Vallée de l'Eyrieux et de ses affluents

ZSC Code : FR8201658

20 326 ha 38 communes
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Localisation

Présentation

Vallée de l'Eyrieux et de ses affluents est une zone protégée de type ZSC, couvrant 20 326 hectares sur 38 communes. Cette zone inclut 10 forêts publiques. Elle comprend 82 937,4 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Les nombreux corridors (axes de déplacement) terrestres et aquatiques font du site FR8201658 « Vallées de l’Eyrieux et de ses affluents » un véritable relai en Ardèche : l'Eyrieux et ses affluents possèdent de nombreuses zones de remous et de tourbillons (affouillements) favorisant certaines espèces aquatiques ; le long de la rivière, le dépôt de sable a rendu possible le boisement en forêt de bois blanc et les gorges exposent leurs falaises riches en espèces de reptiles. L’Eyrieux dans sa vallée alluviale est un cours d’eau à connotation naturelle, qui ne comprend pas de digue, de canalisation ou d’épis récents. Son espace de bon fonctionnement ou de divagation pendant les évènements de crue n’est pas contraint par les ouvrages (seuils notamment), qui sont quasi-transparents lors de la montée des eaux. A noter que le maintien de cet espace de bon fonctionnement génère une diversité de milieux et d’espèces. La vallée de l’Eyrieux et ses contreforts affichent une dominance des végétations liées aux sols siliceux mais également de manière plus ponctuelle aux substrats basaltiques (massif de Chirouse par exemple). Bien que relativement homogène sur le plan géologique, l’étagement des végétations est particulièrement marqué, allant des basses plaines de la vallée du Rhône (méso- et supra-méditerranéen) jusqu’aux plateaux ardéchois (montagnard inférieur). De même on constatera une forte variation des agencements écologiques : peuplements aquatiques, rivulaires, rocheux… Il en découle une forte diversité de formations végétales. Les Boutières, représentées par des sommets doux qui s’amenuisent vers l’est en crêtes rocheuses déchiquetées, offrent un paysage très minéral. C’est le pays des pentes, résultant de l’action des cours d’eau sur le socle cristallin. Des serres (crêtes) plus ou moins larges compartimentent les vallées, les espaces alluviaux de fond de vallée sont étroits. Le territoire est occupé majoritairement par des milieux forestiers. Cela s’explique notamment du fait de l’abandon de l’agropastoralisme et de l’entretien des terrasses, qui ont induit la recolonisation de ces espaces par la végétation arbustive (landes à genêts, landes sèches européennes). Sur certains secteurs des Boutières, l’activité pastorale subsiste cependant, permettant le maintien de milieux ouverts, les sommets des serres sont encore bien pâturés et des pelouses remarquables y sont représentées. Les Boutières, par cette mosaïque de milieux ouverts et semi-ouverts, accueille une faune patrimoniale telle que le Bruant ortolan, le Lézard ocellé, le Lézard catalan, la Laineuse du prunellier, des papillons en forte régression sur le territoire national comme le Mercure ou l’Hermite qui semblent encore se maintenir localement. L’Azuré du Serpolet est connu de plusieurs stations où l’Origan, sa plante hôte, et Myrmica sabuletti, sa fourmi hôte, ont des populations suffisantes pour son développement. L’un des lépidoptères les plus emblématiques du site pourrait être l’Azuré des Orpins. La moitié des habitats naturels présents sur le site sont inscrits à l’annexe I de la Directive Habitats, soit 20 habitats représentant 47 % de la superficie du site. Le site est remarquable par sa diversité faunistique. Tous les groupes sont représentés : de nombreux gîtes favorables aux chauves-souris (vieux arbres et bâtis) accueillent des colonies de Petit Rhinolophe, Murins de grande taille et de Pipistrelles. L’ensemble des cours d’eau permanents du site sont favorables à la Loutre d’Europe, au Castor mais également à de nombreux invertébrés (Cordulie à corps fin, Agrion de Mercure, Ecrevisse à pattes blanches), poissons (Barbeau méridional, Blageon, Toxostome, Bouvière), amphibiens (Sonneur à ventre jaune, Grenouille rousse, Grenouille agile, Alyte accoucheur) et reptiles (Couleuvre vipérine). Le territoire est un lieu de transition bioclimatique par l’ouverture et l’orientation est/ouest de la vallée de l’Eyrieux sur le couloir rhodanien qui permet d’adjoindre au climat dominant continental des irradiations méridionales, notamment dans le secteur de la basse vallée de l’Eyrieux. La basse vallée de l’Eyrieux est en ce sens représentatif d’un secteur de transition climatique entre le climat méditerranéen et un climat plus tempéré. Ces discontinuités climatiques se retrouvent au sein des assemblages d’écosystèmes qui forment des mélanges originaux d’espèces rattachées à des secteurs biogéographiques différents. De nombreuses espèces méditerranéennes trouvent là leur limite nord d'aire de répartition. C’est le cas par exemple de la Cordulie splendide et du Ciste de pouzolz.

