VERSANTS OCCIDENTAUX DU PETIT LUBERON

ZNIEFF_I Code : 930012365

5 530 ha 9 communes
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Localisation

Présentation

VERSANTS OCCIDENTAUX DU PETIT LUBERON est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 5 530 hectares sur 9 communes. Cette zone inclut 14 forêts publiques. Elle comprend 38 645,6 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Description de la zone

Cet ensemble s tire sur l adret occidental du petit Luberon, du vallon de D goutau (Puget) l est, aux parois rocheuses de Baude, en dessus du village de Robion, l ouest. Il se prolonge au nord, jusqu'au plateau sommital limit par de spectaculaires escarpements de calcaires compacts faci s urgonien du Cr tac qui atteignent 150 m de hauteur, et au sud jusqu aux parties cultiv es de la plaine de la Durance. Environ 300 m en contrebas des cr tes, dans la zone de rupture de pente, on rencontre une succession de plateaux secondaires (craux de Saint Phalez, des Mayorques, du Trou du Rat et de Peyre Plate). Dans ces petites d pressions se sont form s des sols marno sableux fertiles. Des fermes isol es (Mayorques, Saint Phalez, les Plaines) se sont install es dans un cadre aust re, arch type du paysage m diterran en, o la blancheur de la roche contraste avec le bleu du ciel. Soumis une aridit et une s cheresse extr me en saison estivale, ces milieux concentrent une v g tation et une flore typiques de l tage m som diterran en, dont beaucoup d esp ces rares. Les garrigues paisses et les pelouses s ches des versants secs, (strate herbac e ponctu e de ch nes kerm s et de romarin), c toient les formations des zones rocheuses (avec pin des de pin d Alep) et des boulis tr s expos s aux vents violents, aux variations de temp rature, et aux ph nom nes d ass chement. L originalit des garrigues r side dans le fait qu elles ont t , depuis le n olithique, fa onn es par les activit s traditionnelles de l homme (agriculture, levage) et par le feu, contr l ou non. L adret est entaill de combes et de gorges profondes, orient es au sud et souvent inaccessibles : combe de l Euse, gorges de R galon, vallons de la Peine, de l Escaupr , du Sauvage, de Baume Rousse, des Buisses, combe de Vidauque, etc. C est la zone la plus sauvage et la plus impressionnante du Luberon. Les gorges de R galon en sont la manifestation la plus spectaculaire. C est un ca on obscur et tr s troit (un m tre de largeur parfois), encombr de gros blocs coinc s entre les parois. Des conditions microclimatiques (faible luminosit et grande humidit ) et daphiques (sol profond et bien aliment en eau) ont favoris l installation d une for t galerie en situation abyssale, jamais exploit e et exub rante, avec des essences de tr s grande taille et au feuillage tr s d velopp . Les autres combes qui b n ficient galement d un microclimat frais sont occup es par d pais taillis de ch ne vert. On y rencontre aussi d autres formations adapt es un contexte plus m sophile. L ubac s tire du vallon du Beausset l est jusqu au village de Robion l ouest. Il est, lui, entaill de ravins et combes s ouvrant vers le nord. Le climat y est plus frais et plus humide qu au sud. Le jeu des micro expositions et des conditions abyssales y maintient un contexte contrast la fois m diterran en et montagnard. Les parties basses sont occup es par d paisses for ts d essences vari es (pin d Alep, ch nes, c dre). Les parties hautes et m dianes sont colonis es par des garrigues buis et am lanchier.

