VALLON DE CHERET

ZNIEFF_I Code : 220013419

201 ha 3 communes
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Localisation

Présentation

VALLON DE CHERET est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 201 hectares sur 3 communes. Cette zone inclut 4 forêts publiques. Elle comprend 1 972 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

DESCRIPTIONS

La zone est constituée d'un vallon orienté sud-est/nord-ouest. Plusieurs digitations terminent ce vallon à son extrémité sud-ouest. Un ruisseau, qui prend ses sources dans ces différentes digitations, coule en direction de Laon pour rejoindre l'Ardon. On observe, au niveau des sources et le long des ruisselets de la tête du ruisseau, la formation de milieux tuffeux. On note aussi, localement, sur les bords du ruisseau, des petites étendues paratourbeuses alcalines, très enrichies en oxyde de fer. Les formations végétales dominantes de ces milieux suintants et de petits marais sont constituées de petites roselières, de cariçaies et de fragments d'aulnaies-frênaies.

Les pentes boisées sont couvertes de différents facies forestiers, dont la dynamique actuelle dérive très probablement de formations végétales s'étant reconstituées à la suite de la Première Guerre mondiale. On reconnaît une hêtraie calcicole, des boisements mélangés de pente, à Tilleul à larges feuilles (Tilia platyphyllos), une chênaie-charmaie (sur les zones de tranchées), une frênaie de bas de pente, très enrichie en Cerisier à grappes (Prunus padus).

Des lambeaux de pelouses thermophiles persistent en exposition sud, mais elles tendent à se boiser progressivement.

D'importantes cultures se développent sur le plateau à la périphérie de la zone.

INTERET DES MILIEUX

L'aulnaie-frênaie des fonds de vallons, frais et froids, est d'un grand intérêt, en raison de la présence d'espèce rares.

Les escarpements rocheux et les éboulis calcaires, issus d'anciennes carrières mais aussi des excavations de la Grande guerre (les sapes ou les souterrains-abris), présentent un peuplement de ptérydophytes d'une remarquable luxuriance. Ce type de milieu est rare en Picardie.

Les suintements tufeux de l'aulnaie frênaie sont intéressant du fait de la présence de plusieurs espèces peu communes en Picardie.

Les cavités souterraines sont potentiellement intéressantes comme gîtes d'hivernage pour les chauves-souris, mais aussi pour certains insectes (papillons, trichoptères, diptères,..).

Les pelouses calcicoles, bien qu'en cours d'évolution vers le pré-bois, sont des milieux qui contribuent largement à la perception d'un environnement de qualité. Les nombreuses Orchidées qui y croissent participent à la valeur patrimoniale du site.

INTERET DES ESPECES

Plusieurs espèces protégées sont observées :

- l'Inule à feuilles de saule (Inula salicina*),

- l'Ophrys araignée (Ophrys sphegodes*),

- la Phalangère rameuse (Anthericum ramosum*),

- la Laîche pied-d'oiseau (Carex ornithopoda*),

- la Nivéole (Leucojum vernum*),

- l'Aconit (Aconitum napellus*).

Les trois premières sont présentes sur les pelouses calcicoles. A noter que la Laîche pied-d'oiseau forme, dans le Laonnois, une petite population en disjonction d'aire par rapport à son aire continue, centrée sur les massifs montagneux.

Cette station de Nivéole (Leucojum vernum) est d'un grand intérêt car située sur les marges ouest de son aire de répartition en France. Il s'agit de la station la plus méridionale de Picardie.

D'autres plantes remarquables, rares en Picardie, plus ou moins abondantes localement pour certaines, sont aussi présentes :

- l'Hellébore occidentale (Helleborus viridis ssp occidentalis), en très importante population ;

- le Cerisier à grappes (Prunus padus), formant localement un sous-bois dense ;

- le Daphné lauréole (Daphne laureola) ;

- le Daphné mézéréon (Daphne mezereum) ;

- l'Anémone pulsatille (Pulsatilla vulgaris) ;

- la Prêle d'ivoire (Equisetum telmateia) ;

- l'Orchis singe (Orchis simia) ;

- la Laîche humble (Carex humilis)...

Le peuplement de Fougères des éboulis est remarquable, non seulement par l'existence d'une très grosse station de Doradille scolopendre (Asplenium scolopendrium), mais aussi en raison de la présence des autres espèces de fougères qui l'accompagnent. Le Polystic à aiguillons (Polysticum aculeatum) forme aussi une très grande station. On observe enfin des individus présentant des caractères intermédiaires (hybrides) entre le Polystic à aiguillons (Polysticum aculeatum) et le Polystic à soies ( Polysticum setiferum) : le Polystic de Bicknell (Polysticum x bicknellii).

Cette ZNIEFF recèle donc des éléments floristiques des milieux froids, comme la Nivéole (Leucojum vernum*) mais également de nombreuses espèces des milieux chauds, telles certaines Orchidées.

Au total, un nombre important de taxons rares en Picardie sont présents à l'intérieur du périmètre.

FACTEURS INFLUENCANT l'EVOLUTION DE LA ZONE

Les pelouses calcicoles sont très certainement les milieux qui connaissent la plus forte évolution. Elles représentent des systèmes semi-naturels qui, depuis l'arrêt de leur pâturage, se boisent progressivement. Les formations buissonnantes, qui tendent à remplacer les formations herbeuses de ces milieux, possèdent une valeur patrimoniale moins élevée, étant donné la lente disparition des espèces remarquables (orchidées, diverses laîches...).

Le périmètre a probablement subi, au cours de ces vingt dernières années, une suppression de certaines pelouses, à cause de l'extension du domaine bâti de la commune.

Des plantations de peupliers, très ponctuelles, ont été réalisées aux dépens des milieux humides. La création récente d'un étang représente une altération supplémentaire aux formations végétales des sols alcalins paratourbeux. Cette pratique peut avoir des conséquences importantes, compte tenu de l'exiguïté de ces milieux à l'intérieur de la zone.

N.B. : les espèces dont le nom latin est suivi d’un astérisque sont légalement protégées.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

201
ha de surface
3
communes

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (4)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)

Appellations d'origine (5)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

1 957,6 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Orge 628,1 ha
Blé tendre 622,6 ha
Colza 249,2 ha
Autres cultures industrielles 122,8 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 97,4 ha
Maïs grain et ensilage 94,4 ha
Tournesol 53,5 ha
Protéagineux 41,5 ha
Prairies temporaires 28,9 ha
Divers 11,2 ha

Communes (3)