DENTELLES DE MONTMIRAIL

ZNIEFF_II Code : 930012348

4 809 ha 12 communes
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Localisation

Présentation

DENTELLES DE MONTMIRAIL est une zone protégée de type ZNIEFF_II, couvrant 4 809 hectares sur 12 communes. Cette zone inclut 16 forêts publiques. Elle comprend 11 378,5 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Description de la zone

Avanc e extr me vers l ouest de la cha ne des Alpes, le petit massif des Dentelles de Montmirail (le mont mirabilis des anciens, le mont merveilleux) constitue un exceptionnel ensemble paysager, g ologique et biologique. Malgr son altitude relativement faible (un peu plus de 700 m au sommet de la Cr te de Saint Amand), il est tr s bien individualis par des limites naturelles tr s marqu es : l est, le bassin de Malauc ne, au nord et l ouest, le bassin de l Ouv ze, et au sud, le bassin de Carpentras. Mais cette unit visuelle cache en fait une grande diversit paysag re et morphologique.

L l ment le plus fort est incontestablement l ensemble des Dentelles (Dentelles Sarrasines, la Salle, le Grand Montmirail), admirables par la finesse et la ciselure de leurs formes dress es la verticale, mais aussi par leur complexit de perspectives qui les rend en permanence diff rentes d un point de vue l autre. Vers l est, les Dentelles se prolongent par un secteur plus composite dans lequel on retrouve une ligne d escarpements prononc s, de Gigondas Malauc ne avec en particulier le Saint Amand et l Arfuyen. Au nord de ce grand axe, le relief est moins individualis et de grands vallons, s par s par des croupes peu marqu es, descendent progressivement vers l Ouv ze. Au sud est, s par des Dentelles par la vall e de la Salette, le petit massif du Graveyron constitue un v ritable lot forestier au milieu d un secteur vou la viticulture et l arboriculture.

Ce massif constitue galement un ensemble lithologique remarquable, car on y rencontre les formations les plus anciennes du d partement de Vaucluse ainsi que des tages g ologiques quasiment ininterrompus du Trias la fin du Cr tac inf rieur : - le Trias qui s tend au sud ouest et surtout au sud est se compose de cargneules, de dolomies et de gypses ; - le Jurassique qui comprend divers tages est repr sent par des mat riaux diff rents : - les marnes noires de l Oxfordien, - les calcaires argileux de l Argovien et du Kimm ridgien inf rieur, - les calcaires massifs du Portlandien et du Kimm ridgien sup rieur (Tithonique) qui constituent les Dentelles ; - le Cr tac inf rieur qui comporte une alternance de marnes et de calcaires du Berrasien, du Valanginien, de l Hauterivien et du B doulien.

À ces formations secondaires sont venues s ajouter au sud ouest, entre Gigondas et Beaumes de Venise, les d p ts de l re tertiaire caract ris s par : - des s diments calcaires cargneules et gypses de l Oligoc ne, - des molasses, des gr s et des sables du Mioc ne.

Comme tous les autres massifs vauclusiens et malgr sa situation marginale, le massif des Dentelles de Montmirail a t soumis la surrection alpine. Le soul vement du massif de Suzette a entra n la formation d un d me autour duquel les terrains mioc nes se sont redress s et renvers s avec accentuation du diapirisme. Si ce dernier ph nom ne appara t mal dans le paysage, on peut en revanche en rechercher des traces dans la toponymie : le seul cours d eau p renne des Dentelles de Montmirail est la Salette, preuve manifeste de la pr sence proche de sel.

La localisation du massif dans le nord du d partement de Vaucluse, et donc sur les marges du climat m diterran en, entra ne un important contraste en fonction de l exposition entre les adrets, parmi les plus arides et les plus x rothermophiles du d partement (la Salle) et les ubacs ou les fonds de vallons qui poss dent d j des affinit s avec le climat temp r (versant nord du Saint Amand, vallons de la partie septentrionale du massif) par leurs temp ratures plus basses et leurs pr cipitations plus lev es.

