Localisation
Présentation
Versant est de la vallée de la Neste d'Aure, de l'Arbizon au col d'Aspin est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 3 658 hectares sur 8 communes. Cette zone inclut 17 forêts publiques. Elle comprend 43 254,4 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
La ZNIEFF correspond à une partie de la vallée de la Neste d’Aure, sur son flanc exposé à l’est, comprise entre le massif de l’Arbizon et le « verrou » de Beyrède-Sarrancolin. Les pâturages en crête des Quatre Véziaux au col d’Aspin forment la limite supérieure. Plus bas, on retrouve une alternance de zones de pâturages et de grandes forêts couvrant les flancs jusqu’aux altitudes les plus basses près du lit de la Neste. Les forêts d’Ancizan, Cadéac, Arreau, Barrancoueu, Aspin et Beyrède-Jumet constituent les grands ensembles forestiers. C’est le long des trois routes principales traversant la zone d’est en ouest, à savoir la route du col d’Aspin, celle de la Hourquette d’Ancizan et celle menant au village de Barrancoueu, que se localisent les prairies de fauche et les pâturages d’altitude moyenne. Au nord, les reliefs sont plus découpés et laissent apparaître quelques falaises nues (Beyrède) ; au sud-ouest, la ZNIEFF remonte jusqu’au sommet de l’Arbizon, incluant des zones escarpées, de roche nue et d’éboulis, ainsi que des pelouses alpines.
Les terrains géologiques sont majoritairement constitués de terrains primaires du Carbonifère, du Dévonien et du Namurien, où alternent calcaires schisteux à grès et pélites, calcaires gris, pélites schisteuses et pélites noires. Plus au nord, des terrains plus récents du Permien sont constitués de quartzites rosées à ciment argilo-gréseux : c’est la « Brèche rouge », ensemble de rochers rouges affleurants visibles depuis la Neste en face de Fréchet jusqu’aux crêtes du col d’Aspin-Monné Rouye. La partie la plus au nord, jusqu’à Beyrède, est différente, composée de terrains du Secondaire, du Crétacé et du Trias, où alternent falaises calcaires et poudingues.
La physionomie paysagère est encore marquée par l’activité agropastorale. L’élevage et la fauche sont encore très présents sur les pentes les plus faibles et bien exposées. Les versants les plus abrupts hébergent de grandes hêtraies-sapinières exploitées.
Les principaux milieux rencontrés sont la hêtraie et la hêtraie-sapinière, qui constituent de grands ensembles homogènes couvrant les flancs de montagne du bord de la Neste (600 m) jusqu’aux lignes supérieures de crête (vers 1 500 m). Des stations forestières moins fréquentes présentent un grand intérêt écologique : stations à Chêne sessile, à Chêne pubescent... Quelques flancs bien exposés au sud et accessibles, les terrains les plus plats, sont occupés par des pâturages, des prairies de fauche et des zones de colonisation en landes qui alternent. Çà et là, et à toute altitude, on rencontre quelques affleurements rocheux schisteux et calcschisteux bien exposés, ainsi que des petites falaises calcaires (Saxifragion mediae). Ce sont les secteurs les plus riches en flore (à caractère thermophile, flore calcicole, ou encore annuelles silicicoles). Les parois les plus verticales et isolées abritent des oiseaux rupestres nicheurs. La partie la plus au sud-ouest culmine à 2 800 m avec le flanc sud-est de l’Arbizon et ses affleurements rocheux, éboulis et pelouses alpines. L’ensemble est traversé de petits ruisseaux orientés est-ouest et tous affluents de la Neste. La différence d’altitude est très forte, et l’on rencontre une grande diversité d’habitats de l’étage montagnard à l’étage alpin.
Pour la flore, les espèces les plus intéressantes se rencontrent sur les habitats particuliers précédemment cités, qu’elles soient acidiphiles ou calcicoles pour les plus basses altitudes (Arnoseris naine [Arnoseris minima], Spéculaire de Castille [Legousia scabra], Téléphium d’Imperato [Telephium imperati], Germandrée botryde [Teucrium botrys], Carex à fruits lustrés [Carex liparocarpos]...), et pour les plus hautes altitudes sur affleurements calcaires des plantes plus classiques des Pyrénées (Scrofulaire des Pyrénées [Scrophularia pyrenaica, protégée nationalement], Saxifrage à longues feuilles [Saxifraga longifolia], Ramonde des Pyrénées [Ramonda myconi], Alsine à feuilles de Céraiste [Minuartia cerastifolia, protégée régionalement]...). La Lathrée écailleuse (Lathraea squamaria) se rencontre dans un vallon boisé, mais ces grandes forêts sont plus importantes pour la faune, notamment pour l’Aigle botté et le Circaète Jean-le-Blanc qui y nichent.
Quelques secteurs de falaises abritent des rapaces rupestres diurnes mais aussi le nocturne et rare Hibou grand-duc (Bubo bubo), et des corvidés comme le Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax).
Les milieux les plus ouverts d’altitude accueillent la Perdrix grise et le Lagopède alpin. Pour les secteurs ouverts les plus bas, on rencontre des espèces à la recherche de conditions stationnelles favorables, comme sur les flancs sud d’Aspin où se rencontrent les deux coronelles et notamment la girondine (Coronella girondica) en population relictuelle. C’est là aussi que se rencontre la plus grosse population d’Orchis de Lange (Orchis langei) de la vallée d’Aure, espèce ibérique en limite d’aire septentrionale dans ces secteurs. Ces milieux ouverts abritent aussi quelques papillons et coléoptères remarquables, pour lesquels il serait certainement intéressant de réaliser des inventaires complémentaires. Les cours d’eau quant à eux hébergent la Loutre (Lutra lutra).
Sur ces secteurs, les facteurs les plus préjudiciables aux espèces sont les perturbations directes des milieux (coupes forestières, chasse), causant notamment le dérangement de l’avifaune nicheuse. Des élargissements de routes sur les secteurs schisteux pourraient également être dommageables, et enfin, à plus long terme, la fermeture des milieux par abandon des pratiques pastorales.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (17)
- Forêt Communale d'Ancizan publique
- Forêt Communale d'Arreau publique
- Forêt Communale d'Aspin-Aure publique
- Forêt Communale d'Aulon publique
- Forêt Communale de Barrancoueu publique
- Forêt Communale de Bazus-Aure publique
- Forêt Communale de Beyrède-Jumet-Camous publique
- Forêt Communale de Cadéac publique
- Forêt Communale de Campan publique
- Forêt Communale de Cazaux-débat publique
- Forêt Communale de Guchan publique
- Forêt Communale de Guchen publique
- Forêt Communale de Sarrancolin publique
- Forêt Communale de Vielle-Aure publique
- Forêt Communale d'Ilhet publique
- Forêt des Quatre Véziaux-Aure publique
- Forêt Indivise du Différend publique
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)
Appellations d'origine (13)
- Canard à foie gras du Sud-Ouest IGP
- Comté Tolosan IGP
- Confit d'oie du Sud-Ouest (demande de reconnaissance en IGP) PNT
- Foie gras d'oie du Sud-Ouest PNT
- Haricot tarbais IGP
- Jambon de Bayonne IGP
- Jambon noir de Bigorre AOC
- Oie du Sud-Ouest (demande de reconnaissance en IGP) PNT
- Porc du Sud-Ouest IGP
- Porc noir de Bigorre AOC
- Tomme des Pyrénées IGP
- Volailles de Gascogne IGP
- Volailles du Béarn IGP
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
42 997,2 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)