COTEAUX DE L'ORILLON

ZNIEFF_I Code : 220013569

355 ha 4 communes
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Localisation

Présentation

COTEAUX DE L'ORILLON est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 355 hectares sur 4 communes. Cette zone inclut 1 forêt publique. Elle comprend 7 863,4 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

DESCRIPTION

L’Orillon et ses tributaires ont découpé la dalle structurale du Lutétien pour former des digitations complexes dans le plateau agricole du Tardennois. Le site occupe les versants et le fond de la vallée.

Les parties hautes du site, plateau et haut de versant, reposent sur les calcaires du Lutétien. Le bas des pentes est constitué de sables cuisiens, plus ou moins colluvionnés d’éléments des couches supérieures. Le fond de la vallée repose sur des alluvions modernes.

Les versants en expositions sud et est sont occupés par des pâtures à bovins (parfois abandonnées) sur une superficie importante, dont les cortèges végétaux s’apparentent de très près aux pelouses calcicoles.

On en identifie divers types :

- pelouses de l’Alysso alyssoidis-Sedion albi, sur les écorchures et la corniche lutétienne ;

- pelouses du Mesobromion, sur les sols plus évolués.

A la périphérie des pelouses, se trouvent différentes ceintures comprenant :

- la pelouse-ourlet (à rattacher encore au Mesobromion, dans bien des cas) ;

- les ourlets thermophiles du Geranion sanguinei ;

- les fourrés de recolonisation forestière du Berberidion.

Une partie des versants est couverte par des boisements jeunes et souvent peu structurés, mais qui sont tous à rapprocher du Carpinion avec des variantes mésotrophes fraîches de pente à Ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum pyrenaicum).

Le fond de vallée est, pour partie, voué à la culture du peuplier. Pourtant, dans quelques zones encore, persistent les traces de ce qui devait former le paysage de cette vallée il y a quelques dizaines d’années :

- les pâtures (Cynosurion et Mentho-Juncion dans les parties humides), autour de la ferme de Longueville ;

- les roselières, présentes à l’état de reliques dans le Fond de Mézière, aujourd’hui très sèches et en cours de boisement ;

- les prairies tourbeuses oligotrophes et les bas-marais alcalins (Molinion et Hydrocotylo-Schoenion), qui ne sont plus représentés que par des lambeaux confinés au Fond de Mézière.

Un étang, issu du barrage du ruisseau du Fond de Vau, permet la présence de végétations aquatiques tels les herbiers à Nénuphar jaune (Nuphar lutea).

INTERET DES MILIEUX

- Bas-marais alcalin de l’Hydrocotylo-Schoenion, relictuel sur le site.

- Pelouses pionnières, riches en thérophytes de l’Alysso-Sedion, très rares en Picardie.

- Divers groupements du Mesobromion :

. pelouses du Chamaecytiso supini-Prunelletum grandiflorae, unité thermocontinentale limitée à la bordure nord-est du Tertiaire parisien, exceptionnelle en Picardie et particulièrement riche sur le site ;

. pelouses mésoxérophiles du Festuco lemanii-Anthyllidetum vulnerariae, association inféodée au Tertiaire parisien en Picardie ;

. pelouse-ourlet du Coronillo-Brachypodietum, accueillant de nombreuses espèces d’orchidées et de papillons.

- Boisements de pente du Scillo-Carpinetum à Ornithogalum pyrenaicum, typiques de la Brie picarde ;

- Ruisselets de tête de bassin, favorables aux invertébrés aquatiques.

Les pelouses calcaires sont inscrites à la directive "Habitats" de l’Union Européenne.

La vallée de l’Orillon présente des caractéristiques biogéographiques exceptionnelles. De fortes influences subcontinentales marquent le site [présence du Petit-cytise couché (Chamaecytisus supinus*), de la Brunelle à grandes fleurs (Prunella grandiflora),...].

Les prairies oligotrophes du Chamaecytiso-Prunelletum sont parmi les groupements agro-pastoraux les plus riches et les plus diversifiées de Picardie. Elles évoquent en cela certaines prairies du bocage du Franc-Bertin, très riches elles aussi (en terme de nombre d’espèces au mètre carré), car bénéficiant encore de pratiques agricoles extensives.

INTERET DES ESPECES

Sur les pelouses :

- le Petit-cytise couché (Chamaecytisus supinus*), exceptionnel en Picardie ;

- la Germandrée des montagnes (Teucrium montanum*), rare en dehors du Tertiaire parisien ;

- la Bugrane naine (Ononis pusilla*), espèce méridionale, en limite de répartition ;

- l’Antennaire dioïque (Antennaria dioica), espèce montagnarde présente ici dans son unique station picarde connue ;

- la Laîche humble (Carex humilis), qui affectionne les stations les plus arides ;

- l’Argus bleu nacré (Polyommatus coridon), de plus en plus rare en Picardie ;

- la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), inscrite à la directive "Oiseaux", qui fréquente aussi les haies des prairies.

Dans les marais et les étangs :

- le Mouron délicat (Anagalis tenella*), présent sur les rives exondables ;

- la Laîche écailleuse (Carex lepidocarpa), typique des bas-marais alcalins.

Dans les bois :

- l’Ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum pyrenaicum), assez rare en Picardie ;

- le Pic noir (Dryocopus martius), inscrit à la directive "Oiseaux" ;

- le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata), inscrit à l’annexe II de la directive "Habitats".

FACTEURS INFLUENCANT L’EVOLUTION DE LA ZONE

- Abandon des pratiques pastorales sur les prairies humides et les marais, qui conduit à un embroussaillement rapide et à une régression des espèces liées à ces milieux.

- Plantation de peupliers, souvent accompagnée d’un drainage des stations, détruisant la flore originelle.

- Maintien d’un pâturage bovin peu intensif sur les prairies des versants, permettant la conservation de types pelousaires remarquables.

- Substrat géologique très aride sur les versants, limitant l’évolution des pelouses abandonnées.

- Migration de fertilisants et de biocides, depuis les cultures du plateau vers les pelouses et les pâtures, nuisible à la flore et à la faune.

N.B. : les espèces végétales dont le nom latin est suivi d'un astérisque sont légalement protégées.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

355
ha de surface
4
communes
3
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (1)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (3)

Appellations d'origine (8)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

7 696,7 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Blé tendre 2 714 ha
Orge 1 591,2 ha
Prairies permanentes 1 416,8 ha
Colza 1 160,9 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 207,8 ha
Autres cultures industrielles 183,9 ha
Prairies temporaires 96,7 ha
Protéagineux 86,3 ha
Tournesol 69,9 ha
Divers 65,2 ha

Communes (4)