Vallée de la Saône

ZSC Code : FR4301342

21 725 ha 96 communes
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Localisation

Présentation

Vallée de la Saône est une zone protégée de type ZSC, couvrant 21 725 hectares sur 96 communes. Cette zone inclut 174 forêts publiques. Elle comprend 175 598,6 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

De Vioménil, où elle prend sa source dans les Vosges, à sa confluence avec le Rhône, la Saône traverse 6 départements sur 480 km dont 145 en Haute-Saône. L'axe de la vallée est d'orientation générale nord-est/sud-ouest. La rivière s'écoule sur des alluvions reposant sur des grès, des marnes et des calcaires argileux jusqu'à la confluence avec la Lanterne. Dès ce niveau, les calcaires constituent l'assise jusqu'à l'amont de Gray où leur succèdent des remplissages lacustres. Un système de terrasses étagées, témoin d'un ancien lit de la Saône, domine l'actuel lit majeur. La nappe alluviale de la Saône est semi-captive. Les échanges, latéraux avec la rivière et verticaux avec la surface, sont en effet restreints en raison de l'imperméabilité des alluvions. L'infiltration très ralentie des eaux pluviales expose les sols aux pluies et aux crues principalement en hiver et au printemps. Il en résulte une hydromorphie marquée dans tous les secteurs de niveau topographique inférieur et dans ceux caractérisés par l'existence de nappes superficielles. Les sols sont mieux drainés (granulométrie assez grossière des matériaux) en bordure de rivière. Ces dispositions se modifient de l'amont à l'aval. Malgré la mise en culture de certains secteurs, les prairies inondables du lit majeur constituent encore des complexes fonctionnels bien typiques et bien individualisés dans lesquels les groupements végétaux aquatiques, prairiaux ou forestiers restent remarquables. Parmi les groupements herbacés constituant le lit majeur de la vallée, on distingue : - L'arrhénathéraie à colchique, prairie qui se développe sur les niveaux topographiques supérieurs. Elle est menacée par les cultures en raison du caractère temporaire et court de l'inondabilité du sol. - Les prairies inondables à brome et à séneçon et pâture mésohygrophile occupent la plus grande partie de la surface alluviale*, sur les niveaux topographiques moyens et inondables. Elles présentent une grande diversité floristique, caractéristique des couloirs alluviaux. - Les prairies longuement inondables à Oenanthe fistuleuse et le groupement pâturé inondable à Vulpin genouillé sont des groupements rencontrés dans les dépressions mouillées une grande partie de l'année. Deux espèces végétales protégées leur sont associées : la Stellaire des marais et la Gratiole officinale. Ces groupements assurent la transition topographique entre les prairies de niveau moyen et les groupements plus humides ou aquatiques. L'ensemble de ces prairies est actuellement géré en fauche, pâturage ou système mixte ; les apports de fertilisants sont généralement faibles à nuls. On peut considérer qu'il s'agit de milieux naturels fragiles, menacés par des processus d'intensification (amendement ou mise en culture) ou de conversion (plantation de peupliers) qui ont, jusqu'à présent, relativement épargné le site. Des formations plus linéaires ou ponctuelles de mégaphorbiaies, cariçaies et roselières sont associées à ces ensembles prairiaux. En quelques endroits, ces groupements peuvent atteindre une extension importante (à Rupt-sur-Saône, par exemple). Dans le lit majeur de la Saône, se développent également plusieurs types de forêts : - La chênaie-frênaie-ormaie inondable est bien représentée dans la plaine d'inondation de la Saône. Seule cette vallée (et la zone de confluence avec l'Ognon) présente ce groupement en Franche-Comté. Elle est fragmentaire en amont de Gray (confluences de la Lanterne et de la Superbe, Rupt-sur-Saône, Mercey, Autet) pour devenir plus importante sur la partie basse où elle formait un continuum jusqu'à l'aval de Pontailler-sur-Saône. Ces forêts sont marquées par un régime d'inondation régulier (de quelques décimètres à plus d'un mètre) et sont installées sur des terrains fertiles. Marqués par une grande productivité, ce sont des milieux forestiers exceptionnels par la diversité des essences telles que l'Orme lisse ou le Frêne oxyphylle. Ce dernier est une espèce supra-méditerranéenne et ces secteurs constituent les stations les plus septentrionales de l'est de la France. - Des aulnaies marécageuses apparaissent dans les secteurs engorgés du lit inondable. Elles sont très localisées (Chaux-les-Port par exemple). - Les saulaies et aulnaies-frênaies de rives, malgré leur fonction stabilisatrice des berges et épuratrices des eaux, restent fragmentées car supplantées par les peupleraies. Elles restent malgré tout bien développées sur la basse vallée de la Lanterne. Quelquefois, ces aulnaies-frênaies forment des bois tels que le bois de la Vaivre à Ovanches et le bois des Vernes à Vauchoux. - L'érablaie-tiliaie à Scolopendre est très localisée, de manière linéaire, sur les zones