Localisation
Présentation
COTEAU DE LA PIERRE FRITE A LA PERRIÈRE est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 60 hectares sur 2 communes. Elle comprend 539,9 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
DESCRIPTION
Le site est constitué d’un éperon et d’un vallon qui lui est accolé, une digitation du plateau dominant la vallée de la Jocienne.
Le relief met en évidence les calcaires grossiers du Lutétien en bordure du plateau, lesquels constituent le rocher de la "Pierre Frite". Ce niveau est essentiellement couvert de bois jeunes, développés à la suite de l’abandon de l’exploitation des carrières de pierre (à la fois souterraines et à ciel ouvert). Les boisements sont très hétérogènes Localement, le bouleau domine, mais c’est surtout un mélange d’Erables sycomores, de jeunes Hêtres et de Charmes qui occupe la majeure partie des surfaces. Des plantations de Robiniers sont également présentes.
Sous le Lutétien, la présence d’un banc discontinu d’argiles de Laon se traduit par un niveau de sources particulièrement marqué dans le vallon, sous la Perrière. Les eaux, enrichies en calcaire, produisent des incrustations de travertin.
Le reste du versant repose sur des colluvions où se mélangent les sables cuisiens et des éléments plus grossiers des couches sus-jacentes. Selon l’exposition, la végétation change et, si les versants exposés au nord-ouest et au sud-est sont couverts de bois frais (Carpinion et Alno -Padion), la pointe de l’éperon est, en revanche, occupée par une vaste pelouse mésoxérophile (du Mesobromion). Des fourrés thermophiles du Berberidion entourent les pelouses.
Le vallon, sous la ferme de la Perrière, présente des influences montagnardes marquées.
INTERET DES MILIEUX
- Pelouses calcicoles mésoxérophiles rases du Festuco lemanii-Anthyllidetum vulnerariae, milieu très rare en Picardie dans cet état de conservation, inscrit à la directive "Habitats" de l'Union Européenne et hébergeant un grand nombre d’espèces remarquables ;
- groupements pionniers des dalles et des sables calcaires grossiers, très menacés en Picardie et relictuels sur le site ;
- pelouses-ourlets thermophiles du Coronillo-Brachypodietum, favorables à plusieurs espèces intéressantes ;
- bois humides sur suintements, de l’Equiseto telmateiae-Fraxinetum, peu fréquents en Picardie, mais bien représentés dans le Tertiaire parisien ;
- boisement de pente à tendance submontagnarde, habitat d’espèces rares en Picardie ;
- cavités souterraines, propices à l’hivernage des chauves-souris.
INTERET DES ESPECES
Sur les pelouses :
- le Fumana couché (Fumana procumbens*), espèce caractéristique du Xerobromion, traduisant bien les fortes influences xérothermophiles du site ;
- le Polygala chevelu (Polygala comosa*), rare en Picardie ;
- la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum*), abondante dans le Soissonnais, mais assez rare en Picardie ;
- l’Ophrys araignée (Ophrys sphegodes*), en danger de disparition à la suite de la régression drastique subie par son habitat ;
- le Lézard des souches (Lacerta agilis), encore bien présent dans le Tertiaire parisien, mais rare ailleurs ;
- la Mélitée orangée (Dydimaeformia dydima) et la Mélitée des digitales (Mellicta aurelia), deux papillons inféodés aux coteaux calcaires chauds.
Dans les bois de pente :
- l’Actée en épi (Actea spicata), espèce limitée aux milieux forestiers froids et humides, ;
- la Platanthère à deux feuilles (Platanthera bifolia), orchidée des sous-bois pollinisée par les papillons nocturnes.
FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE
- Abandon des pratiques pastorales (déjà ancien) sur le coteau, entraînant un embroussaillement de la périphérie des pelouses et une densification de la végétation herbacée dans les parties rases.
- Action régressive des lapins par broutis et grattis, maintenant des zones ouvertes.
- Action néfaste des sangliers, qui utilisent les niveaux de suintements en sous-bois pour se souiller, ce qui altère profondément la végétation.
Les milieux forestiers ne semblent pas directement menacés.
NB : Les espèces végétales dont le nom latin est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Appellations d'origine (9)
- Champagne AOC
- Coteaux champenois AOC
- Eau-de-vie de vin de la Marne ou Fine champenoise IG
- Haricot de Soissons IGP
- Île-de-France IGP
- Marc de Champagne ou Marc champenois ou Eau-de-vie de marc champenois IG
- Miel de tilleul de Picardie IGP
- Ratafia de Champagne ou Ratafia champenois IG
- Volailles de la Champagne IGP
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
539,9 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)