LE RHÔNE

ZNIEFF_II Code : 930012343

7 557 ha 36 communes
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Localisation

Présentation

LE RHÔNE est une zone protégée de type ZNIEFF_II, couvrant 7 557 hectares sur 36 communes. Cette zone inclut 31 forêts publiques. Elle comprend 32 380 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Description de la zone

La ZNIEFF du Rh ne, un des plus grands fleuves fran ais, est repr sent e par la partie aval de son long cours, de l embouchure de l Ard che au nord, jusqu son embouchure en Camargue. Le canal de d rivation de Donz re/Mondragon et tout le lin aire qui s articule partir de ce dernier appartient galement l espace rhodanien.

Jusqu au milieu du XIXe si cle, le fleuve a t peu modifi par l action humaine. Les cosyst mes taient li s la dynamique du Rh ne et ils pr sentaient alors une grande diversit biologique (biodiversit confirm e, dans la r gion d Avignon par M. Palun). Ses crues, alors tr s redout es, ont vu leur violence se r duire la suite des grands travaux effectu s d abord par le Service sp cial du Rh ne (dans le but d am liorer la navigation) puis par la CNR (Compagnie nationale du Rh ne), principalement pour la production hydro lectrique.

C est ainsi que dans sa partie vauclusienne, trois grands complexes (barrages) ont quip le Rh ne, ceux de Boll ne, de Caderousse et d Avignon. Le fleuve a t presque enti rement canalis et endigu (avec creusement d un tr s important canal de d rivation) et un r seau de contre canaux de drainage de nappe a t cr . Ces grands travaux ont boulevers les cosyst mes en : - concentrant les eaux dans un chenal unique endigu par des enrochements, ce qui a eu pour cons quence de faire dispara tre la dynamique fluviale naturelle et de r duire de fa on drastique la diversit des cosyst mes ; - cr ant de nouveaux milieux qui ont provoqu la destruction de certaines zones bois es et mar cageuses ainsi que la modification des berges et celle du niveau des eaux.

Mais malgr une artificialisation tr s forte, cette partie du Rh ne offre encore une grande diversit d esp ces et d habitats, m me si ces derniers sont souvent relictuels. En amont de l Île Vieille, le Rh ne, non endigu , pr sente un d bit r serv r duit et un aspect naturel prononc . En particulier, on peut y observer des gr ves de galets importantes et en bon tat de conservation. Des vestiges de bras morts encore fonctionnels (avec l nes et ripisylves) existent encore, en particulier la D sirade et au Tenon de Gilles (Lapalud et Lamotte du Rh ne), l Île Vieille et aux casiers de Lamiat (Mondragon), la Piboulette et aux Broteaux (Caderousse), aux Arm niers (Ch teauneuf du Pape et Sorgues), et sur une infime partie de l le de la Barthelasse (islon de la Barthelasse Avignon). De plus, le site de Donz re/Mondragon, est un bon exemple de dynamique v g tale partir d un espace enti rement artificiel puisqu il a t cr de toutes pi ces il y a cinquante ans environ, par la construction de l usine hydro lectrique A. Blondel et du canal de d rivation.

Une grande partie des groupements des grands fleuves europ ens s observe, l exception notoire des prairies naturelles qui y sont tr s marginales (elles ont t bien souvent d truites par divers am nagements et par l urbanisation) : - les groupements herbac s hydrophytes (potamots, lentilles d eau, etc.) qui se maintiennent tr s bien dans les contre canaux et les l nes, - les groupements h lophytes, - les ripisylves qui occupent le lit majeur et sont constitu es de for ts pionni res bois tendre (saules, peupliers, etc.), principalement sur le cours aval et sur la R serve de chasse de Donz re/Mondragon et de for ts plus matures de bois dur (avec aulne glutineux, fr ne oxyphylle, ch ne p doncul , etc.), particuli rement bien d velopp es sur tout le cours amont, - les m gaphorbiaies.

Dans la ripisylve s che de la R serve de chasse de Donz re/Mondragon, et la faveur d un substrat imperm able, de petites mares temporaires se sont mises en place.

Plus au sud, de la confluence avec la Durance jusqu' l'embouchure a t fortement artificialis . Les ripisylves, qui s parent le lit du Rh ne des zones de culture inondables (s gonaux), sont r duites certains endroits un mince rideau d'arbres, mais sont parfois aussi tr s denses et profondes (secteurs de Saxy, des bois de Tourtoulen et d'Az gat). Les l nes, foss s et tout le syst me de mares associ es (br ches) sont relictuelles. Les quelques dunes fluviatiles sont tout fait r siduelles. L'embouchure du Rh ne est, cependant, rest e tr s "sauvage", avec les Theys de la palissade et de Roustan ou de la Gracieuse.