de pente en front de faille des plateaux calcaires sous-jacents. La diversité végétale y est très élevée. L'intérêt des habitats prairiaux et forestiers est renforcé par la présence de bras secondaires, de bras morts et de mares temporaires ou non. Ces milieux abritent une végétation originale avec plusieurs espèces protégées. Entre autres, le groupement à Hydrocharis (faux-nénuphar), prioritaire, occupe de nombreux bras morts du Val de Saône lorsque l'eau est stagnante. Il héberge une espèce protégée régionalement : le Stratiotès faux-aloès. L'axe fluvial constitue avant tout un lieu d'intérêt ornithologique remarquable. Il constitue une zone de nidification unique en Franche-Comté pour certaines espèces à très forte valeur patrimoniale. Citons le Râle des genêts, habitant des terrains humides à bonne couverture herbeuse, menacé par la disparition de son habitat et par la modernisation des pratiques agricoles, la fauche précoce en particulier, ou encore la Marouette ponctuée et le Blongios nain, oiseaux des zones marécageuses, bénéficiant eux-aussi d'une protection européenne. Le site abrite également de nombreux rapaces, dont 3 des 4 espèces de busards ainsi que la Pie-grièche écorcheur, le Martin pêcheur, ou la Pie-grièche à tête rousse. La vallée est aussi une voie de migration importante d'espèces liées aux prairies humides et menacées par leur raréfaction. La Grue cendrée, un des plus grands oiseaux d'Europe nichant à l'extrême nord des pays scandinaves, en est un exemple. Les milieux naturels du site sont aussi extrêmement favorables au développement des amphibiens parmi lesquels il convient de mentionner le Triton crêté et le crapaud Sonneur à ventre jaune, protégés au niveau européen. Quelques insectes également sont remarquables, comme le Lucane cerf-volant, plus grand coléoptère d'Europe, dont la larve se développe dans le bois mort des chênes, ou encore le Cuivré des marais, papillon des prés et clairières de forêts humides. Des libellules protégées au niveau européen, telles que l'Agrion de Mercure ou la Cordulie à corps fin, sont également présentes sur le site. Toujours dans le domaine faunistique, il est intéressant de mentionner la présence de nombreux chiroptères (chauves-souris) inscrits à l'annexe II de la directive Habitats. Le développement de ces mammifères, strictement insectivores, est corrélé au maintien d'écosystèmes marqués par une bonne productivité (prairies alluviales inondables, forêts inondables, cours d'eau) et par un ensemble de gîtes permettant à ces espèces d’accomplir leur cycle annuel. En effet, située entre les premiers contreforts des Vosges, le plateau de Langres et le massif du Jura, la Haute-Saône offre un réseau karstique dont les galeries sont pour la plupart fréquentées par les chiroptères. Comme ces cavités karstiques*, des galeries d'anciennes mines offrent des conditions de vie particulières : obscurité permanente, humidité et température beaucoup moins variables qu'en surface et qui conviennent aux chiroptères. De plus, la présence de certains bâtiments favorise également la présence de certaines espèces dites anthropophiles. Plusieurs colonies profitent donc d'un ensemble de conditions favorables. Parmi elles : - deux colonies de Grand Murin d'importance régionale logent à Port-sur-Saône et à Gray - la grotte du Carroussel à Port-sur-Saône et Conflandey abrite 10% des effectifs régionaux de Minioptères de Schreibers, ainsi qu’une cinquantaine de chauves-souris en hiver (Grand Rhinolophe principalement). Cette cavité est située en limite nord de l’aire de répartition de l’espèce en France - A Vellexon, une colonie importante de Grand Rhinolophe est également présente. - La mine de Fleurey se situe à proximité de la plaine alluviale où conflue la Lanterne et la Saône. Elle sert de cavité mère à une population de l'ordre de 70 Petits Rhinolophes. Lors de l’hiver 2013/2014, 180 Petits Rhinolophes ont été comptabilisés. La qualité des eaux de la Saône et de ses affluents est correcte (classe 1B) sur 50 % de son linéaire et médiocre (classe 2) sur le reste. Compte-tenu de ses caractéristiques morpho-dynamiques, de la présence d'un lit majeur largement développé et de son régime hydrologique de type pluvial, caractérisé par des hautes eaux de début d'automne, poursuivies généralement jusqu'en février-mars, la Saône est un exemple type de rivière à Brochet. Cette espèce trouve, en effet, dans les prairies de bas niveau longuement inondées au début du printemps des frayères propices. Doit être impérativement mentionnée dans ce domaine, l'importance vitale des affluents pour la reproduction des poissons. De très nombreux espaces de ce type ont subi des travaux de correction assez importants. Certains ont cependant conservé, sur des territoires réduits, des caractéristiques favorables à certains poissons tels que la Bouvière, espèce polluo-sensible ou le Chabot, deux poissons des zones bien oxygénées, à fort courant. L'Ecrevisse à pieds blancs est présente sur les petits effluents forestiers du secteur de Rupt.

