Localisation
Présentation
Versants sud des massifs du Mont Grand et de Cassagnau est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 179 hectares sur 2 communes. Cette zone inclut 2 forêts publiques. Elle comprend 184,8 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
Ce site correspond aux massifs du mont Grand et de Cassagnau, qui culminent respectivement à 508 et 527 m d’altitude. Ils appartiennent aux chaînons sous-pyrénéens des Petites Pyrénées, qui se trouvent en rive gauche de la Garonne. Une série de roches calcaréo-marneuses affleure sur ce territoire, qui est majoritairement recouvert par la forêt caducifoliée. Cependant, les versants nord et sud offrent une végétation contrastée. En soulane, on observe un ensemble de milieux comprenant des peuplements forestiers dominés par la chênaie clairsemée, des landes sèches, des fruticées et, dans le tiers supérieur, des zones ouvertes constituées par des pelouses calcicoles et des dalles rocheuses. Les milieux se ferment progressivement, en particulier dans la partie inférieure des coteaux. Au contraire, en ombrée, on retrouve, çà et là, une ambiance montagnarde, en particulier sous des peuplements importants de Hêtre, localisés à basse altitude. Enfin, une importante ancienne carrière d’extraction de matériaux est située dans la partie sud-est.
Ce site présente un intérêt biogéographique. De nombreux animaux et plantes, de répartition méditerranéenne ou méridionale, sont ici en limite d’aire de répartition. Quelques espèces montagnardes ont également été observées.
La flore calcicole est riche. 15 espèces déterminantes en plaine, ainsi que d’autres taxons remarquables, dont l’Odontite visqueux (Odontites viscosus), une plante euryméditerranéenne, très rare en Midi-Pyrénées, ont été recensés. Sur les pelouses calcicoles plus ou moins rocailleuses fleurissent la Leuzée conifère (Leuzea conifera), qui est protégée en Haute-Garonne, la Stéhéline douteuse (Staehelina dubia), la Phalangère à fleurs de lis (Anthericum liliago), la Lavande à larges feuilles (Lavandula latifolia), le Bugle petit-pin (Ajuga chamaepitys) et la Bugrane naine (Ononis pusilla). Dans les secteurs les plus secs, des pelouses, des tonsures à annuelles sont composées par des plantes qui réalisent leur cycle biologique en quelques mois, tels le Brachypode à deux épis (Brachypodium distachyon), déterminant en plaine, ou le Buplèvre du mont Baldo (Bupleurum baldense), non déterminant. D’autres plantes, thermophiles et calcicoles, se développent dans les landes, les fruticées et les affleurements rocheux : la Fétuque châtain (Festuca paniculata subsp. spadicea), le Genêt scorpion (Genista scorpius, non déterminant dans les Pyrénées), l’Osyris blanc (Osyris alba) et une dizaine de pieds de Romarin (Rosmarinus officinalis). On peut avoir des doutes sur le caractère naturel de cette station de Romarin, qui est localisée dans la carrière du massif de Cassagnau. Sur ces versants thermophiles, on rencontre également le Limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum), une orchidée déterminante, la Bonjeanie hirsute (Dorycnium hirsutum), déterminante dans les Pyrénées, et l’Iris graminée (Iris graminea), protégée et rare en Midi-Pyrénées mais qui est omniprésente ici. La faune est tout aussi remarquable et diversifiée. Le Seps strié (Chalcides striatus) vit dans les pelouses rocailleuses. Il s’agit d’une des rares populations relictuelles isolées de la région Midi-Pyrénées. En dehors de la zone de l’Olivier, ce reptile d’Europe occidentale méditerranéenne se rencontre uniquement dans des habitats xériques. Le Crapaud calamite (Bufo calamita), un amphibien déterminant, se reproduit aussi ici, dans ce territoire piémontais. Enfin, un autre enjeu concerne les insectes. Le papillon le Nacré de la filipendule (Brenthis hecate) affectionne les milieux thermophiles. Signalons également la présence d’une population remarquable de l’Œdipode germanique (Oedipoda germanica germanica), non déterminant dans les Pyrénées mais qui est rare à moins de 600 m d’altitude, en Haute-Garonne.
La diversité des biotopes a permis de conserver une biodiversité remarquable sur cette ZNIEFF. De nombreuses espèces rares et patrimoniales se reproduisent dans les habitats secs et thermophiles.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (2)
- Forêt Communale d'Alan publique
- Forêt de Martres-Tolosane publique
Appellations d'origine (8)
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
173,1 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)