Vallée du Dessoubre

ZPS Code : FR4312017

16 664 ha 55 communes
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Localisation

Présentation

Vallée du Dessoubre est une zone protégée de type ZPS, couvrant 16 664 hectares sur 55 communes. Cette zone inclut 92 forêts publiques. Elle comprend 87 921,3 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

À l'est du département du Doubs, les vallées du Doubs, du Dessoubre et de la Reverotte incisent profondément les plateaux calcaires du Jurassique selon un axe globalement orienté nord-est sud-ouest. La disposition tabulaire des roches conditionne des versants abrupts mais réguliers. Les parties hautes sont constituées de corniches calcaires tandis que les parties basses sont ennoyées de cailloux et d'argiles. Les fonds de vallée restent étroits. Le Dessoubre prend sa source à 600m d'altitude sous la Roche du Prêtre, dans le Cirque de Consolation. Sa naissance résulte de la confluence d'une série d'émergences, alimentées par les eaux d'infiltration des plateaux voisins. De nombreux exutoires de tourbières, entonnoirs et gouffres du plateau calcaire se rattachent ainsi au réseau souterrain du Dessoubre. À quelques kilomètres de là, il est rejoint par son principal affluent, la Reverotte, débutant sous la roche Barchey (988m), près du village de Loray. Le Dessoubre termine sa course dans le Doubs, 33km plus loin, à Saint-Hippolyte. Depuis la frontière suisse, ce dernier, circule d'est en ouest, après l'impressionnant virage du Clos du Doubs. Dans cet ensemble, la forêt est dominante, les peuplements feuillus, résineux ou mixtes couvrant les versants abrupts. Cependant, les falaises et amphithéâtre rocheux, les prairies de pente, les réseaux de haies et bosquets, les fonds de vallée s'évasant régulièrement à la faveur d'afférences latérales confèrent à l'ensemble un attrait paysager remarquable et relativement diversifié. Des atteintes sont cependant notées. En effet, ces vallées accueillaient autrefois beaucoup plus d'activités qu'actuellement. Dès le Moyen Âge, l'énergie motrice des rivières a été utilisée. De nombreux moulins, scieries, forges, tuileries, teintureries… aujourd'hui disparus, s'étaient implantés dans les vallées. Les traces en sont encore visibles. Cependant, leur abandon, le déclin des activités agricoles en liaison avec les difficultés d'exploitation ont induit un enfrichement et un boisement (souvent sous la forme de plantations de résineux) progressifs des vallées. L'encaissement des vallées, l'opposition de versants plus ou moins abrupts, le contraste entre les différentes vallées, la nature des calcaires, la présence des plateaux occasionnent une grande diversité de milieux naturels. La forêt couvre la majeure partie du site (60 %), en raison surtout de la topographie marquée et elle est le siège d'une activité économique importante. Les milieux ouverts herbacés représentent environ 35% de la superficie du site. Les prairies pâturées semblent représenter la part essentielle. Sur les sols superficiels apparaissent des pelouses, formations ouvertes, à végétation rase exigeant des sols superficiels bien drainés et non fertilisés. Leur superficie, plus importante, par le passé est aujourd'hui anecdotique. Pourtant, leur conservation est essentielle pour le maintien de la richesse de cet ensemble (en évitant l'enfrichement). En raison de l'extrême karstification du sous-sol calcaire et de la configuration des vallées, les formations humides restent localisées, malgré un contexte général de forte pluviosité. Malgré leur rareté, toutes présentent une forte valeur patrimoniale. La vulnérabilité de ces formations humides est accentuée par leur fragmentation et leur petite taille. Enfin, leur importance est vitale pour la ressource en eau et l'alimentation des ruisseaux afférents à la Reverotte ou au Dessoubre. La tourbière des Cerneux-Gourinots et les zones humides environnantes, les Seignes des Guinots, le Verbois sont localisées à l'est du Russey. Ce secteur se trouve au coeur d’un synclinal orienté nord-est/sud-ouest. Il est bordé par des formations calcaires du Jurassique alors que son centre présente des formations glaciaires imperméables, à l’origine des milieux tourbeux. Une tourbière est un écosystème particulier. Son microclimat a permis le développement d'espèces boréo-arctiques, caractéristiques des régions nordiques de l'Europe. Les tourbières sont d'importants réservoirs hydriques et jouent un rôle régulateur dans la circulation complexe des eaux superficielles et souterraines de la région. Conditionnant la géomorphologie des lieux et la répartition de nombreuses formations végétales, les cours d'eau marquent fortement de leur empreinte ces vallées. Des efforts ont déjà été consentis pour la résorption des pollutions sur le Plateau si bien qu'une amélioration de la qualité des eaux est observée même si demeurent des secteurs non conformes avec les objectifs de qualité préconisés, ceci en liaison avec des charges excédentaires en phosphore et en azote. Ces vallées constituent des espaces naturels privilégiés où aux canyons froids de l'amont succèdent de plus larges épanouissements. Dans les vallées, les résurgences latérales constituent souvent des sources pétrifiantes aboutissant à la formation de barres de tuf* le long du ruisseau ou de tufières colonisées par d'importantes associations de mousses. Les habitats naturels rocheux pentes rocheuses, éboulis, grottes, réseau souterrain,...) sont une autre composante essentielle du site car marquant profondément le paysage. Cette incontestable diversité d'habitats naturels (21 d'intérêt communautaire) est particulièrement favorable au développement d'une faune et d'une flore remarquables et de grande valeur (21 espèces sont répertoriées aux annexes 1, 2 et 4 des directives Oiseaux et Habitats). L'avifaune n'est pas en reste avec la présence de 11 espèces d'oiseaux d'intérêt communautaire. Les falaises constituent le domaine de nidification du faucon pèlerin, la richesse du secteur est bien illustrée. Un réseau d'arrêtés de protection de biotope a été mis en place pour assurer sa protection, la Franche-Comté portant une forte responsabilité en France. Sur ces mêmes milieux, se reproduisent d'autres oiseaux remarquables comme le hibou grand duc (environ 5 couples) ou encore le grand corbeau. Pour plusieurs espèces des espaces ouverts ou semi-ouverts (alouette lulu, pie grièche écorcheur, tarier des prés…), les preuves de nidification sont apportées ; des inventaires complémentaires permettront d'apprécier leur densité. La bondrée apivore, le milan noir et le milan royal sont très régulièrement nicheurs dans les massifs forestiers et aussi dans les espaces semi-ouverts. Ici, le milan royal présente des densités parmi les plus élevées de Franche-Comté. Dans les zones boisées situées au-delà de 600m d'altitude, les peuplements forestiers les plus âgés abritent la chouette de Tengmalm, cependant assez rare sur le site. Le présence de gros hêtres lui est particulièrement favorable ainsi qu'à toute une communauté d'oiseaux cavernicoles à commencer par le pic noir et le pic cendré. Le martin pêcheur est régulier sur l'ensemble des différentes rivières.