La vallée alluviale de la Saône (lit majeur et lit mineur) constitue ce site dominé par les prairies (fauche et pâture). En effet, les cultures dont la surface est globalement estimée à environ 15% restent localisées principalement à l'amont et à l'aval de Gray. Concernant les chauves-souris, le site comprend également des gîtes de mise bas, le plus souvent situés en bâtiments ou infrastructures artificielles et les terrains de chasse associés pour les jeunes de 1 an, soit un rayon de 1 km autour des gîtes. Ces terrains de chasse sont sélectionnés en fonction de leur qualité en excluant les zones les plus artificialisées. Ils abritent également des habitats et d'autres espèces d'intérêt communautaire. 5 entités situées en Bourgogne sont ainsi intégrées au site : Talmay, Lamarche-sur-Saône, Auxonne, Saint-Jean-de-Losne et Longchamp. Le site comprend également une grotte naturelle présentant un très grand intérêt pour la reproduction et l’hibernation de nombreuses espèces de chiroptères : la grotte du Caroussel à Port-sur-Saône et Conflandey. Une autre cavité particulièrement remarquable fait également partie du site : la mine de Fleurey située sur la commune de Fleurey-les-Faverney.

Cadre réglementaire

Site Natura 2000 designe au titre de la directive Habitats (92/43/CEE) pour la conservation d'habitats naturels et d'especes d'interet communautaire. Une evaluation des incidences est obligatoire pour tout projet susceptible d'affecter significativement le site (article L414-4 du Code de l'environnement). Les activites soumises figurent sur une liste nationale (R414-19) et sur les listes locales fixees par le prefet. Un Document d'Objectifs (DOCOB) definit les mesures de gestion du site.

Menaces et pressions identifiees

Incidence forte

  • Pâturage intensif dans le site
  • Captages des eaux de surface dans le site

Incidence moyenne

  • Mise en culture (y compris augmentation de la surface agricole) dans le site
  • Modification des pratiques culturales (y compris la culture perenne de produits forestiers non ligneux : oliviers, vergers, vignes…) dans le site
  • Utilisation de biocides, d'hormones et de produits chimiques dans le site
  • Fertilisation dans le site
  • Elimination des haies et bosquets ou des broussailles dans le site
  • Espèces exotiques envahissantes dans le site
  • Comblement et assèchement dans le site
  • Canalisation et dérivation des eaux dans le site
  • Modifications du fonctionnement hydrographique dans le site
  • Eutrophisation (naturelle) dans le site