Le site FR8201658 « Vallée de l’Eyrieux et ses affluents » est inclus dans deux domaines biogéographiques : 81 % méditerranéen et 19 % continental. Le bassin versant de l’Eyrieux est entouré par le sillon rhodanien à l’est, les bordures du Massif central au sud-est et les monts du Vivarais à l’ouest. Cette fraction du département de l’Ardèche est caractérisée en premier lieu par sa teinte méditerranéenne atténuée, notamment à l’approche des limites nord, par les influences septentrionales. Le second facteur structurant n’est autre que la géologie. Le bassin est riche en roches métamorphiques et cristallines formées lors des remontées de magmas au début de l’ère secondaire. A l’Ere tertiaire, sous l’influence d’une très forte activité volcanique, des coulées de basaltes vont se répandre sur la partie occidentale de la zone et notamment au niveau des bassins de la Rimande, de l'Eysse et de la Saliouse (hors du site). Ces formations volcaniques restent très minoritaires à l’échelle d’un bassin largement dominé par les terrains cristallins et métamorphiques. Le site est un secteur de transition climatique, qui fait l’originalité et la diversité des habitats naturels du bassin versant. Au regard de la forte hétérogénéité du site d’étude, sont distinguées au sein de cette entité 3 unités paysagères distinctes : les Boutières, la moyenne vallée de l’Eyrieux avec ses plateaux et ses pentes et la basse vallée de l’Eyrieux ou plaine alluvionnaire. A l’interface de ces paysages, sur les pieds des versants se retrouvent de nombreux vallons humides s’échappant petit à petit vers la plaine. Si l’influence de l’homme se fait nettement ressentir, elle façonne aussi ce paysage et ne semble pas (pour l’heure) perturber outre mesure les équilibres spontanés. Afin d’assurer le maintien voire la restauration des habitats et espèces de ce site, il convient de concilier davantage utilisation du territoire et milieu naturel. Ainsi, la réouverture et l’entretien de milieux prairiaux par une activité pastorale adaptée apparaît très pertinente d’un point de vue social, économique et écologique. De même, une meilleure connaissance et gestion de l’eau permettraient d’améliorer la qualité d’habitats pour de nombreuses espèces (poissons, invertébrés et mammifères semi-aquatiques). Les populations d'écrevisses à pieds blanc nécessitent une attention particulière par rapport aux risques liés aux espèces invasives. La mise en place d’îlots de vieillissement contribuerait à diversifier les milieux forestiers, assez homogènes à ce jour du fait de l’exploitation récente sur la quasi-totalité des montagnes. Ces différents points ont le même objectif : préserver la richesse biologique locale en prenant en compte les enjeux écologiques et en développant une économie locale adaptée et respectueuse de ces enjeux écologiques.

Cadre réglementaire

Site Natura 2000 designe au titre de la directive Habitats (92/43/CEE) pour la conservation d'habitats naturels et d'especes d'interet communautaire. Une evaluation des incidences est obligatoire pour tout projet susceptible d'affecter significativement le site (article L414-4 du Code de l'environnement). Les activites soumises figurent sur une liste nationale (R414-19) et sur les listes locales fixees par le prefet. Un Document d'Objectifs (DOCOB) definit les mesures de gestion du site.

Menaces et pressions identifiees

Incidence forte

  • Pollution des eaux de surfaces (limniques et terrestres, marines et saumâtres) dans le site
  • Abandon de systèmes pastoraux, sous-pâturage dans le site

Incidence moyenne

  • Mise en culture (y compris augmentation de la surface agricole) dans le site
  • Captages des eaux de surface dans le site
  • Comblement et assèchement dans le site

Incidence faible

  • Randonnée, équitation et véhicules non-motorisés dans le site
  • Véhicules motorisés dans le site
  • Alpinisme, escalade, spéléologie dans le site
  • Elimination des haies et bosquets ou des broussailles dans le site
  • Autres intrusions et perturbations humaines dans le site
  • Modification des pratiques culturales (y compris la culture perenne de produits forestiers non ligneux : oliviers, vergers, vignes…) dans le site

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

20 326
ha de surface
38
communes
594
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (10)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (4)

Appellations d'origine (22)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

78 933,8 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Estives et landes 55 046,7 ha
Prairies permanentes 15 352,6 ha
Fruits à coque 5 469,2 ha
Divers 933,1 ha
Vergers 663,7 ha
Légumes ou fleurs 361,5 ha
Maïs grain et ensilage 272,9 ha
Prairies temporaires 241 ha
Autres céréales 181,6 ha
Fourrage 144,6 ha

Communes (38)