Habitats d'eau douce - Formations herbacées naturelles et semi-naturelles - Pelouses sèches - Forêts - Habitats rocheux - Grottes - Marais et tourbières - Formations tufeuses - Terres agricoles

Cadre réglementaire

Site Natura 2000 designe au titre de la directive Oiseaux (2009/147/CE) pour la protection des especes d'oiseaux sauvages et de leurs habitats. Meme regime d'evaluation des incidences que les ZSC (article L414-4). Les objectifs de conservation portent specifiquement sur les especes d'oiseaux ayant justifie la designation du site.

Menaces et pressions identifiees

Incidence forte

  • Mise en culture (y compris augmentation de la surface agricole) dans le site
  • Fauche de prairies dans le site
  • Fertilisation dans le site
  • Pollution des eaux de surfaces (limniques et terrestres, marines et saumâtres) dans le site
  • Pâturage intensif dans le site

Incidence moyenne

  • Modification des pratiques culturales (y compris la culture perenne de produits forestiers non ligneux : oliviers, vergers, vignes…) dans le site
  • Abandon de systèmes pastoraux, sous-pâturage dans le site
  • Plantation forestière en terrain ouvert (espèces allochtones) dans le site
  • Sentiers, chemins, pistes cyclables (y compris route forestière) dans le site
  • Routes, autoroutes dans le site
  • Lignes électriques et téléphoniques dans le site
  • Urbanisation discontinue dans le site
  • Habitations dispersées dans le site
  • Dépôts de déchets ménagers / liés aux installations récréatives dans le site
  • Dépôts de matériaux inertes dans le site
  • Aquaculture (eau douce et marine) dans le site
  • Pêche de loisirs dans le site
  • Alpinisme, escalade, spéléologie dans le site
  • Pollution des sols et déchets solides (hors décharges) dans le site
  • Comblement des fossés, digues, mares, étangs, marais ou trous dans le site
  • Modifications du fonctionnement hydrographique dans le site
  • Captages des eaux de surface dans le site

Incidence faible

  • Irrigation dans le site
  • Elimination des haies et bosquets ou des broussailles dans le site
  • Elimination du sous-bois dans le site
  • Elimination des arbres morts ou dépérissants dans le site
  • Pont, viaduc dans le site
  • Usine dans le site
  • Dépôts de déchets industriels dans le site
  • Collecte d'animaux (insectes, reptiles, amphibiens, ...) dans le site
  • Piégeage, empoisonnement, braconnage dans le site
  • Prélèvements sur la flore dans le site
  • Autres activités de chasse, de pêche ou de collecte dans le site
  • Véhicules motorisés dans le site
  • Structures de sports et de loisirs dans le site
  • Piétinement, surfréquentation dans le site

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

16 664
ha de surface
55
communes
219
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (92)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (5)

Appellations d'origine (11)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

86 730,7 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 79 325,5 ha
Prairies temporaires 5 608,6 ha
Orge 898,6 ha
Fourrage 241,7 ha
Autres céréales 220 ha
Estives et landes 196,6 ha
Maïs grain et ensilage 117,1 ha
Blé tendre 55,2 ha
Légumes ou fleurs 29,5 ha
Autres oléagineux 7,8 ha

Communes (55)