Incidence faible

  • Abandon de systèmes pastoraux, sous-pâturage dans le site
  • Remembrement agricole dans le site
  • Plantation forestière en terrain ouvert (espèces allochtones) dans le site
  • Replantation d'arbres dans une plantation forestière (après éclaircie…) dans le site
  • Elimination du sous-bois dans le site
  • Elimination des arbres morts ou dépérissants dans le site
  • Carrières de sable et graviers dans le site
  • Routes, autoroutes dans le site
  • Pont, viaduc dans le site
  • Lignes électriques et téléphoniques dans le site
  • Zones urbanisées, habitations dans le site
  • Urbanisation discontinue dans le site
  • Usine dans le site
  • Dépôts de déchets ménagers / liés aux installations récréatives dans le site
  • Piégeage, empoisonnement, braconnage dans le site
  • Piétinement, surfréquentation dans le site
  • Pollution des eaux de surfaces (limniques et terrestres, marines et saumâtres) dans le site
  • Nuisance et pollution sonores dans le site
  • Captages des eaux de surface dans le site
  • Antagonisme avec des espèces introduites dans le site

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

21 725
ha de surface
96
communes
194
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (174)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (11)

Appellations d'origine (22)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

173 115,3 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 106 813,1 ha
Blé tendre 18 629,9 ha
Maïs grain et ensilage 13 090,2 ha
Autres oléagineux 7 892,6 ha
Colza 7 418,5 ha
Orge 6 229,7 ha
Prairies temporaires 3 733,9 ha
Fourrage 2 678,9 ha
Autres céréales 1 977,8 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 1 507,1 ha

Communes (96)

Aisey-et-Richecourt 70 Amance 70 Ameuvelle 88 Amoncourt 70 Ancier 70 Apremont 70 Arc-lès-Gray 70 Athée 21 Autet 70 Auxonne 21 Battrans 70 Baulay 70 Beaujeu-Saint-Vallier-Pierrejux-et-Quitteur 70 Betaucourt 70 Bourbévelle 70 Brazey-en-Plaine 21 Broye-Aubigney-Montseugny 70 Bucey-lès-Traves 70 Cemboing 70 Cendrecourt 70 Chambeire 21 Champvans 70 Chantes 70 Chargey-lès-Port 70 Chassey-lès-Scey 70 Châtillon-sur-Saône 88 Chaux-lès-Port 70 Chemilly 70 Collonges-et-Premières 21 Conflandey 70 Corre 70 Dampierre-sur-Salon 70 Échenon 21 Esbarres 21 Esmoulins 70 Essertenne-et-Cecey 70 Faverney 70 Fédry 70 Ferrières-lès-Ray 70 Ferrières-lès-Scey 70 Fleurey-lès-Faverney 70 Fouchécourt 70 Germigney 70 Gevigney-et-Mercey 70 Gray 70 Gray-la-Ville 70 Heuilley-sur-Saône 21 Jancigny 21 Jonvelle 70 Jussey 70 Labergement-Foigney 21 Lamarche-sur-Saône 21 Longchamp 21 Losne 21 Mantoche 70 Maxilly-sur-Saône 21 Membrey 70 Mercey-sur-Saône 70 Montcourt 70 Montureux-et-Prantigny 70 Montureux-lès-Baulay 70 Ormoy 70 Ovanches 70 Perrigny-sur-l'Ognon 21 Pesmes 70 Poncey-lès-Athée 21 Pontcey 70 Port-sur-Saône 70 Purgerot 70 Ranzevelle 70 Ray-sur-Saône 70 Recologne 70 Rigny 70 Rupt-sur-Saône 70 Saint-Broing 70 Saint-Jean-de-Losne 21 Saint-Sauveur 21 Saint-Symphorien-sur-Saône 21 Saint-Usage 21 Savoyeux 70 Scey-sur-Saône-et-Saint-Albin 70 Seveux-Motey 70 Soing-Cubry-Charentenay 70 Talmay 21 Tillenay 21 Tincey-et-Pontrebeau 70 Traves 70 Vanne 70 Vauchoux 70 Velesmes-Échevanne 70 Velet 70 Vellexon-Queutrey-et-Vaudey 70 Vereux 70 Villers-les-Pots 21 Vonges 21 Vy-lès-Rupt 70