L ensemble du massif rel ve des tages m so et supram diterran en, mais les incidences de sa situation en carrefour biog ographique ne sont pas n gligeables. L tage m som diterran en qui imprime sa marque sur tous les adrets (Dentelles, Saint Amand, Arfuyen, Graveyron) ainsi que sur les premiers contreforts occidentaux (secteur de Gigondas/S guret/Vaison la Romaine) offre un ensemble de taillis de ch ne vert, de pin des de pin d Alep (futaies particuli rement bien d velopp es pr s de Vaison la Romaine), de garrigues ch ne kerm s et romarin. Les milieux ouverts y sont rares et se localisent sur l ar te qui va du Saint Amand l Arfuyen. Quant l tage supram diterran en, il est confin aux ubacs et aux vallons souvent encaiss s et se compose de taillis de ch ne pubescent, de ch naies buxaies, de pin des de pin sylvestre. Les boisements situ s au nord du Saint Amand pr sentent m me des allures nettement montagnardes. On est ici en pr sence d une ch naie buxaie qui s est implant e sur une ancienne h traie qui a t coup e blanc il y a plusieurs si cles. Mais en r gion m diterran enne et cette altitude, la h traie n a pas pu se reconstituer. En revanche, les esp ces de la h traie y sont toujours bien pr sentes, et, dans les fonds de vallons (Pr bayon en particulier), quelques h tres arrivent toujours se maintenir.

Flore et habitats naturels

La localisation marginale du massif des Dentelles de Montmirail ainsi que les contrastes dus l exposition induisent une tr s grande diversit des habitats et des esp ces, car, en dehors des formations climaciques et de leur stade de d gradation, les formations daphiques des parois rocheuses et des boulis y prennent une place importante. De toutes les ch naies pubescentes vauclusiennes, celles de la partie septentrionale du massif des Dentelles de Montmirail est sans doute l une des plus diversifi es au plan sp cifique, et ce pour des consid rations historiques d j voqu es (ancienne h traie), mais galement en raison de sa situation en carrefour biog ographique qui lui apporte quelques esp ces europ ennes ou eurasiatiques rares en r gion m diterran enne. C est particuli rement le cas en ubac de certaines parois rocheuses (versant nord du Saint Amand) ou dans les vallons ombrag s et tr s encaiss s o la fra cheur persiste m me en saison estivale (en particulier Pr bayon, au petit et grand Alizier).

La configuration topographique de ce massif n est pas favorable au d veloppement des milieux ouverts. En revanche, les quelques-uns qui arrivent se maintenir sont d une grande originalit . C est ainsi que les clairi res de la ch naie pubescente (nord du Saint Amand en particulier) sont favorables la pr sence de pelouses orchid es avec Ophrys saratoi (ophrys de la Dr me). Sur l ar te rocheuse qui court de la Cr te de Saint Amand l Arfuyen, le moindre espace est occup par une mosa que de formations dans laquelle des lambeaux de pelouses persistent. C est ainsi que sur le plateau sommital du Saint Amand, une petite population de Milium montinanum (millet printanier) existe toujours, accompagn e de Gagea pratensis (gag e des pr s). En suivant la cr te, vers l Arfuyen, on peut observer, sur des espaces tr s r duits, la formation Genista pulchella subsp. villarsiana (gen t de Villars).

