Marais des Agusas, Montagnes de la Serre et d'Uz

ZSC Code : FR8201668

7 042 ha 15 communes
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Localisation

Présentation

Marais des Agusas, Montagnes de la Serre et d'Uz est une zone protégée de type ZSC, couvrant 7 042 hectares sur 15 communes. Cette zone inclut 16 forêts publiques. Elle comprend 30 389 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

LA PLAINE DE BARJAC : L’alternance de parcelles en friches avec les zones cultivées ménage localement l’expression d’une flore messicole remarquable. Cette entité est également traversée par un fin réseau hydrographique dont les écocomplexes occupent une place significative : ils correspondent principalement aux boisements rivulaires (Aulnaie glutineuse-frênaie oxyphylle méditerranéenne à Laîche pendante [EUR : 92A0] et à la végétation aquatique des cours d’eau (Herbiers des eaux courantes à Fontinale [EUR : 3260], Herbiers à callitriches, Herbiers basophile à Potamot dense, et Cressonnière collinéenne à Ache noueuse, Herbiers aquatiques des eaux stagnantes à Myriophylle en épi [EUR. :3150]. Les multiples cours d’eaux temporaires n’hébergent pas de végétation vasculaire mais des herbiers aquatiques à Characées [EUR : 3140], associés sur les bancs de graviers et les berges, à la Saulaie alluviale à Saule pourpre et Saule drapé [EUR : 3290]. Une autre originalité de la plaine de Barjac réside dans l’occurrence de nombreuses zones humides, dont la plus connue, le marais des Agusas, offre un panel singulier de cortèges floristiques à forte valeur patrimoniale : Renoncule à feuilles d’ophioglosse, Peucédan officinal, Gratiole officinale, Œnanthe à feuilles de Silaüs… L’historique de ce marais s’avère encore peu étudié mais il est certain que les influences anthropiques ont joué un rôle majeur dans sa structuration, tout d’abord par l’établissement de deux retenues (correspondant encore aux deux mares actuelles), puis par l’entretien régulier via le pâturage des vastes prairies humides avoisinantes. L’essentiel des milieux herbacés est représenté par des prairies humides de l’alliance du Bromion racemosi, communautés habituellement fauchées, atlantiques à pré-continentales, déclinée ici par une association méditerranéenne encore non décrite mais certainement hautement patrimoniale. La découverte récente (CBNMC, 2018), dans le marais des Agusas, d’une Characée parmi les plus rares d’Europe et en déclin, Tolypella intricata et la présence de taxons rares ou menacés atteste de l’originalité écologique du site. Les mares hébergent le Gazon méditerranéen des bas niveaux topographiques à Cresson rude et Véronique faux-mouron [EUR : 3170], avec au regard de leur histoire, des cortèges toutefois peu typiques. La Roselière basse collinéenne à Scirpe des marais (et son faciès à Gratiole officinale), ainsi que les typhaies prennent place dans secteurs plus profonds, à assèchement bref. La végétation colonisant les îlots de l’Oligocène y est également remarquable à plus d’un titre: Pré tourbeux calcicole à Laîche à épis distants et Molinie faux-roseau [EUR : 6420] des bas-fonds gorgés d’eau, Pelouse hygroclinophile méditerranéenne à Canche intermédiaire dans les niveaux légèrement supérieurs, Garrigue marnicole à Aphyllanthe de Montpellier et Globulaire vulgaire, en position thermophile, Garrigue marnicole à Aphyllanthe de Montpellier et Choin noirâtre sur les stations subissant des variations importantes de la réserve en eau, Ourlet à Badasse hirsute et Brachypode de Phénicie sur des substrats évolués ou en position post-culturale, Fourré mésophile à Genévrier commun et Filaire à feuilles étroites [EUR : 5210] et Chênaie pubescente mésoméditerranéenne des sols marneux à Filaire à feuilles étroites [EUR : 9340], ce dernier constituant le stade climacique de la série de végétation, mais représenté ici seulement sous forme de fragments résiduels. LES GORGES DE L’ARDÈCHE ET LE PLATEAU DES GRAS : Cette entité paysagère affiche une multitude de micro-visages avec la chênaie pour patron commun. Ces boisements transitoires entre l’étage méso-méditerranéen supérieur et supra-méditerranéen inférieur sont structurés selon un modèle habituellement bien défini. En versants sud, là où le sol est souvent peu profond, la chênaie verte calcicole à Viorne tin [EUR : 9340] domine, (massif de Serre) tandis que les chênaies