Flore et habitats naturels

Bien que situ enti rement en r gion m diterran enne, le Rh ne vauclusien constitue une sorte d avanc e vers le sud de la flore continentale caract re m dio europ en. Les l ments typiques de la flore m diterran enne y sont tr s rares et ne s expriment que sur des biotopes tr s r duits en surface et faible biodiversit (bancs de graviers ou de galets, berges hautes). Il n en demeure pas moins qu Boll ne et tout pr s de la Dr me, on peut encore rencontrer deux esp ces littorales, Limonium echioides (saladelle faux chium) et Polypogon maritimus (polypogon maritime).

M me si le Rh ne vauclusien est tr s artificialis , il n en demeure pas moins que la pr sence d un bel ensemble de bras morts (l nes du Vieux Rh ne) contribue y maintenir une grande diversit des esp ces et des habitats. C est ainsi que parmi les hydrophytes des l nes et contre canaux, se rencontre encore Potamogeton perfoliatus (potamot perfoli ) la R serve de chasse de Donz re/Mondragon, Sagittaria sagittifolia (fl che d eau), Hydrocharis morsus-ranae (mor ne), Vallisneria spiralis (valisn rie en spirale) la D sirade, la R serve de chasse de Donz re/Mondragon et la Piboulette et Nymphoides peltata (petit n nuphar pelt ) la D sirade. Leur maintien reste n anmoins tr s al atoire et d pend du niveau de l eau et de la gestion des l nes et des contre canaux. Les formations h lophytes pr sentent une diversit encore plus grande avec tout un cort ge d esp ces m dio europ ennes qui sont ici bien souvent en limite m ridionale de leur aire de r partition : Gnaphalium uliginosum (gnaphale des lieux humides) l Île Vieille, Carex pseudocyperus (la che faux souchet), r guli rement observ e sur la R serve de chasse de Donz re/Mondragon, et sur le cours du Rh ne jusqu Avignon et Leersia oryzoides (leersie faux riz).Toujours parmi les h lophytes et sur la R serve de chasse de Mond ze/Mondragon on rencontre Stachys palustris ( piaire des marais) et Rorippa amphibia (rorippe amphibie) qui sont beaucoup plus rares sur le Rh ne (Tenon de Gilles et Île Vieille) ou encore Carex remota (la che espac e) qui ne se retrouve qu Avignon, en particulier l islon de la Barthelasse et Ranunculus sceleratus (renoncule sc l rate) qui existe aussi Lapalud (Tenon de Gilles). Dans les l nes de la D sirade, des esp ces tr s rares (au niveau du nombre de localit s et de l importance des populations) en r gion m diterran enne semblent y avoir trouv des sites refuges : Cyperus michelianus (souchet de Michel), Schoenoplectus triqueter (scirpe trois angles), Astragalus cicer (astragale pois chiche) que M. Palun citait d j Avignon ( les Piot et la Barthelasse) au XIXe si cle, Corrigiola littoralis (corrigiole des rivages) et Butomus umbellatus (jonc fleuri). Cette derni re esp ce, une des plus belles de la flore de France se retrouve aussi dans des foss s et aux bords des contre canaux de la R serve de chasse de Donz re/Mondragon. À Lapalud doit sans doute encore exister Inula britannica (inule britannique).

Des fragments de ripisylves m dio europ ennes g es et tr s matures existent sur l ensemble du Vieux Rh ne. Elles sont particuli rement bien repr sent es au Tenon de Gilles, l Île Vieille, la Piboulette, aux Broteaux, l Islon Saint Luc et l islon de la Barthelasse. Dans les secteurs les plus humides et les plus froids, les plus imp n trables galement, on y rencontre Circaea lutetiana (circ e de Paris) comme l Île Vieille ou aux Broteaux o des esp ces totalement trang res la r gion m diterran enne comme Stellaria nemorum (stellaire des bois) l islon de la Barthelasse Avignon. Dans la ripisylve pionni re s che de la R serve de chasse de Donz re/Mondragon, on trouve encore Vincetoxicum nigrum (dompte venin noir) alors que dans ses clairi res, quelques mares temporaires h bergent Zannichellia palustris subsp. pedicellata (zannichellie des marais, p doncul e). À Avignon, la Courtine, et entre Rh ne et Durance, des pelouses x rothermophiles situ es sur les marges des ripisylves, abritent Anacamptis coriophora subsp. fragrans (orchis punaise, parfum ) qui devient plus fr quente dans la vall e de la Durance, mais qui ne se retrouve pas ailleurs sur le Rh ne vauclusien.