Flore et habitats naturels

Dans cette partie du massif du petit Luberon, les formations daphiques prennent autant d importance que les formations climaciques, sinon davantage. Les parois rocheuses et les boulis concentrent une flore saxicole remarquable : Kengia serotina (cl istog ne tardif) dans les hautes gorges de R galon, Picris pauciflora (picride pauciflore) Champeau, Hesperis laciniata (julienne lacini e) Badarel, Baude, au nord ouest de Saint Phalez et l Escaupr , Galium setaceum (gaillet s tac ), pr s de Champeau et de R galon, Lathyrus saxatilis (gesse des rochers), l Escaupr . C est encore sur ces rochers que s aventurent quelques esp ces des cr tes, entre autres, Ephedra major ( ph dre des monts N brodes), sur les versants des gorges de Badarel, de la combe de Vidauque et de Valloncourt. On y observe, sur les versants bien expos s, la formation x rothermophile saxicole Asplenium petrarchae (doradille de P trarque). Elle est surtout pr sente au sud ouest des Mayorques, la Goure, pr s du Logis Neuf et Saint Phalez. C est dans cette partie du petit Luberon que l on rencontre galement des esp ces m diterran ennes en limite nord de leur aire de r partition. Dans quelques pelouses du pi mont occidental du massif, on observe encore Gagea lacaitae (gag e de Lacaita), entre Badarel et l Aiguille et aux Mayorques, Ophrys provincialis (ophrys de Provence) au Blancamp et l ouest des Taillades. Sur les craux des Mayorques et de Saint Phalez, on retrouve Crepis suffreniana (cr pide de Suffren), bien mieux repr sent e sur les cr tes vent es de la partie sommitale, en compagnie de Galium setaceum (gaillet s tac ) et de Gagea pratensis (gag e des pr s). Ophrys saratoi (ophrys de la Dr me) y poss de encore quelques stations (Trou du Rat, les Mayorques et Champeau). Dans des sites jadis cultiv s et p tur s et qui le sont parfois encore (Trou du Rat, Crau de Peyre Plate, les Mayorques et entr e des gorges de R galon) existent toujours Satureja hortensis (sariette des jardins), Velezia rigida (v l zie rigide), Euphorbia chamaesyce (euphorbe figuier de terre), Gagea villosa (gag e velue). Les combes encaiss es caract re abyssal renferment une flore tendance m sophile avec Carex depauperata (la che pis gr les et peu fournis) dont les populations toujours peu fournies se r fugient dans les vallons de Taverne et du Colombier. Ce taxon, qui est r parti sur l ensemble du territoire national, y est toujours rare. Ces m mes sites sont fr quent s par Delphinium fissum end mique des Alpes m ridionales (pied d alouette fendu), dans les hautes gorges de R galon et de Badarel, Dictamnus albus (fraxinelle), dans les hautes gorges de R galon, Chaerophyllum nodosum (myrrho de noueux), dans les vallons du Colombier, du Poussiou et du Roumigui (ce sont probablement les localit s fran aises les plus nombreuses). Cette derni re esp ce est tr s inf od e des milieux anciennement anthropis s (pr sence d un pastoralisme extensif). Si Vincetoxicum nigrum (dompte venin noir) est localis e la combe de Vidauque (Valloncourt galement), en compagnie de Fumaria petteri subsp. calcarata (fumeterre peron) qui se retrouve la Petrossy, il n en est pas de m me de Poa flaccidula (p turin mou), esp ce r cemment d couverte en France et qui existe dans un grand nombre de combes, souvent en situation de saxicole, mais toujours dans des sous bois ombrag s. Dans ce grand ensemble o l aridit domine et o pratiquement toutes les esp ces sont adapt es la x rothermophilie, deux foug res se sont r fugi es dans les tr s rares sites o l humidit arrive encore se maintenir : profondeurs des gorges de R galon pour Asplenium scolopendrium (scolopendre) et toutes petites d pressions hydromorphes entre R galon et Roque Rousse pour Ophioglossum vulgatum (langue de serpent vulgaire). À la base occidentale et m ridionale du petit Luberon, Glaucium corniculatum (glaucienne fruits en forme de corne), cit e dans les ann es 1970 Valloncourt, n a jamais t confirm e. Mais il faut dire que cette esp ce s est aussi consid rablement rar fi e sur l ensemble du territoire national.