pubescentes [divers groupements EUR : 9340] exploitent les expositions nord. La représentativité des deux essences dominantes évolue dans les zones de transition. Ces habitats forestiers sont interrompus par de nombreuses taches inégales de formations herbacées, telles que la Steppe à Hélianthème commun et Stipe à feuilles de jonc [EUR : 6220] sur les sols écorchés, la Garrigue à Liseron cantabrique et Thym commun sur des substrats plus profonds, la Garrigue à Argyrolobe de Zanon et Aphyllanthe de Montpellier des calcaires marneux et l’Ourlet à Phlomis lychnis et Brachypode rameux [EUR : 6220] annonçant la transition entre pelouses et fourrés. Ces différents groupements sont ponctués ça et là par la Pelouse annuelle mésoméditerranéenne oligotrophile à Luzerne de Montpellier et Micrope dressé [EUR : 6220], la Pelouse annuelle méso-méditerranéenne mésotrophile à Vulpie ciliée et Crépis fétide [EUR : 6220] des biotopes perturbés. Les rares cordons rocheux (Saint-Privas, Col de la Cize, Aiguille de Sampzon) sont colonisés par la Végétation chasmophytique du supra-méditerranéen inférieur à Centranthe de Lecoq et Alysson à gros fruits [EUR : 8210], ou exceptionnellement, à la faveur de zones thermophiles, la Végétation héliophile calcicole méditerranéenne à Phagnalon repoussant et Doradille de Pétrarque [EUR : 8210]. PAÏOLIVE ET SA PÉRIPHÉRIE : Cette entité est installée sur un important système karstique du Jurassique, illustré par le synclinal de Saint-André-de-Cruzières et le réseau souterrain de la Cocalière. Concernant la végétation, ce secteur se discerne principalement par ses vastes étendues de chênes caducifoliés. On y trouve notamment la Chênaie pubescente méso-méditerranéenne hygrocline à Géranium herbe à Robert [EUR : 9340] sur les sols très profonds, au niveau des dolines, la Chênaie pubescente-verte méso-méditerranéenne à Pistachier térébinthe [EUR : 9340], souvent moins dense et en situation thermophile. Les pics rocheux qui percent la chênaie, ou les parois des lapiazs, sont colonisés par la Végétation sciaphile à Doradille à rachis épais et Polypode austral [EUR : 8210], formation dite chasmophytique, caractéristique de ce type de milieu et représentée pour majeure partie par des espèces crassulescentes (orpins) ou des fougères, qui profitent des moindres interstices terreux pour s’y développer. La végétation herbacée est ici naturellement rare, mais avantagée historiquement par les coupes de bois et la pression de pâturage. Seuls les Ourlets à Brome dressé, ainsi que le Fourré du méso-méditerranéen supérieur à Buis et Pistachier térébinthe [EUR : 5210] sont récurrents. S’ils succèdent à la forêt suite à une pression anthropique forte, ils sont aussi les témoins d’une dynamique en cours et un retour annoncé vers les boisements originels. Mais ce qui caractérise surtout le karst, c’est son intense réseau souterrain avec les grottes et les nappes d’eau souterraines associées (habitat 8310). DANS LE DOCOB, l’évaluation des enjeux de conservation des habitats naturels permet de distinguer 3 niveaux d’enjeux : • Habitats à enjeux forts : milieux ouverts tels que les pelouses (6220*) et prairies humides (6420) et le milieu souterrain (8310) ; • Habitats à enjeux modérés : milieux aquatiques (3130, 3140, 3260, 7220*, 3290) et forestiers (92A0, 9340) ; • Habitats à enjeux faibles : milieux aquatiques peu représentatifs à l’échelle du site Natura 2000 (3170* et 3250). Ces habitats sont souvent liés à l’évolution des pratiques humaines. Leur bon état de conservation dépend des pratiques agropastorales pour les habitats 6220* et 6420 et de la gestion des activités humaines (fréquentation, pompage, intrants...) pour l’habitat 8310. L’évaluation des enjeux de conservation des espèces a permis de distinguer 4 niveaux d’enjeux : • Espèces à enjeux forts : chiroptères rares ou en régression dans le département de l’Ardèche, notamment le Rhinolophe euryale, le Petit rhinolophe et le Murin à oreilles échancrées ; • Espèces à enjeux assez forts : autres espèces de chauves-souris présentes sur le site et inscrites à l’annexe II de la directive « Habitats », Barbeau méridional, Chabot, Cétoine bleue ; • Espèces à enjeux modérés : Lézard ocellé, Pélodyte ponctué, Cordulie à corps fin ; • Espèces à enjeux faibles : espèces de chauves-souris et insectes communs sur le site Natura 2000 et non menacés.

