Vieux chênes de la Pannonie

ZNIEFF_I Code : 730030210

34 ha 2 communes
Voir sur la carte interactive

Localisation

Présentation

Vieux chênes de la Pannonie est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 34 hectares sur 2 communes. Cette zone inclut 1 forêt publique. Elle comprend 1 033,7 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Le site des « vieux chênes de la Pannonie » est essentiellement constitué de chênaie pubescente, avec la présence ponctuelle de pelouses sèches du Mesobromion dont certaines sont encore pâturées de nos jours. Le site est boisé à 90 %. Une partie du site est constituée par le parc arboré du château de la Pannonie. Les plus vieux arbres sont pluriséculaires (probablement plus de 300 ans pour certains). Certains d’entre eux sont mourants, voire morts, et ils sont nombreux, vivants ou morts, à présenter des cavités basses ou hautes, tout à fait propices au développement d’une diversité d’insectes décomposeurs du bois très exceptionnelle. En effet, au moins 49 espèces intéressantes de coléoptères liés au bois mort ont été observées ici au cours des dernières décennies. La présence très remarquable du rarissime Taupin violacé (Limoniscus violaceus) a permis d’intégrer cette zone au réseau des sites Natura 2000. Lorsque cette espèce est présente sur un site, il y a de très fortes chances pour que la diversité des espèces saproxyliques soit grande. Sa larve est, en effet, très exigeante sur la nature de la cavité dans laquelle elle se développe (cavité basse, ni inondée ni trop sèche, pouvant accueillir des micro-mammifères et des larves d’autres insectes saproxyliques). Voici quelques-unes des 41 espèces les plus remarquables (avec quelques exemples de régimes alimentaires ou d’exigences particulières des larves) : l’Allécule morio (Allecula morio), dont la larve préfère les cavités hautes des chênes ; l’Aulonie à trois sillons (Aulonium trisulcum) ; le Colydide marginé (Colobicus marginatus) ; la Mélandrie méridionale (Dircaea australis) ; l’Ischnode à collier rouge (Ischnodes sanguinicollis) ; l’Œdemère bleue (Ischnomera caerulea) ; le Mycétophage noir de poix (Mycetophagus piceus), qui se nourrit de champignons corticaux comme les polypores ; l’Opile pâle (Opilo pallidus) ; la Lepture revêtue (Pedostrangalia revestita), dont la larve vit dans les bois cariés ; le Gnorime à huit points (Gnorimus variabilis), une cétoine dont la larve se développe dans le terreau des cavités ; le Ropalope à antennes épineuses (Ropalopus varini) ; le Taupin à deux pustules (Calambus bipustulatus) ; le Droméole de Barnabé (Dromaeolus barnabita) ; le Taupin ferrugineux (Elater ferrugineus), chez qui la larve est prédatrice d’autres larves de coléoptères saproxyliques ; l’Enedreyte des haies (Enedreytes sepicola) ; le Taupin de Bouyon (Reitterelater bouyoni). La Lébie pubescente (Lamprias pubipennis), carabique prédateur de France méridionale, fait aussi partie des coléoptères remarquables du site. Sa présence est liée à celle des pelouses sèches et des pré-bois de la zone. Citons également la présence de quelques oiseaux intéressants qui fréquentent la zone : l’Alouette lulu, la Tourterelle des bois et le Pic mar, la présence de celui-ci étant certainement liée à l’abondance des vieux arbres.

Cette zone présente une biodiversité de coléoptères saproxyliques exceptionnellement riche pour le Quercy. Le reste du bois de Pannonie, dont cette ZNIEFF n’est qu’une petite portion, présente un potentiel équivalent pour les coléoptères saproxyliques. Malheureusement, les nombreuses chasses privées qui morcellent ce massif rendent très difficile tout inventaire naturaliste. Le maintien de l’intégrité des arbres pluriséculaires permettra au site de conserver cette diversité entomologique remarquable. Dans le Lot, la chênaie pubescente a nettement tendance à gagner du terrain sur les espaces ouverts. Mais ce type de boisement est rarement mené en futaie : le mode de gestion forestier dominant est le taillis, qui s’accompagne très souvent de coupes à blanc. Garder sur pied des arbres âgés et de belle venue au moment des coupes permettrait sûrement de multiplier les sites favorables à une grande biodiversité, tout en favorisant un renouvellement plus rapide des boisements, de même que les arbres isolés gardés au sein des pelouses sèches sont à la fois des gages d’ombrage (donc de meilleure protection de la ressource fourragère en cas de sècheresse) et une réserve de diversité entomologique.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

34
ha de surface
2
communes

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (1)

Appellations d'origine (22)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

1 033,7 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Estives et landes 889,4 ha
Prairies permanentes 58,1 ha
Orge 38,7 ha
Prairies temporaires 29,9 ha
Fourrage 17,6 ha

Communes (2)