La R serve de chasse de Donz re/Mondragon h berge encore deux esp ces qui se sont consid rablement rar fi es sur le territoire national : Chenopodium urbicum (ch nopode des villages) et Visnaga daucoides (ammi cure dents). Chenopodium urbicum, esp ce surtout littorale y pr sente plusieurs populations, plus ou moins importantes tant en situation de rud rale que d h lophyte. Le devenir de Visnaga daucoides, en revanche est moins certain, car cette esp ce tr s menac e, a toujours t consid r e comme fugace. Parmi les tr s nombreuses esp ces signal es au bord du Rh ne dans la r gion d Avignon par M. Palun et H. Roux au XIXe si cle et par L. Charrel au d but du XIXe si cle et dont on a perdu la trace figurent Pulicaria vulgaris (pulicaire vulgaire) et Mentha cervina (menthe des cerfs) ainsi qu Oenanthe globulosa (oenanthe globuleuse). Plus r cemment (ann es 1980), Aldrovanda vesiculosa (aldrovandie vessie) tait trouv e pr s d Orange, probablement dans un des contre canaux du Rh ne. Mais cette localit , qui tait sans doute la derni re connue en France, n a jamais t confirm e.

Enfin, signalons la pr sence de peuplements de Schoenoplectus pungens sur les berges du Rh ne, qui jouent un grand r le dans les atterrissements

Faune

Ce cours d eau pr sente un int r t tr s lev avec plus de 50 esp ces animales patrimoniales dont 20 sont d terminantes.

C est la faune li e aux milieux aquatiques et rivulaires et son cort ge riche, vari et de grand int r t patrimonial qui sont ici mettre en vidence. Les mammif res terrestres sont repr sent s par la Genette, et les mammif res semi aquatiques par le Castor d Europe et la Loutre qui utilisent le Rh ne comme un couloir de d placement, en t moigne l expansion de ces deux esp ces vers le sud.

Les ripisylves du Rh ne constituent un territoire de chasse pour plusieurs esp ces de chiropt res patrimoniales : Rhinolophe euryale (pr sence av r e la confluence Ard che Rh ne), Murin de Cappaccini, Miniopt re de Schreibers, Grand murin, Petit Murin, Murin oreilles chancr es (g tes Mornas et Caderousse). Le Grand rhinolophe se reproduit potentiellement sur le site (Caderousse).

L avifaune nicheuse est extr mement diversifi e et int ressante et comporte nombre d esp ces rares et localis es dans le Vaucluse et m me l chelle de la Provence : Gr be hupp , Blongios nain, H ron pourpr (1 couple reproducteur l Île Vieille en 2010), Aigrette garzette (reproduction sur les rives du vieux Rh ne), Bihoreau gris (reproduction isol es probable dans les ripisylves du vieux Rh ne Mondragon et Pont-Saint-Esprit), Cigogne blanche, Bondr e apivore, Faucon hobereau, Petit Gravelot (probable sur quelques lots peu v g talis s du Vieux Rh ne), Chevalier gambette (reproducteur irr gulier), Sterne pierregarin (reproduction irr guli res confluence C ze/Rh ne et Rh ne/Durance), l hirondelle de rivage (qui se reproduit r guli rement dans le secteur de l Ile vieille), Martin p cheur d Europe, Gu pier d Europe, Huppe fasci e, Pic peichette, Gobemouche gris, Fauvette lunettes, Rollier d Europe.

Les reptiles sont repr sent s par quatre esp ces remarquables, la Cistude d'Europe (Emys orbicularis), esp ce ayant une r partition lacunaire en Europe, inf od e aux zones humides et localis e en PACA, la Couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus), esp ce r partition majoritairement Franco-Italienne qui privil gie les fourr s et les friches, la Couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus), esp ce du sud de la France, de la p ninsule Ib rique et du Maghreb qui affectionne les garrigues ouvertes et les milieux karstiques bien expos s et la Couleuvre chelons (Zamenis scalaris), esp ce distribution franco-ib rique, typique du cort ge proven al et affectionnant les milieux secs et broussailleux.

Un amphibien d int r t patrimonial est galement observable, le P lodyte ponctu (Pelodytes punctatus), esp ce remarquable ouest-europ enne d'affinit m ridionale.