Faune

Les combes occidentales du petit Luberon rev tent un int r t faunistique tr s lev sur le plan patrimonial. Localement, les inventaires ont permis de r v ler la pr sence d une cinquantaine d esp ces animales d int r t patrimonial (dont pr s de 30 sont d terminantes). Dans ces combes nichent plusieurs couples de rapaces, les rares Vautour percnopt re et Aigle de Bonelli, mais aussi le Circa te Jean-le-Blanc (sur le Luberon, une des plus belles population nationale), la Bondr e apivore (nicheur r gulier depuis 20-25 ans), l Œdicn me criard, le Pigeon colombin, le Petit duc scops, le Grand-duc d Europe (largement r pandu dans le massif du Petit Luberon), la Chev che d Ath na, et plus r cemment, l Aigle Royal (nicheur depuis 2008) et le Faucon p lerin (nicheur en 2011). Parmi les autres esp ces, citons galement le Monticole bleu, la Fauvette lunettes, la Fauvette orph e, la Pie gri che corcheur, la Pie gri che m ridionale (nicheuse rare et tr s localis e, une douzaine de couples), la Pie gri che t te rousse (nicheur tr s rare), le Moineau soulcie, le Bruant fou, le Bruant ortolan, le Traquet oreillard ou encore le Pipit rousseline. Les chauves-souris de ce secteur sont notamment repr sent es par le Grand Rhinolophe, le Petit Murin, le Molosse de Cestoni, le Miniopt re de Schreibers, le Vespertilion oreilles chancr es. Les reptiles sont repr sent s par quatre esp ces remarquables : le L zard ocell (Timon lepidus), esp ce des cosyst mes ouverts et semi-ouverts affinit m diterran enne, le Seps stri (Chalcides striatus), esp ce r partition Franco-Ib rique qui fr quente les garrigues, les pelouses et les friches de Provence, sous les pierres et autres g tes favorables, la Couleuvre chelons (Zamenis scalaris), esp ce distribution franco-ib rique, typique du cort ge proven al et affectionnant les milieux secs et broussailleux, et la Couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus), esp ce du sud de la France, de la p ninsule Ib rique et du Maghreb qui affectionne les garrigues ouvertes et les milieux karstiques bien expos s. L entomofaune particuli rement riche regroupe plusieurs col opt res d int r t patrimonial : les charan ons Polydrusus kahri, esp ce remarquable peu connue et Entomoderus impressicollis, esp ce d terminante de moyenne montagne, le Clyte antennes rousses (Chlorophorus ruficornis), esp ce remarquable de col opt re longicorne (Cerambycid s), end mique franco ib rique, floricole et foresti re dont la larve se d veloppe dans les branches mortes de ch nes d j attaqu es par un autre col opt re, l'Officier trompeur (Necydalis ulmi), esp ce d terminante de longicorne cavicole dans les vieux feuillus d'Europe et du Caucase, devenue rare et localis e en France o ses plus grandes population restantes sont situ es en r gion PACA, le taupin Athous puncticollis, esp ce d terminante de col opt re Elat rid s, end mique franco-italien ici en limite d aire, uniquement pr sent en r gion Provence Alpes C te d Azur en France recherchant les milieux forestiers. Dans les autres groupes, citons l Andr ne Andrena albopunctata melona, esp ce d terminante d Hym nopt res Andr nid s qui affectionne les apiac es notamment Eryngium campestre, Aethus pilosus, esp ce d terminante d H mipt res de la famille des Cydnid s en limite d aire, Alcalypta hellenica, autre H mipt re d terminant de la famille des Tingidae, le Moir de Provence (Erebia epistygne), esp ce d terminante de l pidopt re d affinit m diterran o montagnarde dont l aire de r partition ib ro proven ale est morcel e et restreinte, inf od e aux pelouses s ches f tuques (surtout Festuca cinerea), le Marbr de Lusitanie (Euchloe tagis bellezina), esp ce d terminante tr s localis e, repr sent e par la sous esp ce bellezina, end mique du sud de la France et de l extr me nord-ouest de l Italie, inf od e aux pelouses s ches, garrigues ouvertes et bordures de cultures extensives o se d veloppent ses plantes nourrici res les Iberis et l'Arcypt re proven ale (Arcyptera kheili), esp ce remarquable de criquet mobilit r duite et end mique de Provence, qui peuple les pelouses s ches calcicoles et garrigues ouvertes. Notons galement la pr sence de la Scolopendre ceintur e (Scolopendra cingulata), imposant chilopode ( mille pattes ) limit en France la bordure m diterran enne et du Scorpion languedocien (Buthus occitanus), esp ce remarquable x ro thermophile d affinit ouest m diterran enne, peu commune et affectionnant les sols meubles voire sablonneux.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

5 530
ha de surface
9
communes
335
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (14)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (2)

Appellations d'origine (22)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

36 082,8 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Estives et landes 29 312,4 ha
Vergers 3 218,2 ha
Prairies permanentes 1 038,7 ha
Fourrage 524,2 ha
Divers 493,8 ha
Légumes ou fleurs 350,6 ha
Prairies temporaires 326,2 ha
Autres céréales 263,5 ha
Oliviers 140,3 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 132,2 ha

Communes (9)