrium supinum*), inscrit à l'annexe II de la directive "Habitats". Les mares et l'Acon hébergent plusieurs espèces d'amphibiens remarquables. La cavité souterraine présente un intérêt élevé pour l'accueil des chiroptères en hivernage, du point de vue de la diversité spécifique (cinq espèces).

INTERET DES ESPECES

Flore :

Les éboulis crayeux hébergent le Sisymbre couché (Sisymbrium supinum*), espèce très rare et vulnérable en Picardie, inscrite à la directive "Habitats" de l'Union Européenne.

Les pelouses hébergent l'Acéras homme-pendu (Aceras anthropophorum), rare et vulnérable en Picardie.

Dans le fond de vallée, se développe le Pigamon jaune (Thalictrum flavum), assez rare en Picardie.

La Céphalanthère à grandes fleurs (Cephalanthera damasonium), orchidée assez rare en Picardie, est observée en sous-bois.

Faune :

Les tritons sont particulièrement bien représentés avec la présence des quatre espèces picardes : le Triton alpestre (Triturus alpestris), vulnérable au niveau national ; le Triton ponctué (Triturus vulgaris), assez rare en Picardie ; le Triton palmé (Triturus helveticus), assez commun, et surtout le Triton crêté (Triturus cristatus), inscrit à l'annexe II de la directive "Habitats". Le Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus), très rare en Picardie et vulnérable en France, est également présent sur le site.

Pour l'avifaune, signalons la nidification occasionnelle du Martin-pêcheur (Alcedo atthis), inscrit à la directive "Oiseaux", du Râle d'eau (Rallus aquaticus), assez rare en Picardie et de la Sarcelle d'été (Anas querquedula), nicheur probable certaines années (espèce très rare en Picardie). La nidification de ces oiseaux d'eau est conditionnée à l'existence de niveaux d'eau élevés.

La cavité souterraine héberge, en hiver, le Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), inscrit à l'annexe II de la directive "Habitats", le Vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus), vulnérable en France et le Vespertilion de Natterer (Myotis nattereri), rare en Picardie.

La faune odonatologique comprend l'Agrion joli (Coenagrion pulchellum) et l'Aeschne printanière (Brachytron pratense), peu communs à assez rares en Picardie. D'autres espèces remarquables ont également été observées à la fin des années 1980 : le Sympétrum vulgaire (Sympetrum vulgatum), l'Orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens) et l'Agrion délicat (Ceriagrion tenellum).

Sur le larris se maintient le rhopalocère Azuré bleu-céleste (Polyommatus bellargus), en régression en Picardie. Dans la prairie humide, on peut noter la présence du Conocéphale des roseaux (Conocephalus dorsalis), orthoptère peu abondant en Picardie. Des diptères remarquables ont également été inventoriés.

FACTEURS INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

- Le larris et la prairie humide font l'objet d'une gestion assurée par le Conservatoire des Sites Naturels de Picardie. Différentes opérations de gestion, visant à restaurer et à améliorer l'intérêt à la fois écologique et paysager du site, ont d'ores et déjà été conduites :

* restauration d'un pâturage bovin (Highland Cattle), dans le fond de vallée ;

* restauration d'un pâturage extensif ovin, sur le larris ;

* mise en place d'une grille fermant l'entrée de la cavité, dans l'objectif de garantir une tranquillité aux chiroptères en hibernation ;

* plantation de saules le long du cours de l'Acon ;

* pose de panneaux d'information.

- Plusieurs habitats aquatiques semblent avoir disparu du site, à la suite de la dégradation de la qualité des eaux et des sécheresses successives. Il s'agit, notamment, des herbiers à Callitriche hamulata, des herbiers à Characées, des herbiers à Utricularia australis et des voiles de lentilles d'eau à Ricciocarpus natans (Ricciocarpetum natantis). Globalement, les milieux aquatiques sont en voie d'eutrophisation, ce qui accélère le processus d'envasement de l'Acon et des mares.

N.B. : les espèces végétales dont le nom latin est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

40
ha de surface
2
communes

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (4)

Sites du Conservatoire du littoral (1)

Appellations d'origine (1)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

859,3 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Blé tendre 294,7 ha
Prairies permanentes 154,1 ha
Colza 100,7 ha
Orge 79,9 ha
Autres cultures industrielles 76 ha
Protéagineux 44,3 ha
Prairies temporaires 33,1 ha
Fourrage 30,6 ha
Divers 19,7 ha
Légumes ou fleurs 18,5 ha

Communes (2)