Mais une bonne partie de ce massif (les Dentelles et un moindre degr la Cr te de Saint Amand et l Arfuyen) est galement un espace tr s min ral colonis par des formations daphiques. En ubac du Saint Amand, les parois rocheuses abritent la formation rupestre Potentilla caulescens (potentille caulescente). En adret, dans les sites les plus x rothermophiles, se d veloppe la formation des parois rocheuses Asplenium petrarchae (doradille de P trarque) qui est ici en limite septentrionale de son aire de r partition (la Salle). Ces sites rupestres sont galement favorables au d veloppement d un matorral gen vrier de Ph nicie parasit par Arceuthobium gambyi (gui du gen vrier) au Clapis, la Salle et aux rochers de Saint Christophe. En pi mont de ces derniers, les vires en escalier sont le milieu de pr dilection de tr s nombreuses esp ces (suffrutescentes pour certaines) qui occupent de v ritables niches cologiques et qui ne se rencontrent pratiquement plus vers le nord. Tel est le cas de : Lomelosia stellata (scabieuse toil e), Picris pauciflora (picride pauciflore, non confirm r cemment), Lathyrus saxatilis (gesse des rochers), Bufonia perennis (bufonie vivace). À la base des Dentelles , et en contrebas des couloirs d boulis, des ravins marno calcaires offrent une flore originale. Dans des agrosyst mes situ s en mosa que avec les espaces bois s, la riche flore observ e dans les ann es 1960/1970 par M. Breistroffer ne s est pas maintenue comme Bupleurum rotundifolium (bupl vre feuilles rondes).

Faune

Cette zone pr sente un int r t lev pour la faune avec 22 esp ces d'int r t patrimonial, dont deux sont d terminantes.

Ce site abrite notamment un des rares couples reproducteurs de Vautour percnopt re en dehors du Luberon et des monts de Vaucluse. D autres esp ces tout fait int ressantes m ritent d tre mentionn es : le Circa te Jean le blanc et le Grand-duc d Europe qui sont les derniers grands rapaces nicheurs certains, m me s ils restent assez rares (2 3 couples reproducteurs), l Autour des palombes et la Bondr e apivore qui nichent probablement sur ces massifs (absence de donn e r cente), le Petit duc scops, la Chev che d Ath na ou Chouette Chev che, la Huppe fasci e, le Monticole bleu , le Bruant fou. Le Bruant ortolan et la Pie gri che m ridionale n ont plus t revus r cemment et ont probablement disparu.

Le Cerf laphe est cantonn l extr me est de la zone (Arfuyen, Malauc ne).

L'herp tofaune est repr sent e par un amphibien, le P lodyte ponctu (Pelodytes punctatus), esp ce remarquable ouest-europ enne d'affinit m ridionale et trois esp ces remarquables de reptiles, le Psammodrome d'Edwards (Psammodromus edwarsianus), esp ce ouest m diterran enne, affectionnant les milieux ouverts secs, le Seps stri (Chalcides striatus), esp ce r partition Franco-Ib rique qui fr quente les garrigues, les pelouses et les friches de Provence, sous les pierres et autres g tes favorables et la Couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus), esp ce du sud de la France, de la p ninsule Ib rique et du Maghreb qui affectionne les garrigues ouvertes et les milieux karstiques bien expos s.

Chez les arthropodes, on peut notamment citer la pr sence locale de la punaise Alloeorhynchus putoni, esp ce pr datrice d terminante d H mipt res Nabid s, ouest m diterran enne, tr s localis e en France (moins d une dizaine de stations dont celle-ci), li e aux versants crayeux secs et de l'Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale), esp ce remarquable et prot g e qui affectionne les coulements modestes eaux courantes claires, ensoleill es et peupl es d'hydrophytes.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type II delimite un grand ensemble naturel riche et peu modifie. C'est un inventaire ecologique sans contrainte reglementaire directe, mais pris en compte dans les schemas de planification regionale (SCOT, SRADDET). Les projets significatifs dans cette zone doivent demontrer la prise en compte du patrimoine naturel inventorie.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

4 809
ha de surface
12
communes
175
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (16)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)

Appellations d'origine (31)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

8 424,5 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Vignes 7 059,8 ha
Estives et landes 688,9 ha
Divers 412 ha
Oliviers 80,4 ha
Groupe null 78,3 ha
Vergers 72,5 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 15,5 ha
Fourrage 8,1 ha
Prairies temporaires 2,9 ha
Autres céréales 2,4 ha

Communes (12)