Le site Natura 2000 FR8201668 Marais des Agusas, montagnes de la Serre et d’Uzège est inclus dans l’entité biogéographique du Bas-Vivarais, ceinturée par le Sillon rhodanien à l’est, les Cévennes siliceuses à l’ouest et les vastes plaines languedociennes au sud. Cette partie du département de l’Ardèche est caractérisée par un climat méditerranéen atténué et par le facteur structurant de sa géologie. Les calcaires du secondaire (Jurassique et Crétacé) en constituent le type dominant mais non exclusif. Au regard de la forte hétérogénéité du site, on distingue 3 unités paysagères : - la plaine de Barjac, territoire marqué par un niveau d’anthropisation conséquent, en lien avec l’importance des terres agricoles (céréales et vignes) et l’implantation des principaux bourgs, mais traversé par un fin réseau hydrographique dont les écocomplexes occupent une place significative ; - les gorges de l'Ardèche et le plateau des Gras, entité paysagère plus homogène au premier abord mais qui affiche une multitude de micro-visages avec la chênaie pour patron commun ; - Païolive et sa périphérie, entité dominée par de vastes étendues de chênaie caducifoliée, installée sur un important système karstique du Jurassique, illustré par le synclinal de Saint-André-de-Cruzières et le réseau souterrain de la Cocalière.

Cadre réglementaire

Site Natura 2000 designe au titre de la directive Habitats (92/43/CEE) pour la conservation d'habitats naturels et d'especes d'interet communautaire. Une evaluation des incidences est obligatoire pour tout projet susceptible d'affecter significativement le site (article L414-4 du Code de l'environnement). Les activites soumises figurent sur une liste nationale (R414-19) et sur les listes locales fixees par le prefet. Un Document d'Objectifs (DOCOB) definit les mesures de gestion du site.

Menaces et pressions identifiees

Incidence forte

  • Déclin ou extinction des espèces dans et autour du site
  • Perte et altération d'habitat dans et autour du site

Incidence moyenne

  • Production d'énergie éolienne dans et autour du site
  • Sports de plein air et activités de loisirs et récréatives dans et autour du site
  • Espèces exotiques envahissantes dans et autour du site
  • Production d'énergie solaire dans et autour du site
  • Abandon / Absence de fauche dans le site
  • Comblement et assèchement dans et autour du site
  • Incendie (naturel) dans et autour du site
  • Abandon de systèmes pastoraux, sous-pâturage dans le site
  • Incendies dans et autour du site
  • Changement de type de culture dans le site

Incidence faible

  • Coupe forestière (éclaircie, coupe rase…) dans et autour du site
  • Captage des eaux souterraines dans et autour du site
  • Bâtiments, constructions dans le paysage dans le site
  • Réduction ou perte de caractéristiques d'un habitat dans le site
  • Exploitation minière et en carrière dans et autour du site
  • Urbanisation discontinue dans le site

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

7 042
ha de surface
15
communes
199
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (16)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (3)

Appellations d'origine (21)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

27 194,1 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Estives et landes 5 647,8 ha
Vignes 4 378,2 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 3 574,2 ha
Divers 3 291,5 ha
Fourrage 2 393,5 ha
Autres céréales 2 096,6 ha
Prairies permanentes 1 406,2 ha
Orge 972,7 ha
Prairies temporaires 796,2 ha
Blé tendre 703,7 ha

Communes (15)