L ichtyofaune compte quant elle plusieurs esp ces int ressantes comme la Bouvi re, le Blageon, le Toxostome, l Anguille et l Alose feinte.

Quant l entomofaune, elle est repr sent e par plusieurs cort ges.

Du c t des odonates, citons la pr sence de trois esp ces d terminantes Gomphe de Graslin (Gomphus graslini), esp ce end mique franco ib rique et en limite d aire, tr s rare au niveau r gional, le Symp trum d prim (Sympetrum depressiusculum), esp ce rare et en r gression, dont la larve aquatique est inf od e aux pi ces d eau temporaires ou niveau fluctuant et le Leste grands stigmas (Lestes macrostigma), esp ce tr s localis et en r gression, strictement inf od aux eaux saum tres temporaires dans lesquelles sa larve se d veloppe, accompagn es de plusieurs esp ces remarquables comme le Gomphe vulgaire (Gomphus vulgatissimus), esp ce dont les larves se d veloppent de pr f rence dans les eaux courantes au substrat de fond compos de limon sableux, le Gomphe pattes jaunes (Gomphus flavipes), esp ce prot g e en d clin en Europe, fr quentant les grands bassins fluviaux, le Symp trum du Pi mont (Sympetrum pedemontanum), esp ce des canaux et cours d'eau intermittents, peu commune en France et dont le bassin de la Durance repr sente un bastion, la Cordulie corps fin (Oxygastra curtisii), esp ce prot g e en Europe, d affinit ouest m diterran enne, dont la larve aquatique se d veloppe au niveau du chevelu racinaire des arbres rivulaires des cours d eau de plaine et certains lacs bord s par la ripisylve ou encore l'Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale), esp ce prot g e qui affectionne les coulements modestes eaux courantes claires, ensoleill es et peupl es d'hydrophytes.

Parmi les col opt res, trois esp ces d terminantes ont t inventori es, le Myc tophage du saule (Mycetophagus salicis), esp ce fongivore des champignons lignicoles des boisements matures frais, tr s rare et sporadique sur son aire de r partition europ enne, la Rhagie ermite (Rhamnusium bicolor), Cerambycidae vivant dans le bois mort des cavit s d'arbres vivants, r pandu en Europe mais distribution discontinue et devenu tr s rare suite la fragmentation de son habitat et le silphide Silpha puncticollis, esp ce de m diterran e occidentale fr quentant les zones humides des bords de cours d'eaux et du littoral, rarement observ e en France o les milieux qu'elle fr quente sont fortement menac s par l'urbanisation, ainsi qu une esp ce remarquable, le Clyte p le (Trichoferus pallidus), esp ce saproxylique d'Europe centrale et m ridionale, plut t commune dans une grande partie de la France mais rare et localis e en PACA o elle n'est connue que des boisements de feuillus des gorges du Verdon et de la vall e du Rh ne.

Deux esp ces de neuropt res d'int r t patrimonial sont galement pr sentes, le Grand fourmilion des sables (Acanthaclisis occitanica), esp ce d terminante r partition ponto-europ enne, devenue rare et localis e dans les milieux sableux en contextes littoral et continental et le Fourmilion pattes jaunes (Megistopus flavicornis), esp ce remarquable psammophile, peu commune, localis e et inf od e aux milieux sableux en bordure des cours d'eau.

Citons galement la pr sence de la Diane (Zerynthia polyxena), esp ce m diterran o asiatique, prot g e au niveau europ en, localement inf od e aux aristoloches de milieux frais et/ou humides et de la Cigale argent e (Tettigetta argentata), esp ce remarquable d'affinit m diterran enne qui recherche les milieux arides parsem s d'arbustes.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type II delimite un grand ensemble naturel riche et peu modifie. C'est un inventaire ecologique sans contrainte reglementaire directe, mais pris en compte dans les schemas de planification regionale (SCOT, SRADDET). Les projets significatifs dans cette zone doivent demontrer la prise en compte du patrimoine naturel inventorie.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

7 557
ha de surface
36
communes
23
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (31)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (17)

Sites du Conservatoire du littoral (12)

Appellations d'origine (52)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

31 804,6 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Autres céréales 6 214 ha
Estives et landes 6 024 ha
Riz 3 485,1 ha
Vignes 3 224,3 ha
Prairies permanentes 3 114,3 ha
Tournesol 2 012 ha
Fourrage 1 210,5 ha
Maïs grain et ensilage 884,2 ha
Blé tendre 840,5 ha
Légumes ou fleurs 783,6 ha

Communes (36)