BOIS DE PARFONDRU

ZNIEFF_I Code : 220005049

705 ha 6 communes
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Localisation

Présentation

BOIS DE PARFONDRU est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 705 hectares sur 6 communes. Cette zone inclut 3 forêts publiques. Elle comprend 2 962,9 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

DESCRIPTION

Cette zone s'étend essentiellement le long de l'extrémité septentrionale de la cuesta de l'Île-de-France. La valeur biologique de ce complexe de milieux est importante et reconnue depuis assez longtemps. Les substrats géologiques variés conditionnent les formes du relief et la structure de la végétation. Les pentes sont constituées d'une alternance de sables et d'argiles (du Thanétien, Sparnacien et Cuisien) surmontée par la dalle structurale de l'île-de-France formée des calcaires du Lutétien. Le petit niveau argileux de la base de ce banc calcaire détermine un niveau de sources sur lequel s'implantent quelquefois des petits marais de pente à caractère tufeux.

On observe une hêtraie calcicole d'exposition Nord, une forêt fraîche de bas de pente, une chênaie acidicline installée sur les sables de bas de pente, des petites pelouses sur sables, des fragments de chênaie charmaie, des lisières thermophiles, des éléments de pelouses, plusieurs petits marais intra-forestiers, des ruisselets.

Des petites prairies et des cultures ponctuent cette zone à caractère forestier.

INTERET DES MILIEUX

Présence de lisières thermophiles d'une qualité biologique remarquable, en raison notamment de la présence d'espèces rares comme par exemple l'Alisier de Fontainebleau (Sorbus latifolia*), endémique du bassin Parisien et du centre de la France.

Présence d'une grande diversité stationnelle forestière incluant plusieurs milieux de grande valeur patrimoniale :

- La hêtraie calcicole de versant nord et les ourlets thermophiles présentent de nombreuses analogies avec les formations végétales montagnardes.

- La forêt acidicline sur sable, qui localement présente des fragments de pelouses ouvertes des sols nus se rapportant au Corynephorion, constitue un autre type de forêt remarquable en raison de la présence d'espèces végétales rares ou exceptionnelles.

Les marais intra-forestiers tufeux forment un milieu original très rarement rencontré en Picardie. La physionomie de ces marais rappelle celle des marais tufeux plus continentaux comme ceux situés dans le département de la Haute-Marne.

Les caractéristiques particulières du substrat tufeux et pierreux des ruisselets offrent des conditions exceptionnelles pour le développement larvaire de différents Macro-Invertébrés de la zone de l'épirhitron (source). La très grande densité de larves du Cordulégastre annelé (Cordulegaster boltoni) illustre ce fait.

Présence de cavités souterraines offrant des habitats hivernaux potentiels pour les Chauves-souris et les Invertébrés hivernants.

La diversité des milieux et des espèces font de cette zone une des plus précieuses du patrimoine naturel de Picardie (zones terrestres).

INTERET DES ESPECES

Présence de quinze espèces végétales légalement protégées.

Le Géranium sanguin (Geranium sanguineum*), l'Inule à feuilles de saule (Inula salicina*), le Laser blanc (Laserpitium latifolium*) situé ici sur sa limite Nord-Ouest absolue, le Limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum*), la Marguerite de Saint-Michel ( Aster amellus*), l'Alisier de Fontainebleau (Sorbus latifolia*), la Phalangère rameuse (Anthericum ramosum*), l'Armerie faux-plantain (Armeria arenaria*), expriment le caractère thermophile de certains milieux.

Le caractère montagnard de la flore et des milieux est marqué par plusieurs espèces : le Géranium des bois (Geranium silvaticum*), la Cardamine à sept feuilles (Dentaria pinnata*), la Pyrole à feuilles rondes (Pyrola rotundifolia*), la Laîche pied d'oiseau (Carex ornithopoda*), la Ronce des rochers (Rubus saxatilis*) et dans une moindre mesure le Polypode du chêne (Gymnocapium dryopteris*) et la Prêle d'hiver (Equisetum hyemale*).

Présence d'autres plantes exceptionnelles pour la Picardie et plus généralement pour une grande partie du Bassin Parisien : la Laîche des ombrages (Carex umbrosa), le Choin noirâtre (Schoenus nigricans) localisé aux marais de pente, la Saxifrage granulée (Saxifraga granulata) et la Laîche des sables (Carex arenaria) sont elles observées sur les pelouses sableuses.

On observa aussi : le Blechne épineux (Blechnum spicant) espèce acidicline, l'Alchémille jaune-verdâtre (Alchemilla xantochlora) espèce d'affinité sub-continentale, la Campanule à feuilles de pêcher (Campanula persicifolia), la Valériane des collines (Valeriana wallrothii), espèces thermophiles.

Présence de plusieurs Insectes rares dans la région : le Cordulégastre annelé (Cordulegaster boltonii), grosse libellule dont les gîtes larvaires sont constitués des ruisselets, le Leste brun (Sympecma fusca) petit agrion vivant ici sur les marais de pente, le Grillon d'Italie (Oecanthus pellucens), la Decticelle des Bruyères (Metrioptera brachypera), deux Orthoptères observés sur les pelouses thermophiles.

La population de Muscardin (Muscardinus avellanarius), petit mammifère rare en Picardie, est relativement importante dans le sous-bois des clairières de la hêtraie de pente.

FACTEUR INFLUENCANT L'EVOLUTION DE LA ZONE

Les ourlets thermophiles de la forêt, les pelouses calcicoles et silicicoles, ainsi que les prairies de fauches des pentes subissent une lente érosion de leur diversité floristique. La disparition du pâturage extensif ainsi que l'abandon progressif de la fauche des petites parcelles de prairies, constituent des facteurs essentiels de cet appauvrissement patrimonial. Les espèces caractéristiques sont encore présentes à l'intérieur de la zone mais offrent actuellement des stations fortement amoindries en surface. Cette dérive biologique est inquiétante en raison de la rapidité relative du processus. Elle l'est aussi si l'on intègre le fait que plusieurs plantes à caractères montagnards ou thermophiles sont situées ici, en limite extrème de leur aire de répartition ou en disjonction importante d'aire.

L'épizootie de la Myxomatose a entrainé une réduction drastique des populations de lapins de garenne et a eu pour conséquence une absence quasi totale d'actions régressives au niveau des pelouses, notamment silicicoles. Ces milieux connaissent depuis une nouvelle dynamique végétale, plus étouffante, se faisant aux dépens des espèces du Corynephorion.

N.B. : Les espèces dont le nom latin est suivi d’un astérisque sont légalement protégées.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

705
ha de surface
6
communes
1
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (3)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (6)

Appellations d'origine (5)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

2 939,8 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Orge 606,8 ha
Blé tendre 594,2 ha
Prairies permanentes 398,6 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 324,3 ha
Maïs grain et ensilage 287,9 ha
Colza 272 ha
Prairies temporaires 153,1 ha
Autres cultures industrielles 114,4 ha
Autres céréales 58,7 ha
Fourrage 53 ha

Communes (6)