Massif du Mont Sainte-Odile

ZNIEFF_II Code : 420030411

2 852 ha 7 communes
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Localisation

Présentation

Massif du Mont Sainte-Odile est une zone protégée de type ZNIEFF_II, couvrant 2 852 hectares sur 7 communes. Cette zone inclut 22 forêts publiques. Elle comprend 2 704,8 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Délimitée par la vallée de l’Ehn au nord et la vallée de la Kirneck au sud, cette ZNIEFF I couvre une partie originale de la forêt des Vosges moyenne centrée sur le Mont Sainte-Odile. La géologie est largement dominée par le grès vosgien et le conglomérat mais inclut sur les marges des roches primaires volcaniques comme les Granites du Kagenfels à l’est et les roches volcaniques pyroclastiques de Saint-Nabor à l’ouest.

Les sols qui en résultent sont sableux pauvres en colloïdes, podzolique et des forêts de Pins sylvestres (Pinus sylvestris) s’y installent, parfois mélangées de Sapins (Abies alba), riches en Myrtilles (Vaccinium myrtillus) sur les pentes sèches. Des forêts de sapins et de Hêtres (Fagus sylvatica) à luzules les remplacent sur les versants plus frais (Lapraz, G., 1970). La flore du sous-bois est relativement pauvre et homogène et des landes à bruyères se développent dans les clairières et les coupes.

Sur les promontoires siliceux, une chênaie sessiliflore s’installe parfois. Certains écosystèmes humides, tourbeux ou para-tourbeux sur les versants sont classés en ZNIEFF I comme la pineraie à Myrtilles des marais (Vaccinium uliginosum) du Stollhafen ainsi que deux vallons : le Vallon du Haghelthal dont l’aulnaie oligotrophe abrite l’Osmonde royale (Osmunda regalis), le Vallon du Herzthal qui abrite le Rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia) et le Vallon du Stollhafen où s’observe le Lézard vivipare (Zootoca vivipara). Sur l’autre versant (est) du Mont Sainte-Odile, la clairière de Nidermunster « l’abbaye d’en-bas » est constituée de pâturages marécageux, d’aulnaie et de mégaphorbiaie montagnarde et constitue la source du Dachsbach. Ce site abrite un orthoptère vulnérable Chorthippus montanus.

Des rochers et des affleurements de grès et/ou de conglomérats ajoutent une originalité minérale au site, au même titre que les blocs cyclopéens de l’enceinte du « mur païen ».

Les ruines médiévales du Landsberg (580 m), construit en grès et granite date des environs de 1200. Dans ce qui fut autrefois la basse-cour et le jardin seigneurial pousse une plante rarissime qu’on n’observe à l’état sauvage qu’en trois ou quatre points de l’Alsace

Il s’agit de la « Schlossbluemle » (en Alsacien Petite fleur du (des) château(x)), Eranthis hyemale. L’étymologie de la plante (er = printemps, anthos = fleur, hyemalis = hiver) informe sur ses dates de floraisons (entre février et avril, parfois déjà dès janvier et souvent alors que la neige recouvre encore le sol). La légende veut qu’elle ait été rapportée par un chevalier de retour de croisades qui l’aurait récolté en Terre Sainte pour l’offrir à sa dame. Ce qui est faux au moins sur un point : la plante n’existe pas dans cette région. Il n’en reste pas moins que cette plante castrale et médicinale a été importé des montagnes méditerranéennes (Jérôme, C., 2003) et qu’on la trouve énumérée parmi les plantes horticoles dès le 16°s, introduites dans différents pays d’Europe à partir de l’Italie, (Walter, E., 1935). Quoiqu’il en soit, elle se maintient sur le parvis du château et de là, a été disséminée en différents points de l’Alsace. Une autre renonculacée castrale s’observe sur le versant méridional du château : c’est l’Hépatique noble (Hepatica triloba) (Schaller, F., 1991).

Une autre plante rare à citer est la Campanule de Baumgarten (Campanula baumgartenii), découverte en France pour la première fois par C. Billot en 1854. Cette endémique médio-européenne du Sud-Ouest de l’Allemagne et du Nord-Est de la France est protégée régionalement et vulnérable. Sur les 11 stations répertoriées en France, 7 se trouvent en Alsace et 4 en Lorraine, la plus méridionale se trouvant à Barr. Espèce de lisière forestière, des hêtraies et des chênaies collinéennes acidiphiles, elle est caractéristique de l’association du Teucrio-Camanuletum baumgartenii (Hoff, M., 2012.) Elle aurait trouvé ses stations primaires dans les clairières et les lisières puis aurait été reléguée sur les talus des chemins forestiers (Muller S., 2012). Deux stations sont incluses dans la ZNIEFF, l’un au Mont Sainte-Odile, l’autre vers la maison forestière Vorbruck.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type II delimite un grand ensemble naturel riche et peu modifie. C'est un inventaire ecologique sans contrainte reglementaire directe, mais pris en compte dans les schemas de planification regionale (SCOT, SRADDET). Les projets significatifs dans cette zone doivent demontrer la prise en compte du patrimoine naturel inventorie.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

2 852
ha de surface
7
communes
151
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (22)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (7)

Appellations d'origine (65)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

2 128,5 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Vignes 1 090,9 ha
Prairies permanentes 683,9 ha
Maïs grain et ensilage 95,7 ha
Blé tendre 69,1 ha
Prairies temporaires 53,2 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 21,9 ha
Orge 19 ha
Vergers 18,4 ha
Autres céréales 14,7 ha
Autres cultures industrielles 12,7 ha

Communes (7)